Cartouches (31)


Un monde d’exilés, une gauche syndicale européenne, un village de campagne, des sorcières et des médecins, des bêtes à sauver du boucher, des dockers rouges et des mineurs, une communarde libertaire, un damoiseau et une révolte, un rappeur et une résistante anticolonialiste : nos chroniques du mois d’avril.


Par ailleurs (exils), de Linda Lê

Revenons dans l’Europe de la première moitié du XXe siècle aux côtés de celles et ceux qui sillonnèrent ses routes et soufflèrent dans ses organes malades des vents d’étrangeté. « Dans sa situation d’isolement, l’exilé, s’il n’y prend pas garde, risque de se renfermer sur lui-même, devenant réfractaire à toute acculturation », écrit Lê dans les pas d’Edward Saïd. C’est un essai comme un kaléidoscope, où l’on croise, par la rétine sensible de l’auteure, poètes, écrivain.e.s et « troubles-fêtes » impactés par l’Histoire ; toutes et tous firent le terreau de nos littératures et tracèrent des chemins que le présent ne cesse de couvrir de poussière. L’errance, volontaire ou subie, restera une empreinte, une genèse à la fois terrible et créatrice. Nous sommes alors en pleine suffisance coloniale, en pleine révolution, en pleine montée totalitaire : l’exil est un mot posé sur l’époque comme une fleur nucléaire, que l’auteure s’en vient ramasser pour faire communauté — par-delà les origines et les parcours distincts. Ces pages s’ouvrent sur Joseph Conrad, né en Pologne et mort en Angleterre, et se referment sur Antonin Artaud, né à Marseille et mort à Ivry-sur-Seine. Entre les deux : des dizaines d’autres de ces « boiteux » et « boiteuses » consolident cette famille d’esprits et de corps en mouvement, passés par tous les points cardinaux et un temps arrêtés à ce carrefour nommé Paris. Il y a celles et ceux que les fascismes poussèrent hors de leur centre de gravité — Perec, Brecht, Tsvetaïeva — et ceux, comme Klaus Mann, pour qui le départ volontaire fut résistance à l’ordre ; ceux qu’une vision du monde mit en marche — Istrati, Bianciotti, Gauguin ou encore Fondane — puis les coupa en deux — ainsi de Kateb Yacine. Il y a ceux, broyés dans leur coquille, qui choisirent comme Cioran de changer de langue pour réapprendre à parler ; il y a enfin les exilé.e.s du dedans, Pessoa, Pizarnik ou Artaud, qu’une lucidité trop grande noya dans la conscience pourrissante de leur propre peau. « Par Janus, ai-je assez descendu et remonté des échelles de valeurs perpétuellement remises en question, suivant que je regardais vers mon pays natal ou vers mon pays adoptif », écrivit le Vietnamo-français Pham Van ky, plus actuel que jamais. [M.M.]

Christian Bourgeois, 2014

Les Classes sociales en Europe — Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, de Cédric Hugrée, Étienne Penissat et Alexis Spire

Partant du constat que l’européanisation des politiques capitalistes ne s’est guère accompagnée de la construction d’un mouvement social à l’échelle du continent, les auteurs entendent contribuer en tant que chercheurs à une possible internationalisation des luttes, en pointant ce qui rapproche les classes populaires européennes. Ces classes populaires se retrouvent prises dans des processus analogues — quelle que soit la diversité des situations qui étaient les leurs avant la mise en place des politiques de l’Union. Ce livre s’attache, à travers un appareil statistique très fourni, à démontrer que les classes populaires n’ont pas disparu en Europe, quoique massivement dépossédées de toute visibilité (médiatique, politique, culturelle, etc.) ; et les conflits de classe n’étant pas réductibles à des oppositions entre États. S’il est devenu habituel de raisonner en termes de pays (Sud contre Nord, riches contre pauvres), c’est une construction intellectuelle et médiatique qui ne correspond pas exactement à la réalité : par bien des aspects — revenus, conditions de vie, accès aux ressources cruciales des sociétés contemporaines —, ces classes populaires sont bien plus proches les unes des autres que des autres classes dont elles partagent la nationalité. Face à la dégradation partagée de leurs conditions de vie, la voie d’une riposte à l’échelle européenne reste naturellement difficile. « Au-delà des débats stratégiques sur le positionnement vis-à-vis de l’Union européenne, il paraît indispensable de faire exister, à défaut d’une classe en acte, une représentation en acte des classes. Ce n’est sans doute que la première étape d’un long processus de (re)construction d’une gauche syndicale et politique capable de se déployer à la même échelle que celle des firmes capitalistes, c’est-à-dire au niveau européen. [L.V.]

Agone, 2017

Les Oiseaux, de Tarjei Vesaas

Le frère, Mattis, et la sœur, Hege, vivent ensemble en marge d’un village campagnard. Le premier illumine ses phrases de comparaisons surréalistes et d’images étonnement sensibles. « T’es comme un éclair, toi » ; « T’es vive comme une lame, toi », lance-t-il ainsi à sa sœur ; celle-ci nourrit la maisonnée grâce à son tricot incessant. Si Hege ne voit que fadeur à cette vie dont le sens lui échappe, Mattis se fait une joie de petits événements qu’il ne parvient pas à partager avec les autres — Hege, mais aussi le reste du village. Ainsi d’une passe de bécasses volant au-dessus de son toit. Après elle, sa maison « était devenue autre, […] il fallait la regarder avec d’autres yeux ». Mais ces yeux sont seulement ceux de Mattis. Honte cachée de sa sœur, mascotte du village qui dans son dos l’appelle « La Houppette », Mattis s’attache la pitié et les moqueries des autres à cause de sa maladresse — maladroit qu’il est avec ses mains comme avec ses mots. Mattis a pourtant un talent : il sait ramer. Seul sur le grand lac, et malgré l’eau à écoper, ses pensées filent aussi droit que sa barque. Pourquoi ne serait-il donc pas passeur ? Cette idée d’Hege, anodine en apparence, va être à l’origine d’un bouleversement dans leur vie. Parmi nombre d’allers et retours vains entre deux rives, Mattis rencontre en son seul passager, Jörgen, une source de jalousie, d’admiration et de changements irrémédiables. Les Oiseaux, œuvre de la dernière partie symboliste de la vie de Tarjei Vesaas, fait une grande place à la nature et à ce qu’elle inspire à ceux qui la contemplent. Mattis est de ceux-là ; et pour ça, on ne le comprend pas. [R.B.]

Éditions Plein Chant, 1986

Sorcières, sages-femmes et infirmières, de Barbara Ehrenreich et Deirdre English

L’essai s’ouvre sur ce constat : les femmes ont toujours été des soignantes dans l’Histoire, des « sorcières, sages-femmes et infirmières » mais, en 1973, on apprend que 93 % des médecins sont des hommes, alors même que les femmes sont présentes à 70 % dans le milieu médical étatsunien ! « Nous avons été incorporées comme ouvrières dans une industrie dont les patrons sont les hommes », s’indignent les auteures, Barbara Ehrenreich et Deirdre English, qui retracent ici l’histoire de la femme soignante et ses persécutions — notamment par l’Église. Avec la médicalisation du monde moderne, le domaine de la santé prend une ampleur nouvelle. Les hommes veulent alors écarter les sages-femmes du médical pour mieux asseoir leur domination scientifique ; soigner consiste pourtant à apporter remèdes et soins, ce que faisaient les guérisseuses empiriques, ordinairement estimées pour leur fonction de médecins et d’infirmières. Les hommes, soucieux de conserver la part noble du travail médical, reproduisirent le schéma de la société patriarcale : l’homme ne pouvait patienter au chevet des malades ; cette tâche fut attribuée à l’infirmière, dotée de sa « sensibilité et sa spiritualité innée » et bientôt astreinte à ce rôle dans ce rude monde qu’est celui de la science. Les deux fonctions sont aujourd’hui irrémédiablement séparées ; aucune justification historique et cohérente ne vient pourtant appuyer l’exclusion des femmes : « La professionnalisation de la médecine n’est rien d’autre que l’institutionnalisation du monopole des hommes de la classe dominante ». Le système de santé voit donc la lutte des salarié.e.s comme fondamentalement liée à la lutte féministe — « s’adresser aux travailleuses de la santé en tant que travailleuses revient à s’adresser à elles en tant que femmes ». [E.M.]

Éditions Cambourakis, 2014

Du végétarisme, de Gandhi

Il arrive qu’une phrase ait à elle seule le pouvoir de fiche sens dessus dessous l’ordre du monde ; ce modeste livre ne s’en prive pas, rappelant à la mémoire du lecteur l’un des temps forts de l’autobiographie du leader anticolonialiste indien ; n’en déplaise aux lazzis, cette phrase — « À mon sens, la vie d’un agneau n’est pas moins précieuse que celle d’un être humain. » — nous engage sitôt que l’on en saisit la portée, monumentale. C’est qu’elle induit d’un même élan modestie et orgueil : l’Homo sapiens est un animal comme les autres, quoi qu’en jure l’illustre arrogance humaniste, mais un omnivore singulier en ce qu’il peut opérer des choix, donc produire une morale, donc une politique. Refuser la prédation est pour Gandhi une « mission » : reste, selon ses propres mots, à « sauver les bovins du couteau du boucher ». Dès les années 1890, le jeune avocat bat en brèche l’idée que le végétarisme serait nocif pour la santé et qualifie, à la veille de la Première Guerre mondiale, la consommation de viande (et même de lait) d’« inacceptable ». Si l’anticapitaliste hindou ne conteste en aucune façon que la vie se fonde sur la destruction du vivant, cela ne saurait nullement justifier la violence inutile : il convient seulement de réduire autant que faire se peut l’empreinte négative que nous avons sur ce qui nous entoure. Cette question n’est pas d’ordre sanitaire ni nutritionnelle, mais touche, répète-t-il au fil des lettres et des articles rassemblés dans ce recueil, à ce qui est « juste » ou non : refuser de sacrifier en vain des vies est un « devoir » pour qui aspire à rendre le monde plus supportable. Un précurseur de l’antispécisme, en somme ; un appui de premier ordre pour l’indispensable politisation émancipatrice — et, partant, mondiale — de la cause animale. [L.T.]

Rivages poche, 2018

  Grands soirs et beaux lendemains, coffret DVD d’images d’archives édité par Ciné-Archives

Vingt courts métrages tournés entre 1945 et 1956 sous l’égide du PCF et de la CGT et un livret de 150 pages permettant de s’approprier une filmographie méconnue de la France des années 1940-1950, c’est ce que propose ce coffret DVD édité par Ciné-Archives — une association qui gère le fond audiovisuel du Parti communiste français et du mouvement ouvrier. Dans les rangs du Parti et du syndicat, des ouvriers du cinéma, des projectionnistes, des metteurs en scène, des compositeurs et des comédiens s’unissent pour faire valoir leurs droits, celui de donner à voir les luttes des travailleurs sur grand écran. La séquence 1945-1956 est prolifique en matière de 7e art, en plus d’être tumultueuse : en témoignent les images d’archives de cette décennie marquée par bien des ruptures politiques. De la volonté de promouvoir un « cinéma progressiste d’après-guerre » se heurtant à la prédominance des blockbusters américains, à la lutte de la CGT aux marches du Palais à Cannes au sortir de la Seconde Guerre mondiale en passant par la lutte des dockers et la longue et âpre grève des mineurs français de novembre à décembre 1948, tout dans ce coffret nous rappelle que la bataille idéologique passe aussi par la circulation des films. Montrer le combat, oui, de manière poétique et intime, questionnant les individus et leurs parcours : dévoiler le travail en mer dans Mon ami Pierre, celui des mineurs dans Ma Jeannette et mes copains, celui des champs dans Ceux des champs ; voilà ce que faisaient les réalisatrices et réalisateurs, eux-mêmes ouvriers du cinéma. [M.S.-F.]

Ciné-Archives, 2017

Souvenirs d’une morte vivante — Une femme dans la Commune de 1871, de Victorine Brocher

On sait la célèbre formule de Marx, gravant la lutte des communards dans le marbre d’un ciel soudain pris d’assaut ; on sait moins les femmes qui grossirent leurs rangs : « L’attitude des femmes pendant la Commune faisait l’admiration des étrangers et exaspérait la férocité des Versaillais », nota pourtant le journaliste Prosper-Olivier Lissagaray. L’auteure de ces pages, parues en 1909, fut membre de l’Association internationale des travailleurs, cantinière puis ambulancière saluée pour le « courage qu’elle a montré en suivant le bataillon au feu et [pour] l’humanité qu’elle a eue pour les blessés ». Le régime, le soulèvement maté, la condamna à mort ; elle parvint à gagner clandestinement la Suisse puis œuvra, en libertaire et le reste de sa vie, comme cordonnière, institutrice et libraire. Ses Mémoires — ici éditées en poche — font la part belle à ces soixante-douze jours d’une lutte qui n’en finit pas, pour brève et sanglante qu’elle fût, de ravitailler nos imaginaires. « Le peuple était sorti de la légalité pour rentrer dans la révolution ; c’était son droit, et ce droit lui était contesté », écrivit Brocher tout en raillant « la presse soudoyée » au service de Versailles. La communarde conta les drapeaux rouges et tricolores brandis aux fenêtres, clama sa passion pour une République alors porteuse d’espoirs, dit la joie tombée sur les rues d’une capitale en passe de s’affranchir, puis décrivit la défaite et les cadavres s’entassant dans l’anonymat des derniers jours : « Notre drapeau renaîtra de ses cendres ; alors l’idée renouvelée et plus vivace que jamais, mieux comprise, aidera la marche du progrès vers un avenir social meilleur et plus humain. » [M.L.]

Éditions Libertalia, 2017

L’Affabulateur, de Jakob Wassermann

Dans une province allemande qui n’a pas encore été conquise par la Renaissance, Ernest, fils d’une baronne qui ne s’occupe guère de lui, apporte un peu de merveilleux aux tristes journées qui s’y déroulent. « Raconter des histoires était toute sa raison d’être ». Le garçon observe, écoute, fraye avec les domestiques, les forains et les vagabonds alors que tout cela lui est proscrit par son rang. Mais, de même qu’il charme les enfants des alentours et leurs parents, les gardes et les personnes en charge de sa surveillance se font prendre au jeu, eux aussi : « La grâce, la sérénité avec laquelle le damoiseau racontait ses histoires était à même de vaincre l’oreille la plus réticente. » C’est sans compter sur son oncle, évêque des plus austères dont l’activité principale se résume à semer le désespoir dans les logis en y chassant toute personne susceptible de pactiser avec le diable. Les sorcières brûlent par fournées entières dans sa bonne ville de Wurtzbourg. Influencé par son conseiller Gropp, l’oncle dément prend sous son aile son neveu afin de le remettre dans le droit chemin chrétien — et les pires tortures ne sont pas redoutées. Paru en 1926 dans une Allemagne gangrénée par l’antisémitisme, L’Affabulateur donne raison à la fantaisie et à la joie face aux ténèbres des dogmes arbitraires. Rêveur, naïf et perspicace, Ernest est un doux héros qui se retrouve au cachot sans comprendre quelle est sa faute, qui devient leader d’une révolte pour la simple raison que l’on souhaite entendre d’autres de ses histoires. Au récit officiel porté par la Sainte Inquisition, Ernest triomphe en lui opposant les méandres de son imagination. « Je vais vous raconter une histoire, pas une de celles que vous connaissez, une tout autre, l’histoire du damoiseau Ernest d’Ehrenberg »… [R.B.]

La Dernière Goutte, 2010

Par le pire, d’Hatik

Dans cet EP sorti en 2017, le rappeur Hatik livre un rap sombre et direct, alimenté à la fois par son expérience de la rue et ses lectures sociologiques (notamment Didier Fassin, en matière de violence policière). À l’instar du havrais Médine, Hatik pose son flow contestataire sur des prods modernes marquées par les codes de la trap — tempi lents et rythmes nerveux, synthétiseurs et nappes électroniques, voix parfois vocodée —, toutes composées par le beatmaker Medeline. Contre la tendance qui consiste à décrier le rap dit « conscient » comme moraliste et passéiste, face à l’impératif de divertissement, cet EP vient rappeler avec vigueur que le rap ouvertement politique est actuel ; les Kery James, La Canaille, Casey, Lucio Bukowski et Gaël Faye le démontrent assez, chacun.e à sa manière. En atteste ainsi le morceau « Master » : rapport salarial (« De l’usine à la cale du bateau, il n’y a qu’un coup de fouet »), domination policière (« Nos anciens ont grandi dans le coton, salis, bafoués / Aujourd’hui on grandit sur le béton, on crie La police m’a tué ! »), aliénation marchande (« Oh oui, j’ai des chaînes comme toi mais tu les verras pas / elles sont sur mes Nike, elles sont sur mes cartes de crédit, partout sauf sur mon mic’ ») et intégration de la racisation par le racisé lui-même (« Je suis prêt à jurer que j’ai déjà dénigré les renois sur leurs attitudes ou leurs tissages »). En somme, un bras d’honneur salutaire lancé en direction de tous ceux qui se sont convaincus que nous vivions en démocratie et que « Liberté, égalité, fraternité » était plus qu’une mauvaise plaisanterie. Un rappeur qui gagnerait à une reconnaissance plus large et qui, s’il est déjà présent depuis un moment dans le rap-jeu, est à suivre et à soutenir d’urgence. [A.]

Low Wood, 2017

Contre le colonialisme, de Simone Weil

Heureuse idée que celle-ci : rassembler en un même volume les différents écrits de la philosophe libertaire, chrétienne et antifasciste ayant trait à la question coloniale. Sept années d’engagement, de la prise du pouvoir du Front populaire, en 1936, à la résistance contre le nazisme au mitan de la Seconde Guerre mondiale. La voici qui, d’une plume implacable, dénonce l’indifférence de la gauche victorieuse, et de la classe ouvrière en général, à l’endroit des « millions de prolétaires des colonies » ; la voici qui s’élève d’une même et forte voix contre l’humiliation faite aux travailleurs algériens sur le sol métropolitain et la politique impérialiste conduite en Afrique du Nord comme en Indochine ; la voici qui, sans détour, désigne l’oppresseur, l’État français et ses gouvernements successifs, et endosse la « petit part » de responsabilité qui est la sienne, en sa qualité de citoyenne exhortant ses lecteurs à prendre toute la mesure de « la tragédie coloniale ». Comme Orwell en son temps puis Césaire en 1950, Weil saisit les mouvements de fond à l’œuvre sous les déclarations lyriques et l’envers du décor « démocratique » et « républicain » : « L’hitlérisme consiste dans l’application par l’Allemagne au continent européen, et plus généralement aux pays de race blanche, des méthodes de la conquête et de la domination coloniales. […] Si on examine en détail les procédés des conquêtes coloniales, l’analogie avec les procédés hitlériens est évidente. » La résistante qu’elle est aux côtés de la France libre, à Londres, sait bien que c’est « toujours, partout, le même problème qui se pose », toujours et « partout où il y a des opprimés » : l’humiliation crée la révolte — seule change la couleur des drapeaux des bourreaux. [E.C.]

Rivages poche, 2018


Photographie de bannière : Lucas Zanon


REBONDS

Cartouches 30, mars 2018
Cartouches 29, février 2018
Cartouches 28, janvier 2018
Cartouches 27, décembre 2017
Cartouches 26, novembre 2017

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« Tenir tête, fédérer, amorcer »

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