Jacques Baujard : « Maintenir vivante la mémoire des vaincus »


Entretien inédit pour le site de Ballast

Éleveur de cochons et ouvrier, voya­geur et peintre en bâti­ment, conteur et révo­lu­tion­naire, tel fut — à trop grands traits — l’i­den­ti­té de Panaït Istrati, cet auteur rou­main mort en 1935 que l’on gagne­rait à mieux connaître. Il devint écri­vain sans le vou­loir (une his­toire de sui­cide raté et une lettre au fond d’une poche), il obtint du suc­cès sans le cher­cher (Romain Rolland le décri­vit comme une âme unique, à part, dans le monde des lettres occi­den­tal), il fut mis au ban sans s’y attendre (un voyage en URSS et une tri­lo­gie plus que cri­tique à son endroit) ; son œuvre-vie donne à lire la pas­sion de la révolte, sans doc­trine ni marche à suivre. Nous en par­lons avec l’un de ses bio­graphes, Jacques Baujard, libraire et auteur de Panaït Istrati : l’amitié vaga­bonde (paru en 2015 aux édi­tions Transboréal) et secré­taire de l’association des Amis de Panaït Istrati.


Panaït Istrati est, en dépit d’une grande œuvre, presque tota­le­ment oublié. Vous écri­vez pour aider à le faire connaître, on l’i­ma­gine, mais, pré­ci­sez-vous, pour main­te­nir vivante « la mémoire des vain­cus ». Quelle est cette filia­tion, cet héri­tage ?

À dix-neuf ans, je me suis ren­du compte après la lec­ture d’Une his­toire popu­laire des États-Unis, d’Howard Zinn, qu’il y avait une Histoire autre­ment plus inté­res­sante : celle des oppri­més. Venant d’une famille apo­li­tique et très peu por­tée sur le livre et la culture, je n’avais pas encore pris conscience que l’Histoire, celle que l’on enseigne à l’école, est tou­jours écrite par les vain­queurs. Et, jusqu’à aujourd’hui, la lutte des classes n’a pen­ché que très peu en faveur de la mienne. Panaït Istrati fai­sait éga­le­ment par­tie de celle-ci. Il a eu le cou­rage de se battre à la fois contre la bour­geoi­sie capi­ta­liste et la bureau­cra­tie sta­li­nienne. Vaincu, il l’a donc été dou­ble­ment. Maintenir vivante sa mémoire, c’est éga­le­ment résis­ter au pré­sent face à l’ordre domi­nant. Je vou­lais éga­le­ment, en emprun­tant le titre du livre de Michel Ragon, lui rendre hom­mage et le remer­cier : La Mémoire des vain­cus est une fan­tas­tique fresque du mou­ve­ment liber­taire (et par ailleurs, l’un des pre­miers que j’ai ache­tés à la librai­rie Quilombo !). C’est un homme qui m’a beau­coup appris, à tra­vers ses livres. Hérault de la lit­té­ra­ture pro­lé­ta­rienne, cet écri­vain auto­di­dacte a pas­sé sa vie à pré­sen­ter des auteurs issus du monde pay­san ou de la classe ouvrière. Sans lui, de nom­breuses voix se seraient éteintes — et leurs mots auraient été oubliés.

Justement : vous avouez ne pas com­prendre les rai­sons de l’ou­bli d’Istrati. D’autant qu’il fut, de son vivant, connu et recon­nu. Quel fut le déclic qui vous pous­sa à écrire sur lui (alors qu’il existe déjà deux bio­gra­phies, signées Jutrin-Klener et Raydon) ? 

« Vaincu, il l’a donc été dou­ble­ment. Maintenir vivante sa mémoire, c’est éga­le­ment résis­ter au pré­sent face à l’ordre domi­nant. »

En fin de compte, il n’y a pas eu de déclic impor­tant m’ayant pous­sé à écrire ce livre. Cette « ami­tié vaga­bonde » n’est que le pro­lon­ge­ment d’un enchaî­ne­ment de ren­contres ame­nées par l’œuvre d’Istrati ; des sortes de rico­chets lit­té­raires, si on peut dire. Dès que j’ai com­men­cé à le lire, j’ai tout de suite eu envie de par­ta­ger cela avec mes proches. J’ai conti­nué en conseillant Kyra Kyralina et Nerrantsoula aux lec­teurs de la librai­rie où je tra­vaille. Après mon voyage en Roumanie, je me suis dit qu’il fal­lait à tout prix faire autre chose… Et ain­si don­ner à Istrati un plus grand écho en France. Avec les édi­tions L’échappée, nous avons donc réédi­té la bio­gra­phie de Monique Jutrin, Panaït Istrati, un char­don déra­ci­né, ain­si qu’une nou­velle édi­tion de Présentation des Haïdoucs. À ce moment-là, les édi­tions Transboréal (que je connais­sais pour avoir fait un stage d’une semaine chez elles, en 2010) venaient de lan­cer une col­lec­tion : « Compagnons de route ». Et lorsqu’elles ont lu l’article mis en ligne sur le site Internet d’Article 11, elles m’ont deman­dé d’écrire un livre sur Panaït Istrati. Hormis quelques chro­niques, je n’avais qua­si­ment rien écrit de ma vie ; vous pou­vez ima­gi­ner le choc… Bizarrement, tout le monde me témoi­gnait une grande confiance quant à la réa­li­sa­tion de tous ces pro­jets. Comme l’écrivait Romain Rolland, je crois beau­coup en « la vio­lence du cœur » : l’envie de par­ta­ger toutes les émo­tions res­sen­ties et les moments vécus grâce à l’œuvre d’Istrati a été l’un des sen­ti­ments les plus intenses de ces deux der­nières années. Aussi, même s’il fal­lait pas­ser par l’écriture pour conti­nuer cette aven­ture, je n’avais pas à me poser plus de ques­tions. Il fal­lait sim­ple­ment conti­nuer.

Et même s’il exis­tait d’autres bio­gra­phies, l’Association des amis de Panaït Istrati, créée en 1969, a déter­ré de nom­breux tré­sors inédits et a publié dans les dif­fé­rents bul­le­tins et cahiers des élé­ments nou­veaux. Édouard Raydon a écrit l’existence du vaga­bond, comme contem­po­rain et ami, et Monique Jutrin l’a fait dans le cadre d’une recherche uni­ver­si­taire. Je me devais aus­si de trou­ver un nou­vel angle — je l’ai trou­vé dans une phrase de Kyra Kyralina : « Le charme, le pit­to­resque, l’intéressant de la vie d’un homme à l’âme puis­sante, tumul­tueuse, et en même temps aven­tu­reuse, n’est pas tou­jours dans les faits saillants de cette vie. Dans le détail réside le plus sou­vent la beau­té. Mais qui écou­te­rait le détail ? Qui le goû­te­rait ? Qui le com­pren­drait, sur­tout ? » Lors de l’écriture de cette bio­gra­phie, ce pas­sage tour­nait en boucle dans mon esprit. Je me suis atta­ché à mettre bout à bout quelques-uns de ces détails a prio­ri sans impor­tance, qui révèlent cepen­dant mieux que n’importe quelle étude his­to­rique ou lit­té­raire la vie et les facettes de cet homme extra­or­di­naire.

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Romain Rolland (DR)

Votre ouvrage est concis, lim­pide, sans roco­co. Doit-on y voir quelque réso­nance avec l’œuvre d’Istrati, elle aus­si acces­sible et popu­laire dans son abord ?

Si réso­nance il y a, eh bien tant mieux ! Mais en véri­té, je n’avais pas d’idée par­ti­cu­lière der­rière la tête : je sou­hai­tais sim­ple­ment être le plus fidèle pos­sible à l’écrivain rou­main. Lors de l’écriture, je m’imaginais au comp­toir d’un tro­quet, en com­pa­gnie d’inconnus me fai­sant la poli­tesse de m’écouter racon­ter l’incroyable his­toire de ce vaga­bond céleste. Conter, plu­tôt que racon­ter d’ailleurs…

Mais Istrati n’est pas qu’un conteur ; il est aus­si – au grand dam de son men­tor Romain Rolland – un acteur de la vie poli­tique. Pourtant assez dif­fi­cile à clas­ser : ni com­mu­niste ortho­doxe, ni anar­chiste paten­té. Comment le situez-vous ?

« Istrati était un idéa­liste et sa révolte en fut d’autant plus belle. Inutile de l’insérer dans un car­can bien éta­bli ! »

Je ne crois pas pou­voir vrai­ment le situer poli­ti­que­ment. Je n’en ai d’ailleurs pas l’envie. De par mon his­toire, j’aimerais, for­cé­ment, le rap­pro­cher du mou­ve­ment liber­taire. Mais je crains que lui col­ler une éti­quette poli­tique revien­drait au final à le des­ser­vir. Léniniste (« Les haï­doucs ne peuvent-il pas être l’avant-garde révo­lu­tion­naire ? », m’a fait remar­quer un ami), trots­kyste (anti-sta­li­nien et com­mu­niste, alors…), décrois­sant (j’ai trou­vé plu­sieurs textes où Istrati s’attaque féro­ce­ment à l’industrialisation crois­sante et la perte des savoir-faire), anar­chiste… Istrati a de mul­tiples facettes, et il l’a d’ailleurs hur­lé dans Vers l’autre flamme : « Pauvre racaille. Des faces, j’en ai, moi, trente-six mille. » Istrati était un idéa­liste et sa révolte en fut d’autant plus belle. Inutile de l’insérer dans un car­can bien éta­bli ! La seule per­sonne ayant réus­si à le cer­ner s’appelle Nikos Kazantzaki : « Panaït Istrati n’est ni com­mu­niste, ni bour­geois, ni ouvrier, ni intel­lec­tuel. Il vit en deçà des éti­quettes éphé­mères de la phra­séo­lo­gie contem­po­raine. Il est l’âme qui, dans le corps humain, se bat pour la liber­té. »

Il n’é­tait pas un idéo­logue et maî­tri­sait fort mal les nuances théo­riques : comme London, Istrati était un auto­di­dacte. Un écri­vain loin du petit milieu lit­té­raire, en somme. À l’heure des farces et des prix pari­siens, qu’a-t-il à nous dire, lit­té­rai­re­ment ?

J’aime beau­coup répé­ter ces mots d’Istrati : « Dans ce mou­ve­ment [socia­liste], j’ai tou­jours été un dilet­tante chaud, par­fois impé­tueux. Pour moi, toute la vie se résume dans le moment sen­ti­ment. Aussi ne me suis-je atta­ché qu’aux seuls mili­tants qui fai­saient de l’amitié la plus vivante des reli­gions. De la doc­trine, je m’en moque. » Istrati l’a prou­vé maintes et maintes fois durant sa vie : il convient mieux d’être avec ses amis en train de boire un verre sur le zinc, que de pas­ser sa vie à cou­rir après la gloire éphé­mère et une cer­taine pos­té­ri­té lit­té­raire. Les prix et les articles de tout genre ne rem­pla­ce­ront jamais l’estime de nos proches.

Vous affir­mez qu’il posa « l’un des actes les plus cou­ra­geux du XXe siècle », par son atti­tude de refus. Plus qu’un révo­lu­tion­naire (il disait man­quer « de haine » pour en être un), il fut un révol­té per­ma­nent – au sens presque camu­sien du terme. Partagez-vous cette lec­ture ?

« Lorsqu’on lit L’Homme révol­té, on a l’impression d’une fan­tas­tique théo­rie qu’Istrati n’a eu de cesse de mettre en pra­tique toute sa vie. Non pas une révolte fana­tique, mais une révolte lucide. »

Oui, tout à fait ! Un révol­té orga­nique, même ! À mes yeux, les deux hommes qui se rap­prochent le plus de la pen­sée et du per­son­nage d’Istrati sont George Orwell et Albert Camus. J’ai oublié de men­tion­ner ce der­nier dans ma bio­gra­phie et c’est une grave erreur… Le pre­mier, je ne pou­vais pas­ser à côté. J’adore cette anec­dote : le der­nier texte écrit par Istrati est une com­mande réa­li­sée par les édi­tions Gallimard en 1935 ; il s’agissait d’établir la pré­face d’un livre écrit par un auteur anglais encore peu connu à l’époque, La Vache enra­gée… de George Orwell ! Le titre du livre devien­dra plus tard Dans la dèche à Paris et à Londres. Je trouve ce clin d’œil de l’histoire tota­le­ment incroyable : quand on sait que l’auteur de 1984 subi­ra les mêmes ter­ribles attaques de la part des sta­li­niens durant la guerre civile espa­gnole ! Mais si l’on lit atten­ti­ve­ment les textes lit­té­raires et poli­tiques d’Istrati, ça parait moins extra­or­di­naire. Il y a chez le Roumain énor­mé­ment d’éléments de ce que Orwell inti­tule la com­mon decen­cy. L’écrivain anglais était per­sua­dé qu’il exis­tait par­mi le peuple une « hon­nê­te­té ordi­naire », une sorte d’ins­tinct moral du bien. Les mots d’Istrati parlent d’eux-mêmes : « Ne me par­lez donc pas d’une huma­ni­té divi­sée en deux. Je ne recon­nais que le trait qui sépare le juste de l’injuste, le bon du méchant. Partager le monde en ceux d’en haut et en ceux d’en bas, n’attribuer aux pre­miers rien que des défauts, aux seconds rien que des qua­li­tés, et vou­loir détruire les uns, pour livrer la terre aux autres, ce serait ne rien chan­ger à la vie d’aujourd’hui, parce qu’il est rare de trou­ver des étran­glés qui n’aient jamais vou­lu être des étran­gleurs. » (Domnitza de Snagov). Quant à Albert Camus, lorsqu’on lit L’Homme révol­té, on a l’impression d’une fan­tas­tique théo­rie qu’Istrati n’a eu de cesse de mettre en pra­tique toute sa vie. Non pas une révolte fana­tique, mais une révolte lucide. Refuser de croire en l’URSS à l’époque deman­dait un cou­rage invrai­sem­blable.

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Albert Camus (DR)

Il fut tou­te­fois repro­ché à Istrati, au terme de sa vie, de renier ses idéaux pas­sés – « Involontairement, Istrati avait fait le jeu de la droite », lit-on dans Panaït Istrati, un char­don déra­ci­né. Il publia dans la revue Cruciada (une revue « ni à gauche ni à droite ») et accep­ta l’argent des auto­ri­tés rou­maines. Quel regard por­tez-vous sur ce der­nier cha­pitre de son exis­tence ?

Demander l’aumône au roi de Roumanie a été une grave erreur de sa part. Je ne peux être qu’en désac­cord avec cet épi­sode de sa vie. Quand on prône une cer­taine inté­gri­té toute sa vie, il est déce­vant d’avoir recours à l’argent d’un des hommes les plus puis­sants de Roumanie. Néanmoins, il faut ima­gi­ner la détresse morale et finan­cière dans laquelle il s’est retrou­vé suite à la publi­ca­tion de Vers l’autre flamme. Pour ce qui est de Cruciada, c’est une tout autre his­toire. Dans cette revue se sont retrou­vées des per­sonnes déçues du com­mu­nisme sta­li­nien et de la Garde de fer, le mou­ve­ment fas­ciste rou­main. Istrati a don­né son accord pour par­ti­ci­per à cette aven­ture uni­que­ment s’il n’y avait ni article anti­sé­mite ni décla­ra­tion pro-sta­li­nienne. Pour la presse et la gauche fran­çaise, le simple fait d’écrire à côté d’« anciens » membres de la Garde de fer, sans même lire ni savoir de quoi parlent leurs articles, a été vu comme un acte de tra­hi­son suprême. Réfléchir à une alter­na­tive au fas­cisme, au com­mu­nisme et au capi­ta­lisme, me sem­blait plu­tôt être un acte cou­ra­geux en 1935…

L’écrivain com­mu­niste Victor Serge a com­po­sé un poème sublime à la mort d’Istrati. « Le cœur du cœur des hommes que l’on crache dans son œuvre », écri­vit-il. Que disent de l’hu­main, dans son éter­nelle uni­ver­sa­li­té, les livres d’Istrati ?

« Réfléchir à une alter­na­tive au fas­cisme, au com­mu­nisme et au capi­ta­lisme, me sem­blait plu­tôt être un acte cou­ra­geux en 1935… »

Qu’il faut l’accepter. C’est peut-être pour cela que les livres d’Istrati revivent à nou­veau. À l’heure où nos socié­té hyper­mo­dernes se targuent d’uniformiser et de décons­truire à tout-va, que les enclaves de liber­té et de soli­da­ri­té se font ato­mi­ser petit à petit, Istrati nous rap­pelle que l’être humain, mal­gré ses innom­brables défauts, peut s’il le veut vrai­ment vivre des moments d’humanité et de fra­ter­ni­té incroyables. Mais uni­que­ment s’il résiste et lutte face à l’ordre éta­bli. Ce qui m’a le plus tou­ché venant de Serge est une petite phrase à l’intérieur de ses Mémoires d’un révo­lu­tion­naire. Se remé­mo­rant la venue d’Istrati en URSS, Serge se désole du carac­tère naïf d’Istrati. Il ter­mine néan­moins par ces mots, rédi­gés dans la grande soli­tude de l’exil : « C’est en par­tie grâce à lui que je sur­vis. »

Vous concluez votre bio­gra­phie par un appel à la révolte non dog­ma­tique et paci­fiste. Comment le rendre opé­rant, par-delà sa seule puis­sance lit­té­raire ? Le vaga­bon­dage liber­taire et soli­taire de Panaït Istrati est-il vrai­ment à même, aus­si sti­mu­lant soit-il, de bous­cu­ler en pro­fon­deur les struc­tures et l’i­ma­gi­naire col­lec­tif en place – de moins en moins por­té vers le socia­lisme ?

J’en suis convain­cu. Entre les lignes de votre ques­tion se retrouve l’éternel débat sur les pou­voirs et les limites de la lit­té­ra­ture. Personnellement, j’ai une cer­taine foi dans le livre. L’émancipation ne peut pas­ser qu’à tra­vers lui. Il ne s’agit pas de ren­ver­ser sou­dai­ne­ment les fon­de­ments de l’ordre éta­bli : il s’agit de construire pas à pas, de livre en livre, ren­contre après ren­contre, les bases d’une socié­té où convi­via­li­té et fra­ter­ni­té seront les valeurs maî­tresses. D’où le rôle très impor­tant de la librai­rie en tant qu’espace social. Sans la librai­rie Quilombo, il m’aurait été impos­sible de réa­li­ser ce livre et de ren­con­trer toutes ces per­sonnes incroyables. On voit très bien, là, l’importance d’un lieu phy­sique, où des femmes et des hommes, en chair et en os, dis­cutent et échangent des points de vue sur la lit­té­ra­ture et la révo­lu­tion. Istrati a été un grand rêveur, un incor­ri­gible uto­piste. Je pense sin­cè­re­ment que nous avons besoin de plus de poètes-rêveurs que de pseu­do-théo­ri­ciens. Pour ter­mi­ner, j’emprunte les mots de mon ami Patrick Marcolini, qui pré­face un ouvrage qui vient de paraître, Utopie et socia­lisme de Martin Buber : « L’utopie n’est pas au bout du che­min, elle est le che­min. »


REBONDS

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