La santé en lutte : « Le délabrement des soins de santé a été préparé »


Entretien inédit pour le site de Ballast

Le col­lec­tif La san­té en lutte s’est créé en juin 2019, à Bruxelles, au départ d’un mou­ve­ment de grève débu­té à l’hô­pi­tal Brugmann et qui s’est éten­du dans le reste des hôpi­taux publics de la ville. Lors de sa pre­mière AG, 20 reven­di­ca­tions ont été votées en deux heures — elles feront l’ob­jet d’un tra­vail d’ap­pro­fon­dis­se­ment. Aujourd’hui, le col­lec­tif est actif dans plu­sieurs villes : Bruxelles, Liège, Charleroi, Namur. Il appelle à une « grande mani­fes­ta­tion pour la san­té » dans la capi­tale belge, ce dimanche 13 sep­tembre, pour dénon­cer le sous-finan­ce­ment de la san­té et exi­ger l’ar­rêt de la mar­chan­di­sa­tion des soins de san­té. Il y a quelques jours encore, le bourg­mestre « socia­liste » de Bruxelles, Philippe Close, refu­sait de l’au­to­ri­ser — la réac­tion du col­lec­tif a été immé­diate : elle aura bien lieu, ren­for­cée par la pré­sence de nom­breux acteurs du soin, du social, du monde mili­tant et syn­di­cal. Nous ren­con­trons deux membres de la coor­di­na­tion natio­nale : Alice, infir­mière ayant tra­vaillé 13 ans en milieu hos­pi­ta­lier, et Leila, ergo­thé­ra­peute forte de 20 ans de pra­tique en ambulatoire.


La pré­sente crise sani­taire a mis au devant de la scène toute une série de métiers invi­si­bi­li­sés. Qui fait tour­ner un hôpital ?

Alice : À La san­té en lutte, nous pre­nons en compte l’en­semble du sec­teur de la san­té, pas uni­que­ment les hôpi­taux. Pour faire fonc­tion­ner une ins­ti­tu­tion de soin, on pense d’a­bord aux soi­gnants, mais ils et elles ne peuvent don­ner des soins de qua­li­té sans le per­son­nel des ser­vices logis­tique, tech­nique, d’en­tre­tien, de lin­ge­rie, de cui­sine, de bran­car­dage ou de l’ad­mi­nis­tra­tion. Faire de la logis­tique ou du net­toyage dans un hôpi­tal n’est pas ano­din : c’est aus­si du social, du per­son­nel en contact avec le patient ou sa famille — un contact qui peut avoir un effet cal­mant par sa simple pré­sence, par une dis­cus­sion. C’est arri­vé sou­vent qu’une col­lègue du ser­vice d’en­tre­tien m’ouvre l’œil sur la demande d’un patient, ou sur un dan­ger imminent.

Un peu par­tout en Europe, cette pan­dé­mie a révé­lé l’é­tat de décom­po­si­tion des ser­vices de san­té publics…

« Les équipes médi­cales se sont vrai­ment bat­tues, mais la logique struc­tu­relle mana­gé­riale néo­li­bé­rale est la règle géné­rale, avec des admi­nis­tra­teurs qui n’ont jamais tou­ché un patient de leur vie. »

Alice : Pendant la crise, je tra­vaillais en soins inten­sifs dans une uni­té dédiée au Covid-19. Dans mon ser­vice, c’é­tait un masque par pause, soit pour 8 heures au lieu des 4 indi­quées. On devait gar­der 24 heures les blouses que l’on met nor­ma­le­ment en entrant dans une chambre puis que l’on jette, et se la par­ta­ger entre trois soi­gnants sur trois pauses consé­cu­tives, et on allait d’un patient à l’autre. On n’est pas allé jus­qu’à devoir mettre des sacs pou­belles, mais on a eu des sur-blouses cou­sues béné­vo­le­ment par je ne sais qui… Les équipes médi­cales se sont vrai­ment bat­tues, mais la logique struc­tu­relle mana­gé­riale néo­li­bé­rale est la règle géné­rale, avec des admi­nis­tra­teurs qui n’ont jamais tou­ché un patient de leur vie. Même quand un soi­gnant prend une fonc­tion de chef, il ou elle finit par oublier tout ce qu’exige, en termes de condi­tions de tra­vail, un acte de soin de qua­li­té — mais, au moins, on peut se dire qu’il en a eu l’ex­pé­rience, qu’on peut lui rap­pe­ler. Je ne vois pas ce qu’on peut avoir à faire dans une ges­tion hos­pi­ta­lière si on ne sait pas ce qu’est le soin.

Une cama­rade de La san­té en lutte, qui tra­vaille en mai­son de repos, nous racon­tait la chose sui­vante : sa direc­tion, atten­tive et pré­voyante, avait très vite pré­vu une dis­tri­bu­tion de masques aux équipes. Mais ils étaient tenus sous clés, à la demande des pou­voirs sub­si­diants régio­naux — c’é­tait une direc­tive. C’était une ges­tion des man­que­ments. En 2017, la ministre de la Santé publique Maggie de Block a signé une coupe bud­gé­taire de plus de 900 mil­lions d’eu­ros : l’é­tat de déla­bre­ment actuel des soins de san­té a été concrè­te­ment pré­pa­ré. Il est main­te­nant ques­tion d’une avance et d’un fond Blouses blanches, mais, in fine, ils ne réta­blissent même pas ce qu’ils ont enle­vé. Regardons la durée d’hos­pi­ta­li­sa­tion : avant, on pou­vait gar­der un ou deux jours de plus un patient qui ne se sen­tait pas prêt à sor­tir de l’hô­pi­tal, à ren­trer chez lui (quand il a un toit) car il a des esca­liers à la mai­son, qu’il est très angois­sé… Aujourd’hui, non. Mais ça va plus loin, et je le vois en 13 ans de car­rière : pour une même patho­lo­gie, la durée d’hos­pi­ta­li­sa­tion n’est plus la même. Prenons la chi­rur­gie car­dio­vas­cu­laire, où j’ai éga­le­ment tra­vaillé : après un pon­tage, soit une opé­ra­tion « à cœur ouvert », il y avait 10 jours d’hos­pi­ta­li­sa­tion (en plus des quelques jours en soins inten­sifs) ; c’est pas­sé à 7 jours. Ça veut dire qu’en flux ten­du on n’a à l’hô­pi­tal que des patients « plus lourds », une inten­si­fi­ca­tion de la charge de tra­vail, et qu’il n’y a pas eu de chan­ge­ment dans le ratio du nombre de patients par soi­gnant. Autrement dit : il n’y a pas plus de soi­gnants embau­chés pour un tra­vail plus intense sur une durée plus courte. Il faut aus­si poser le contexte glo­bal : il y a un net vieillis­se­ment de la popu­la­tion, donc de la patien­tèle, qui est poly-patho­lo­gique. La tech­ni­ci­sa­tion de la méde­cine — qui est par ailleurs une très bonne chose — exige de pas­ser beau­coup de temps sur des machines (pour se for­mer et les uti­li­ser), et donc moins de temps avec les patients. Concrètement, si tu as un ou une infir­mière qui doit pas­ser beau­coup plus de temps sur la machine, il n’y a pas eu d’embauche pour qu’un ou une autre reste près du patient.

[Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le collectif Krasnyi]

Leila : Je tra­vaille dans l’am­bu­la­toire. Il y a une assi­gna­tion tou­jours plus rigou­reuse par rap­port à un conte­nu de tra­vail, pres­crit, mais en tra­vail réel, c’est l’ex­plo­sion : je fais du net­toyage, du secré­ta­riat, de la logis­tique. Cette semaine, j’ai peint un bureau avec une col­lègue car on n’en pou­vait plus d’at­tendre le ser­vice tra­vaux alors qu’il y avait des cou­lées de moi­si — il n’é­tait plus pos­sible de rece­voir des gens dans ces condi­tions. Il y a un para­doxe : on peut pen­ser que c’est une résis­tance de type « On ne vous attend pas, on fait ce qu’il faut », mais on prend en charge un tra­vail qu’on ne devrait pas faire. On nous a par­lé d’une vic­toire syn­di­cale lors­qu’on a gagné les mêmes droits que dans les hôpitaux1 : à par­tir de 45 ans, on peut béné­fi­cier d’un congé sup­plé­men­taire nom­mé « dis­pense de pres­ta­tion ». Ça veut dire qu’a­vec le même salaire, on a entre 96 et 288 heures de congés sup­plé­men­taire annuel, mais avec une embauche com­pen­sa­toire à laquelle toute l’é­quipe a droit, sauf les secré­taires. On a un secré­ta­riat dont le nombre d’heures pres­tées a été dimi­nué, mais qui doit assu­rer la même charge de tra­vail : il s’est inten­si­fié et est vite deve­nu inte­nable. Ces pro­fes­sion­nels ne peuvent plus gérer cette charge, donc les thé­ra­peutes com­mencent à rédi­ger leurs rap­ports. Il ne sera pas éton­nant que, d’i­ci quelque temps, on nous dise qu’il n’y a pas besoin de secré­taire dans les services.

« Une des­truc­tion métho­dique des soins de san­té s’est opé­rée sur le plan éco­no­mique et finan­cier, mais il y en a une autre, conco­mi­tante et plus sub­tile, qui s’at­taque au droit d’ac­cès aux soins. »

Pendant la crise, il y a eu une sus­pen­sion des soins consi­dé­rés comme non-urgents. Beaucoup de per­sonnes se sont retrou­vées sans soins ; cer­tains ser­vices, par exemple kiné­si­thé­ra­peute ou ergo­thé­ra­peute, ont été fer­més dans cer­tains hôpi­taux. Il faut par­ler de ces sta­tuts de faux indé­pen­dants qui sont extrê­me­ment nom­breux à l’hô­pi­tal comme en extra-hos­pi­ta­lier — en par­ti­cu­lier dans les pro­fes­sions para­mé­di­cales, où ils deviennent majo­ri­taires : il s’a­git de soi­gnants enga­gés comme libé­raux mais qui, en réa­li­té, ne tra­vaillent que pour un seul hôpi­tal ou un centre (ils n’ont qu’un seul client — l’hô­pi­tal, le ser­vice —, qui est donc un employeur). Ils doivent suivre les règles et les règle­ments du ser­vice, res­pec­ter des horaires indi­qués par une hié­rar­chie : en somme, les contraintes d’un tra­vail sala­rié sans le sta­tut et la pro­tec­tion qui va avec. D’ailleurs, l’État, sans doute pour ne pas voir gron­der la colère d’une masse de tra­vailleurs et de tra­vailleuses, a, pen­dant la crise, déblo­qué tem­po­rai­re­ment une allo­ca­tion chô­mage (à laquelle un indé­pen­dant n’a pas droit), mais qui ne s’ap­pe­lait évi­dem­ment pas ain­si : un « droit pas­se­relle ». Une appel­la­tion élé­gante pour évi­ter abso­lu­ment de par­ler de chô­mage. Sans cette allo­ca­tion ver­sée à toute une série de soi­gnants dont les ser­vices ont fer­mé, les lais­sant du jour au len­de­main sans reve­nus, l’État aurait pu craindre un mou­ve­ment de contes­ta­tion dénon­çant ces sta­tuts de faux-indé­pen­dants, pour­tant illé­gaux. On a là toute la chaîne d’un méca­nisme hypocrite.

Dans vos com­mu­ni­qués, vous mon­trez en quoi la des­truc­tion du ser­vice public de san­té ne date pas d’au­jourd’­hui. Comment s’o­père concrè­te­ment la mar­chan­di­sa­tion des soins de santé ?

Leila : Il y a eu une des­truc­tion métho­dique des soins de san­té sur le plan éco­no­mique et finan­cier, mais il y en a une autre, conco­mi­tante et plus « sub­tile », qui s’at­taque au droit d’ac­cès aux soins. Concernant le finan­ce­ment en Belgique, le taux effec­tif de coti­sa­tion sociale — pour l’en­semble de la sécu­ri­té sociale — est pas­sé de 40 % dans les années 1970 à 25 % aujourd’­hui. C’est toute la série de cadeaux de coti­sa­tions sociales octroyés au patro­nat, au pré­texte de main­tien de l’emploi — ce qui n’a d’ailleurs jamais fait l’ob­jet de la moindre véri­fi­ca­tion. C’est une attaque struc­tu­relle mas­sive. À l’in­té­rieur de la sécu­ri­té sociale, côté « soins de san­té », il y a eu aus­si plu­sieurs attaques, notam­ment la tari­fi­ca­tion à l’acte — qui existe aus­si en France. Ça a ame­né à éta­blir des pro­to­coles et des sui­vis qui per­mettent de fac­tu­rer un maxi­mum, modi­fiant lit­té­ra­le­ment la nature et la logique du soin. On ne fait évi­dem­ment pas la même chose si la logique qui prime est celle de la fina­li­té du soin ou de l’op­ti­mi­sa­tion de la tarification.

Alice : Ce qui ren­ta­bi­lise un hôpi­tal, ce sont cer­tains actes médi­caux tech­niques. On peut voir des pres­crip­tions d’exa­mens qui ne sont pas for­cé­ment néces­saires : la per­sonne aurait eu besoin d’autre chose, l’é­va­lua­tion cli­nique du soi­gnant pas­sant der­rière le rôle de la tarification.

[Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le collectif Krasnyi]

Leila : Dans mon ser­vice, ça pro­duit par exemple ce type d’ef­fets : en tant qu’er­go­thé­ra­peute, j’ai besoin de 2 h 30 de tra­vail pour éva­luer des condi­tions envi­ron­ne­men­tales et réflé­chir aux nou­veaux amé­na­ge­ments à mettre en place au domi­cile de mes patients. Ou bien pour faire des dépla­ce­ments exté­rieurs avec une per­sonne qui a des dif­fi­cul­tés de mobi­li­té. Or seules 2 heures sont fac­tu­rables, au maxi­mum. Je vais donc être invi­tée à ne plus trop faire ce type d’acte tech­nique, pour ne pas « perdre » cette demi-heure de tra­vail non fac­tu­rable par le ser­vice, pour ne pas le mettre à mal. Ça va modi­fier ma propre façon de fonc­tion­ner. Il faut aus­si men­tion­ner la VIe Réforme de l’État, en 2012 et 2014, qui a opé­ré des bas­cu­le­ments de pans entiers de la sécu­ri­té sociale : des moyens ont été trans­fé­rés d’un niveau fédé­ral à un niveau régio­nal, fai­sant pas­ser des sec­teurs de soins de san­té d’une ges­tion natio­nale à une ges­tion régio­nale. Les mai­sons de repos, la psy­chia­trie, les centres de réédu­ca­tion, les mai­sons médi­cales, etc. Ça pro­duit deux effets : les parts des sommes allouées qui vont être dépen­sées dans la ges­tion admi­nis­tra­tive aug­mentent (aux frais de ges­tion admi­nis­tra­tive fédé­rale s’a­joutent les frais régio­naux) et les organes déci­sion­naires ne sont plus les mêmes. Au niveau fédé­ral, l’INAMI2 a une ges­tion tri-par­tite : l’État, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et les orga­ni­sa­tions patro­nales décident de l’o­rien­ta­tion des bud­gets. Quand on bas­cule tout au niveau régio­nal, la ges­tion n’est plus tri-par­tite mais mul­ti-par­tite, ce qui fait que la part de prise de déci­sion qui revient aux sala­riés est réduite à un état abso­lu­ment minoritaire.

« On voit éga­le­ment des condi­tions d’ac­cès consi­dé­ra­ble­ment com­plexi­fiées, des rem­bour­se­ments de soins, médi­ca­ments, appa­reillages, qui ont sau­té, etc. »

Si on parle de l’ac­cès au droit, c’est quelque chose d’as­sez éta­lé dans le temps : on ne per­çoit pas de moment de bas­cule signi­fi­ca­tif. En 20 ans de car­rière, j’ai vu toute une série de patients qui avaient accès à mon centre et qui l’ont per­du. Prenons l’exemple des enfants souf­frant de patho­lo­gies « dys » (dys­praxie, etc.) : ils pou­vaient béné­fi­cier d’une prise en charge plu­ri­dis­ci­pli­naire. Puis un pla­fond des enfants ayant des « dys » a été défi­ni : au-delà, les familles ne peuvent plus sol­li­ci­ter ce ser­vice sub­si­dié à 100 % ; elles vont devoir se retour­ner vers les thé­ra­peutes pri­vés, quand elles en ont les moyens évi­dem­ment. On voit éga­le­ment des condi­tions d’ac­cès consi­dé­ra­ble­ment com­plexi­fiées, des rem­bour­se­ments de soins, médi­ca­ments, appa­reillages, qui ont sau­té, etc. C’est un cumul de mesures qui, sépa­ré­ment, pour­raient avoir l’air de rien, mais qui au goutte à goutte pro­duisent une sacré hémor­ra­gie. Les pro­to­coles de soin sont deve­nus de plus en plus rigou­reux, nous écar­tant d’une pra­tique cli­nique adap­tée. Le pro­to­cole indique qu’il faut faire tel ou tel acte tech­nique, jus­qu’où il faut agir et com­ment. Si on veut s’en écar­ter, ça va être très com­pli­qué et il fau­dra a mini­ma s’en jus­ti­fier — exi­geant autant de temps admi­nis­tra­tif en plus. À moins d’un pic de ten­sion ou de fièvre sou­dain, le jour pré­vu de sor­tie sera main­te­nu et on n’é­va­lue­ra pas s’il est « glo­ba­le­ment » prêt à ren­trer. Les soi­gnants n’ont plus ce degré de liber­té d’ap­pré­cia­tion, qui fait par­tie inté­grante du soin.

Alice : Cette logique de « libé­rer des chambres », ça fait des morts. Je le vois en soins inten­sifs : s’il faut de la place, on trans­fère par­fois des patients dont l’é­tat est un peu limite, qui sou­vent vont reve­nir dans les jours qui suivent notam­ment parce que le ser­vice banalisé3 n’au­ra pas pu faire le néces­saire.. quand ils ne meurent pas. La méde­cine n’est pas une science exacte, si on n’a plus les moyens de prendre des pré­cau­tions des drames se pro­duisent. Et jus­te­ment, on ne peut plus dire « je ne sais pas trop, par pré­cau­tion il fau­drait le gar­der encore un jour ou deux ». Et a contra­rio, pour qu’il n’y ait pas de lit inoc­cu­pé, on va gar­der des patients plus long­temps qu’il ne faut. C’est bien la logique de la fac­tu­ra­tion qui prime sur celle du soin. Le dis­cours avan­cé est qu’une sor­tie de l’hô­pi­tal est béné­fique aux per­sonnes, par exemple pour réduire des risques d’in­fec­tions, que « la san­té ce n’est pas for­cé­ment l’hô­pi­tal » et que des ser­vices post-hos­pi­ta­li­sa­tion, en ambu­la­toire comme en rési­den­tiel, peuvent très bien prendre le relais. Encore fau­drait-il qu’en hos­pi­ta­lier on puisse faire du tra­vail de qua­li­té, et que les ser­vices extra-hos­pi­ta­liers existent et qu’ils soient cor­rec­te­ment financés.

[Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le collectif Krasnyi]

Leila : Sortir de l’hos­pi­ta­lier pour l’am­bu­la­toire, sans mettre les moyens pour que l’am­bu­la­toire soit effi­cient, ce n’est ni plus ni moins qu’une éco­no­mie qui ne dit pas son nom et qui se drape de beaux pré­textes. On l’a bien vu avec la réforme de la san­té men­tale : on a uti­li­sé le pré­texte — tout à fait noble — de dés­ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de la psy­chia­trie. Des lits ont été gelés, le nombre d’é­qui­va­lents temps plein « libé­rés » étaient épar­pillés sur une pro­vince entière pour mettre en place des uni­tés mobiles. Concrètement, on a des soi­gnants qui font face à de très grosses pres­sions, qui doivent gérer des per­sonnes en crise, seul ou à deux. Là où, avant, ça pou­vait se faire dans le ser­vice hos­pi­ta­lier qui réunit bien plus de moyens. Surtout, un très grand nombre des per­sonnes souf­frant de troubles psy­chia­triques sévères se retrouvent tout sim­ple­ment à la rue, en train de men­dier. Ça génère une forme de mar­chan­di­sa­tion cachée : l’ex­tra-hos­pi­ta­lier est sou­vent mis en place par une sous-trai­tance en cas­cade, on ne peut pas le taire. Avec la com­pli­ci­té du ministre de la san­té Maggie de Block, des pro­to­coles mais sur­tout des réseaux et cir­cuits de soins sont éta­blis, der­rière le mar­ché de la fac­tu­ra­tion à l’acte. Dans le monde des ser­vices de san­té sub­si­diés, il y a eu de plus en plus d’ap­pels d’offres de mar­ché public pour la logis­tique, les repas, etc. L’hôpital, c’est un peu comme un chan­tier dans le bâti­ment, où une cas­cade d’en­tre­prises inter­vient, en concur­rence. Le col­lec­tif des tra­vailleurs est bri­sé aus­si par cette manière. C’est cen­tral dans La san­té en lutte où l’on essaie de faire sau­ter ces bar­rières, où l’on refuse de fonc­tion­ner en sui­vant une grille de lec­ture soit cor­po­ra­tiste soit interne à l’entreprise.

« Sortir de l’hos­pi­ta­lier pour l’am­bu­la­toire, sans mettre les moyens pour que l’am­bu­la­toire soit effi­cient, ce n’est ni plus ni moins qu’une éco­no­mie qui ne dit pas son nom. »

Alice : J’ai vu en effet des col­lègues se for­mer à des spé­cia­li­tés utiles à l’hô­pi­tal — comme à la sté­ri­li­sa­tion — perdre ensuite leur emploi dans le pro­ces­sus d’ex­ter­na­li­sa­tion. Les béné­fices de ces exter­na­li­sa­tions et sous-trai­tance ne vont pas à l’hô­pi­tal. Et sur­tout, ce n’est pas du tout pra­tique au quotidien.

Le col­lec­tif Inter Urgences en France avance qu’il faut une coges­tion de l’hô­pi­tal. Qui décide et qui est à même de déci­der de l’or­ga­ni­sa­tion des ser­vices de santé ?

Alice : On est en lien avec le col­lec­tif Inter Urgences de France, qu’on a invi­té ici lors d’une soi­rée d’é­changes que l’on avait orga­ni­sée en octobre der­nier. La situa­tion en France est dif­fé­rente, bien pire d’ailleurs qu’en Belgique. On par­tage une concep­tion d’une ges­tion plus hori­zon­tale de l’hôpital.

Leila : On a aus­si été en contact par rap­port à la mise sur pied de notre par­ti­ci­pa­tion à une plainte col­lec­tive contre la ges­tion de cette crises sani­taire, covidplainte.be, à l’ins­tar de l’i­ni­tia­tive plaintecovid.fr à laquelle par­ti­cipe le col­lec­tif Inter Urgences. On a vou­lu s’as­su­rer d’une cohé­rence entre leur action et la nôtre, on compte bien main­te­nir ces contacts et les étendre au niveau euro­péen. Dans les 20 reven­di­ca­tions vali­dées par La san­té en lutte, il y en a une qui dépasse la ques­tion de la ges­tion de l’hô­pi­tal : la poli­tique de la san­té doit impé­ra­ti­ve­ment inclure les pro­duc­teurs de soins de san­té — les soi­gnants, certes, mais pas uni­que­ment : les gens qui tra­vaillent à la logis­tique sont aus­si des pro­duc­teurs de san­té — et les usa­gers de san­té. Si seuls les pro­duc­teurs de san­té décident, on est un peu juge et par­tie. Si les usa­gers par­ti­cipent aus­si aux déci­sions, on est obli­gés de tenir compte des inté­rêts de cha­cun pour faire émer­ger un inté­rêt commun.

[Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le collectif Krasnyi]

Suite à la ges­tion de la pan­dé­mie, une crise finan­cière va frap­per tous les hôpi­taux publics. L’argent déblo­qué par les États euro­péens — ici, la Belgique — appor­te­ra-t-il une réelle solution ?

Alice : Les hôpi­taux ont de l’argent via l’INAMI, via les actes tech­niques rem­bour­sés. Pendant la crise, toute une série d’actes n’ont pas eu lieu, ont été annu­lés : des radios, des endo­sco­pies, etc. Et donc une chute libre dans les entrées d’argent. Au contraire, on avait sur­tout des malades chro­niques, des hos­pi­ta­li­sa­tions longues, qui sont les soins qui amènent le moins de finan­ce­ment. Et le gou­ver­ne­ment a pro­po­sé une avance d’argent, d’un mil­liard d’eu­ros, mais on parle bien d’une avance à rem­bour­ser. Fin 2019, suite aux mou­ve­ments de contes­ta­tion des soi­gnants (grèves dans les hôpi­taux bruxel­lois et mar­dis des blouses blanches), il y a eu la créa­tion du fond des Blouses blanches qui cor­res­pond à 400 mil­lions d’eu­ros par an : il vise notam­ment des embauches de soi­gnants, mais, rap­por­té à l’en­semble du ter­ri­toire natio­nal et des hôpi­taux, c’est ridi­cule. Il faut être atten­tif au dis­cours qui parle de pénu­rie de soi­gnants : soit elle est orga­ni­sée par l’État — on pense notam­ment aux quo­tas d’é­tu­diants en méde­cine, qui ne répond qu’aux inté­rêts d’une méde­cine libé­rale qui va défendre son pré car­ré, sa marge béné­fi­ciaire, on ne sau­rait le nom­mer autre­ment —, soit elle est fausse. Le nombre d’in­fir­mières diplô­mées, par exemple, est éle­vé. Mais la durée de car­rière d’une infir­mière en hôpi­tal est de 7 à 10 ans, un tiers de car­rière nor­male ! C’est inte­nable plus long­temps, au vu des condi­tions de tra­vail. Je parle du tra­vail en lui-même (tra­vail phy­sique, intel­lec­tuel et émo­tion­nel) mais aus­si de son orga­ni­sa­tion : les nuits d’af­fi­lées, le tra­vail un week-end sur deux, les chan­ge­ments de pause conti­nuels, etc., il faut tenir ça dans la durée, c’est épui­sant. Soit les gens changent de tra­vail au bout d’un cer­tain temps, soit ils réduisent leur temps de tra­vail. Pendant la crise Covid-19, on a vu un nombre impor­tant d’an­ciennes col­lègues, d’an­ciennes infir­mières, qui sont venues prê­ter main forte. Et ce sont des per­sonnes qui ont 10 ans d’ex­pé­rience — ça se perd, alors que c’est précieux.

« Le gou­ver­ne­ment a pro­po­sé une avance d’argent, d’un mil­liard d’eu­ros, mais on parle bien d’une avance à rembourser. »

Leila : Un des élé­ments-clés que La san­té en lutte citait pen­dant la crise : en Belgique nous sommes pas­sés d’un taux de plus de neuf lits par 1 000 habi­tants à six. Cette chute s’est faite en plu­sieurs étapes, la der­nière remonte à quatre ans, quand des mil­liers de lits d’hô­pi­tal ont fer­mé en Belgique. C’était déjà Sophie Wilmès4 qui était aux com­mandes : après avoir diri­gé les coupes bud­gé­taires et les attaques des ser­vices de san­té, qu’elle a signé de ses propres mains, elle vient jouer la grande sauveuse.

Alice : En plus du fond Blouses blanches, il y a aus­si une pro­messe de 600 mil­lions d’eu­ros pour de la reva­lo­ri­sa­tion sala­riale. Il faut ici par­ler de l’IFIC.

Leila : Oui ! Il s’a­git d’une autre attaque, gra­vis­sime. Les soins de san­té ont fait l’ob­jet d’une pre­mière expé­ri­men­ta­tion, qui s’ap­pelle la clas­si­fi­ca­tion de fonc­tions (IFIC). Il s’a­git d’une modi­fi­ca­tion de la grille de lec­ture de la pro­gres­sion sala­riale. Jusqu’à main­te­nant, elle était basée sur l’an­cien­ne­té de la per­sonne sala­riée, avec des petits sauts toutes les X années. Dans cette pre­mière logique, le salaire est éta­bli en fonc­tion d’un poste de tra­vail, lui-même attri­bué sur base d’un métier, d’une qua­li­fi­ca­tion, d’une cer­ti­fi­ca­tion de diplôme. Depuis cette expé­ri­men­ta­tion, c’est en terme de fonc­tions que la grille évo­lue, et on peut attri­buer trois fonc­tions à un même pro­fes­sion­nel. Mon exemple : je suis ergo­thé­ra­peute, mais pen­dant un temps je peux dédier une par­tie de mon temps de tra­vail à la rédac­tion de rap­port (fonc­tion secré­ta­riat). Mon employeur peut déci­der de qua­li­fier ma fonc­tion prin­ci­pale à ergo­thé­ra­peute, à 70 %, puis à secré­taire à 20 %, et comme je peux être ame­née à faire du ménage parce que l’agent d’en­tre­tien n’a pas la pos­si­bi­li­té de faire tout ce qui est néces­saire (du fait pour lui aus­si des condi­tions de tra­vail et moyens mis à dis­po­si­tion), on peut déci­der qu’à 10 % de mon temps de tra­vail, je fais de l’en­tre­tien. Attribuer trois fonc­tions dif­fé­rentes à un même sala­rié, c’est faire inter­ve­nir des échelles baré­miques dif­fé­rentes selon la fonc­tion. C’est l’employeur qui décide de la pro­por­tion des fonc­tions pour chaque employé, et si ce der­nier n’est pas d’ac­cord il doit intro­duire un recours, interne, qui n’a pas valeur obli­ga­toire et que donc l’employeur peut refu­ser. C’est une main­mise sur les grilles de salaires qui, par­tant d’une ges­tion pari­taire, vient de filer dans les mains du patro­nat. Le plus dou­lou­reux, c’est la vio­la­tion fla­grante sur le plan syn­di­cal. Normalement, toute déci­sion est éla­bo­rée et prise au sein de la com­mis­sion pari­taire, qui peut éta­blir toute la légis­la­tion sociale d’un sec­teur. Toute dis­cus­sion en com­mis­sion pari­taire se veut trans­pa­rente, des pro­cès-ver­baux acces­sibles sont éta­blis. Ici, une asso­cia­tion sans but lucra­tif a été créée, réunis­sant repré­sen­tants syn­di­caux et patro­nat, où l’ou­til IFIC a été éla­bo­ré. Nous n’a­vons aucune trace des échanges. La com­mis­sion pari­taire a uni­que­ment fait office de chambre d’en­re­gis­tre­ment. C’est pour moi très grave, et c’est un rapt sur le plan de la démo­cra­tie syn­di­cale. C’est une expé­ri­men­ta­tion qui vaut pour les soins de san­té à l’hô­pi­tal, la pro­chaine étape sera sans doute en ambu­la­toire, pour d’autres sec­teurs que la san­té puis pour l’en­tiè­re­té du mar­ché de l’emploi.

[Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le collectif Krasnyi]

Alice : Nous qui tra­vail­lions déjà, on avait le choix de bas­cu­ler sur cette grille ou non, et les syn­di­cats nous l’ont décon­seillé. Elle est impo­sée à toute per­sonne qui signe un nou­veau contrat de tra­vail dans la com­mis­sion pari­taire des soins de san­té hos­pi­ta­liers. Les per­sonnes déjà en poste lors de la signa­ture de la conven­tion col­lec­tive ont dû signer un ave­nant à leur contrat pour choi­sir entre l’an­cienne et la nou­velle grille sala­riale. L’arnaque de la grille sala­riale IFIC, c’est de paraître allé­chante au début de la car­rière (les salaires des pre­mières années sont plus éle­vés que leur équi­valent sur l’an­cienne grille sala­riale), mais son évo­lu­tion est faible — elle devient très vite moins avan­ta­geuse. Cette modi­fi­ca­tion n’au­rait pas pu s’im­po­ser aux sala­riés déjà en poste du fait du prin­cipe de stand­still5 garan­ti par l’ar­ticle 23 de la Constitution.

Il faut réus­sir à être atten­tifs à un ensemble de choses ren­dues tou­jours moins lisibles…

« On ne sai­sit ni ce qu’il se passe, ni ce contre quoi on doit lut­ter. On se sent dépos­sé­dé de choses extrê­me­ment impor­tantes, qui nous concernent directement. »

Alice : Ça me fait pen­ser à nos fiches de paie, qui deviennent tou­jours plus illi­sibles. Il fau­drait se for­mer pour savoir les lire, main­te­nant. On a besoin des uns et des autres pour y voir plus clair — le col­lec­tif La san­té en lutte vise éga­le­ment ça. On ne sai­sit ni ce qu’il se passe, ni ce contre quoi on doit lut­ter. On se sent dépos­sé­dé de choses extrê­me­ment impor­tantes, qui nous concernent direc­te­ment. Encore un exemple : dans l’hô­pi­tal où je tra­vaille, il y a une accré­di­ta­tion Canada — une équipe de cana­diens qui vient ins­pec­ter l’hô­pi­tal et déci­der s’il faut amé­lio­rer cer­taines choses. Pourquoi ne demande-t-on pas aux tra­vailleurs et aux tra­vailleuses sur le ter­rain ? Ne sommes-nous pas à même de dire ce qui nous manque, ce qu’il fau­drait amé­lio­rer, main­te­nir ou chan­ger ? On ne nous concerte même pas, c’est vrai­ment insultant.

Leila : C’est de l’a­gno­to­lo­gie, de la fabri­ca­tion de l’i­gno­rance. C’est la mise en œuvre d’une dépos­ses­sion com­plète de nos savoirs. Quant à ces accré­di­ta­tions, elles fonc­tionnent comme des agences de nota­tion — elles n’ont pas d’autre but que de créer une forme de bench­mar­king au niveau hos­pi­ta­lier. Ce sont les outils du mana­ge­ment qui sont déployés dans toute leur vio­lence. C’est aus­si une façon de nous faire perdre la main sur l’or­ga­ni­sa­tion et le fonc­tion­ne­ment des soins de santé.

Vous avez lan­cé un appel à une grande mani­fes­ta­tion pour la san­té le 13 sep­tembre, qui sera rejoint par un bloc tra­vail social et un bloc loge­ment, notam­ment. Le mou­ve­ment s’étend ?

Alice : On avait ini­tia­le­ment lan­cé cet appel à mani­fes­ter pour le 29 mars : on est aux pre­mières loges, on sait ce qu’il se passe à l’hô­pi­tal et dans le sec­teur de la san­té depuis long­temps. On le dénonce. La crise Covid-19 a mis les pro­jec­teurs sur nous, tant sur ce qu’il se passe dans la san­té que sur nos reven­di­ca­tions. Nous ne sommes pas les seuls : le sec­teur du social, pour ne citer que celui-là, est lui aus­si lour­de­ment atta­qué. Tout est lié : de quelle san­té on parle si on n’a pas de logement ?

Leila : Ces der­nières semaines, on a eu la joie de voir notre appel à mani­fes­ter être rejoint par plu­sieurs orga­ni­sa­tions. Après le Gang des Vieux en Colère, le Collecti.e.f 8 maars et le col­lec­tif Travail Social en Lutte, il y a eu un bloc loge­ment, fémi­niste, puis aujourd’­hui un bloc queer, un bloc pom­piers, un bloc cli­mat, un bloc syn­di­cal… On par­tage toutes et tous la convic­tion que la san­té n’est pas hors-sol : elle est en cor­ré­la­tion étroite avec les condi­tions de vie, les condi­tions envi­ron­ne­men­tales. Elle est le pro­blème de cha­cun d’entre nous. Il est évident que la poli­tique de loge­ment a des impacts sur la san­té publique : s’ils sont man­quants, inadap­tés, insa­lubres. De même pour la poli­tique au niveau social — à par­tir du moment où on génère des situa­tions où des gens se retrouvent dans une telle pré­ca­ri­té qu’ils ne peuvent pas man­ger, ça ne peut qu’a­voir, entre autres choses, des réper­cus­sions immé­diates sur le plan sani­taire. On ne peut pas sup­por­ter une telle vio­lence sociale. La san­té en lutte veut faire sau­ter les fron­tières entre tra­vailleurs et tra­vailleuses du public et du pri­vé, entre sala­rié et indé­pen­dant, entre soi­gnants et autres per­sonnes qui tra­vaillent à la san­té, et entre les tra­vailleurs et les usa­gers de la san­té. Si on veut déve­lop­per une san­té pré­ven­tive, ça peut être une voie d’en­trée pour remettre en cause toute la pro­duc­tion économique.


Photographies de ban­nière et de vignette : Dominique Botte et Jérôme Peraya, pour le col­lec­tif Krasnyi | www.krasnyicollective.com


  1. Convention col­lec­tive du tra­vail du 26 octobre 2005.
  2. Institut National d’as­su­rance Maladie-Invalidité, équi­valent belge de la sécu­ri­té sociale.
  3. Se dit pour le ser­vice aux étages, en oppo­si­tion à celui des soins inten­sifs.
  4. Première Ministre belge de l’ac­tuel gou­ver­ne­ment d’af­faires cou­rantes, consti­tué fin octobre 2019 par une coa­li­tion mino­ri­taire de par­tis de centre et de droite, en l’ab­sence de gou­ver­ne­ment de plein exer­cice. Le 17 mars 2020, il est recon­duit pour gérer la crise sani­taire, en se voyant octroyé des « pou­voirs spé­ciaux » pour 6 mois.
  5. Principe appe­lé aus­si effet cli­quet, per­met­tant aux juri­dic­tions de contrô­ler que les auto­ri­tés ne font pas recu­ler de manière sub­stan­tielle la garan­tie des droits, sans jus­ti­fi­ca­tion suf­fi­sante tirée de l’in­té­rêt géné­ral.

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