La précarité, une nouveauté ?


« La vie, la san­té, l’a­mour sont pré­caires, pour­quoi le tra­vail échap­pe­rait à cette loi ? » lan­çait l’an­cienne pré­si­dente du Medef, Laurence Parisot. De fait : depuis un cer­tain temps, les pays sou­mis à la crois­sance capi­ta­liste connaissent, à l’ins­tar de la France, une mon­tée de la pré­ca­ri­té du tra­vail — nombre de CDD en hausse, déman­tè­le­ment du code du tra­vail, inver­sion de la hié­rar­chie des normes, etc. La notion de « pré­ca­riat » a été avan­cée pour décrire ces trans­for­ma­tions qui affectent les sala­riés. À l’i­mage des livreurs à vélo et des chauf­feurs Uber, les tra­vailleurs pré­caires consti­tue­raient une nou­velle classe sociale qui, dans l’a­na­lyse des rap­ports de pro­duc­tion et d’ex­ploi­ta­tion, vien­drait se sub­sti­tuer au pro­lé­ta­riat. Cette idée sous-entend que l’ins­ta­bi­li­té spé­ci­fique qui touche les pré­caires serait rela­ti­ve­ment récente : pour­tant, à mieux y regar­der, la pré­ca­ri­té est his­to­ri­que­ment inhé­rente au capi­ta­lisme et au mar­ché du tra­vail. Sa hausse signe d’a­bord un reflux et inter­roge le syn­di­ca­lisme sur la façon de la com­battre. ☰ Par Juan Sebastian Carbonell


Il existe aujourd’hui un large consen­sus autour du fait que le néo­li­bé­ra­lisme contri­bue à la pré­ca­ri­té du tra­vail. Depuis une qua­ran­taine d’années, les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs des pays déve­lop­pés ont fait pas­ser dif­fé­rentes mesures de « flexi­bi­li­sa­tion » du mar­ché du tra­vail. Ces mesures favo­risent prin­ci­pa­le­ment deux choses : tout d’abord, le recours à des contrats à durée déter­mi­née par les entre­prises ; ensuite, la faci­li­té pour les employeurs de licen­cier la main‑d’œuvre. Par exemple, en France, la créa­tion du contrat d’intérimaire date de 1972 : cen­sé être un contrat de rem­pla­ce­ment excep­tion­nel, il est deve­nu au fil des années un véri­table outil de « flexi­bi­li­té » entre les mains des employeurs. Dès qu’une entre­prise connaît une baisse de son acti­vi­té, elle ne renou­velle pas les contrats tem­po­raires, se débar­ras­sant ain­si d’une par­tie des employés sans avoir recours à une longue et ris­quée pro­cé­dure de licen­cie­ment col­lec­tif.

« La pré­ca­ri­té ronge pro­gres­si­ve­ment les rangs des syn­di­cats : dans cer­taines entre­prises, le noyau de tra­vailleurs stables est pro­gres­si­ve­ment rem­pla­cé par des tra­vailleurs tem­po­raires. »

Dans son célèbre livre, Le Précariat — Les dan­gers d’une nou­velle classe, l’économiste Guy Standing conclut que la divi­sion de la socié­té entre tra­vailleurs et capi­ta­listes n’est plus d’actualité au vu de l’émergence du pré­ca­riat comme classe située en des­sous du pro­lé­ta­riat. Tout sem­ble­rait donc indi­quer que les jours où la majo­ri­té de la main‑d’œuvre des grandes entre­prises était employée pour une durée indé­ter­mi­née sont révo­lus. L’apparition dans les rues des grandes métro­poles de livreurs à vélo tra­vaillant pour Deliveroo ou Foodora, de chauf­feurs Uber ou Lyft — dépen­dants des pla­te­formes pour leur tra­vail mais juri­di­que­ment indépendants1 — semble confir­mer l’effritement du sala­riat et la mon­tée de la pré­ca­ri­té. Comme l’ont mon­tré un grand nombre de tra­vaux, la pré­ca­ri­té a des effets néfastes sur la vie des indi­vi­dus : non seule­ment ces der­niers ont du mal à sub­ve­nir à leurs besoins à cause de la suc­ces­sion de périodes d’activité et de chô­mage, mais ils ont du mal à se pro­je­ter dans le futur, à louer un loge­ment, à suivre des for­ma­tions, etc. Enfin, la pré­ca­ri­té du tra­vail affai­blit les orga­ni­sa­tions syn­di­cales. Les tra­vailleurs tem­po­raires sont réti­cents à se syn­di­quer par peur que leur contrat ne soit pas renou­ve­lé. Dans le même temps, la pré­ca­ri­té ronge pro­gres­si­ve­ment les rangs des syn­di­cats : au sein de cer­taines entre­prises, le noyau de tra­vailleurs stables se voit pro­gres­si­ve­ment rem­pla­cé par des tra­vailleurs tem­po­raires. Les conflits de tra­vailleurs pré­caires ne sont pas inexis­tants, mais ils sont rares.

L’extension de la pré­ca­ri­té n’est pas sans dan­ger. Pour cer­tains, comme Guy Standing, la mon­tée des popu­lismes d’extrême droite en Europe ou aux États-Unis en est une consé­quence directe. En l’absence d’une véri­table alter­na­tive, la désta­bi­li­sa­tion des familles des classes popu­laires les pous­se­rait à cher­cher des cou­pables chez les pré­caires par­mi les pré­caires : les migrants, les chô­meurs, les LGBT, etc. La divi­sion des tra­vailleurs en une mul­ti­tude de sta­tuts n’a pour­tant rien de nou­veau : elle a exis­té sous diverses formes dans l’histoire du capi­ta­lisme — on pour­rait même dire qu’elle est fonc­tion­nelle aux dyna­miques du capi­ta­lisme. Quelle que soit la période que l’on consi­dère, il y a tou­jours eu une coexis­tence entre per­ma­nents et tem­po­raires.

[Benoist Van Borren]

Permanents et temporaires

Sous le capi­ta­lisme, la pré­ca­ri­té est en quelque sorte conte­nue dans la nature même du contrat du tra­vail. En prin­cipe, sur le plan du droit, un tra­vailleur est libre de négo­cier le prix de sa propre force de tra­vail à pied d’égalité avec son futur employeur. Cette concep­tion libé­rale veut que la rela­tion de tra­vail — qu’elle prenne la forme d’un contrat ou non — soit une tran­sac­tion com­mer­ciale entre sujets for­mel­le­ment égaux. Naturellement, cette éga­li­té dans le droit ne se tra­duit pas par une éga­li­té dans la vie réelle. Marx a fait de la cri­tique de ce droit « bour­geois » un des axes du Capital : le droit qui consacre la « liber­té du tra­vail » — liber­té du sala­rié de vendre sa force de tra­vail et liber­té de l’employeur d’employer qui­conque — penche tou­jours en faveur du capi­ta­liste, lequel peut rompre à tout moment le contrat com­mer­cial qui l’unit à ses ouvriers. Par exemple, en France, au moins jusqu’en 1890, tous les contrats étaient à durée déter­mi­née. Les patrons avaient le droit de licen­cier leurs sala­riés sans aucune indem­ni­té. Ce qui change à par­tir de cette période est la créa­tion, pour la pre­mière fois, des contrats « sans déter­mi­na­tion de durée » et des indem­ni­tés de licen­cie­ment.

« Le droit qui consacre la liber­té du tra­vail penche tou­jours en faveur du capi­ta­liste. »

Ce n’est que plus tard, au cours du XXe siècle, que le contrat de tra­vail a été asso­cié à un sta­tut pro­tec­teur. D’un côté, les employeurs ont vu un avan­tage éco­no­mique à fidé­li­ser une par­tie de la main‑d’œuvre (ratio­na­li­ser sa ges­tion peut être une manière de réduire des coûts pour les entre­prises, sta­bi­li­ser la main‑d’œuvre et ne pas avoir constam­ment à recher­cher de nou­veaux tra­vailleurs leur est ain­si utile) ; de l’autre, le mou­ve­ment ouvrier a conquis de haute lutte de nom­breux acquis sociaux, dont une rela­tive sta­bi­li­té de l’emploi. Bien sûr, cela a pris du temps. En France — sou­vent per­çue à l’étranger comme la patrie du mou­ve­ment ouvrier et de l’État pro­vi­dence —, en matière de pro­tec­tion face aux licen­cie­ments col­lec­tifs, il faut attendre les années 1960 pour que soient mises en place des mesures de pro­tec­tion des tra­vailleurs. En 1966 est ain­si ins­tau­rée l’information-consultation des comi­tés d’entreprise dans le cas de restruc­tu­ra­tions d’entreprises, et, trois ans plus tard, sont intro­duites trois mesures impor­tantes visant à limi­ter les effets des restruc­tu­ra­tions, les reclas­se­ments, les pré-retraites et les com­pen­sa­tions éco­no­miques aux licen­cie­ments. Celles-ci cherchent à orien­ter l’employeur vers des alter­na­tives aux licen­cie­ments « secs ».

On voit bien que l’idée d’un emploi stable et de longue durée est rela­ti­ve­ment nou­velle dans l’histoire du capi­ta­lisme. Ces mesures n’ont été pos­sibles que grâce à un rap­port de force favo­rable au mou­ve­ment ouvrier et un contexte éco­no­mique spé­ci­fique, celui de la crois­sance d’après-guerre. Une fois ces condi­tions dis­pa­rues, l’existence d’emplois à durée indé­ter­mi­née est appa­rue plu­tôt comme une « paren­thèse » de courte durée. Le contrat de tra­vail est, en effet, de moins en moins asso­cié à une pro­tec­tion face aux aléas du mar­ché. Aujourd’hui, les gou­ver­nants et les employeurs reprennent le voca­bu­laire de la « mobi­li­té » et de la « liber­té » des indi­vi­dus à chan­ger d’emploi pour jus­ti­fier les réformes de flexi­bi­li­sa­tion du mar­ché du tra­vail. Le plus sou­vent, les syn­di­cats érigent les Trente Glorieuses comme période où la pré­ca­ri­té était mar­gi­nale. Pourtant, l’emploi était-il si stable que cela ? Les théo­ri­ciens de la « dua­li­té du mar­ché du tra­vail » Peter B. Doeringer et Michael J. Piore ont mon­tré que les choses étaient plus com­pli­quées, et que même dans les socié­tés de plein emploi, cer­tains sec­teurs du sala­riat n’échappaient pas à la précarité2. Dans cette ana­lyse, le mar­ché du tra­vail est divi­sé en (au moins) deux seg­ments, entre un mar­ché du tra­vail pri­maire et un mar­ché du tra­vail secon­daire. Dans le pre­mier, les salaires sont plus éle­vés, les emplois sont qua­li­fiés et la sta­bi­li­té de l’emploi est impor­tante ; dans le second, au contraire, les salaires sont faibles, les emplois néces­sitent peu de qua­li­fi­ca­tions, si ce n’est aucune : il n’y a pas de sta­bi­li­té et le tur­no­ver de la main‑d’œuvre est éle­vé.

[Benoist Van Borren]

Certaines indus­tries sont plus expo­sées que d’autres à la pré­ca­ri­té. Par exemple, l’industrie auto­mo­bile connaît un fonc­tion­ne­ment sai­son­nier : pen­dant les périodes de crise, des cen­taines de tra­vailleurs inté­ri­maires (sou­vent jeunes et fils d’immigrés) sont « ren­voyés » d’un jour à l’autre, pour reve­nir seule­ment quelques mois plus tard, une fois la vente de voi­tures repar­tie à la hausse. À l’u­sine, tout le monde — des employeurs aux syn­di­cats, en pas­sant par les ouvriers eux-mêmes — consi­dère que cet état de fait est nor­mal. De plus, les nou­velles indus­tries, comme celles du sec­teur logis­tique, dépendent aus­si d’une main‑d’œuvre « flot­tante ». Parfois, les condi­tions de tra­vail sont si dif­fi­ciles, et les salaires si bas, que les employeurs sont conscients qu’aucun inté­ri­maire ne res­te­ra au-delà de quelques mois. La bar­rière entre les deux mar­chés du tra­vail est plu­tôt étanche et le pas­sage d’un mar­ché à un autre rela­ti­ve­ment dif­fi­cile. Cette dua­li­té du mar­ché du tra­vail — cer­tains parlent même de « balkanisation3 » — veut donc que sta­bi­li­té de l’emploi et pré­ca­ri­té coexistent de manière nor­male au sein de l’économie de mar­ché. Cette idée n’a rien de fon­da­men­ta­le­ment contre-intui­tif. En France, on estime aujourd’hui que sur 32 mil­lions de per­sonnes ayant occu­pé un emploi sur l’année, envi­ron sept mil­lions appar­tiennent au mar­ché du tra­vail secondaire4. Sans sur­prise, il s’agit le plus sou­vent de jeunes, de femmes et d’immigrés.

Différentes formes historiques de précarité

« La pré­ca­ri­té n’a donc rien d’exceptionnel sous le capi­ta­lisme. Elle n’a rien de nou­veau non plus. »

Dans les années 1930, le contrat de tra­vail n’était tou­jours pas une pro­tec­tion contre le licen­cie­ment dans le sec­teur de la vente en maga­sin. L’historienne fran­çaise Anne-Sophie Beau rap­pelle que le droit du tra­vail nais­sant ne s’était inté­res­sé qu’aux ouvriers, et non aux employés5. Elle montre que jusqu’en 1936, les contrats des sala­riées du Grand Bazar de Lyon pou­vaient être rom­pus du jour au len­de­main, sans pré­avis ni indem­ni­té. Deux types d’emplois se côtoyaient : les « titu­laires », qui béné­fi­ciaient d’un salaire men­sua­li­sé et de huit jours de pré­avis en cas de licen­cie­ment ; les « auxi­liaires », lar­ge­ment majo­ri­taires, et dont la rému­né­ra­tion était jour­na­lière. La pré­ca­ri­té n’est limi­tée qu’à par­tir de 1936 avec les pre­miers contrats col­lec­tifs, mais elle ne dis­pa­raît pas pour autant, notam­ment parce que le patro­nat éla­bore des stra­té­gies de contour­ne­ment du droit du travail6.

On peut remon­ter plus tôt dans l’Histoire pour consta­ter d’autres formes de pré­ca­ri­té. Au XIXe siècle, alors que le tra­vail du fer était encore au cœur de l’activité de cer­tains vil­lages, forges et exploi­ta­tions agri­coles fonc­tion­naient ensemble. Cela ins­ti­tuait une divi­sion entre ouvriers « externes », nom­breux, sou­vent pay­sans, employés seule­ment l’hiver aux tâches les plus simples, et ouvriers « internes », mino­ri­taires, for­ge­rons, pud­dleurs, lami­neurs, etc., ayant un métier et employés tout au long de l’année7. On peut remon­ter encore plus loin, à l’aube même de la socié­té indus­trielle : il y a tou­jours eu divi­sion entre per­ma­nents et tem­po­raires. La socié­té issue de la Révolution fran­çaise n’oppose pas binai­re­ment ouvriers et patrons ; elle met en place un cadre juri­dique en faveur du mar­chan­dage (put­ting out sys­tem), où un ouvrier « entre­pre­neur » engage d’autres ouvriers, sou­vent de sa propre famille (mais pas exclu­si­ve­ment), pour par­ti­ci­per à la réa­li­sa­tion d’un ouvrage. Autrement dit : si, d’un côté, on retrouve des manu­fac­tures où un fabri­quant pos­sède des machines et des matières pre­mières, de l’autre, on retrouve l’ouvrier-entrepreneur qui reçoit les matières pre­mières et sous-traite le tra­vail à « ses » ouvriers afin de les faire tra­vailler chez lui ou chez le fabri­cant.

[Benoist Van Borren]

Comme le rap­pelle le socio­logue Claude Didry, le mar­chan­dage a eu une longue vie et il est très pré­sent dans les mines jusqu’à la fin du XIXe siècle8. On le trouve décrit dans Germinal, célèbre roman d’Émile Zola. Un « chef de mar­chan­dage » embauche Étienne Lantier, héros du livre, avec d’autres ouvriers pour le tra­vail dans la mine. Le chef de mar­chan­dage se trouve en concur­rence avec d’autres chefs sur le prix de la ber­line de char­bon, pous­sant les ouvriers au ren­de­ment et fai­sant pres­sion sur le salaire.

Plateformes numériques : des incubateurs de précarité

« Les luttes de pré­caires étonnent sou­vent par leur déter­mi­na­tion, ou parce qu’elles appa­raissent là où on ne les attend pas. »

Les péti­tions et les grèves se suc­cèdent pour deman­der l’abolition du mar­chan­dage. Il est offi­ciel­le­ment abo­li par la révo­lu­tion de 1848 ; pour­tant, comme on l’a vu, le mar­chan­dage et l’entre exploi­ta­tion ouvrière per­durent jusqu’à la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Plus d’un cher­cheur a éta­bli un paral­lèle entre le mar­chan­dage et le tra­vail pour Uber, Deliveroo ou Amazon Mechanical Turk9 : un contrat for­mel ou infor­mel est conclu par l’intermédiaire d’une pla­te­forme numé­rique ayant pour objet un tra­vail (la livrai­son d’un repas, la conduite d’une voi­ture, une tra­duc­tion, etc.). Si, autre­fois, c’était un autre ouvrier-entre­pre­neur qui orga­ni­sait le tra­vail des autres ouvriers, aujourd’hui, c’est la pla­te­forme numé­rique.

Le fait que la pré­ca­ri­té ne soit pas un phé­no­mène nou­veau ne veut pas dire qu’elle ne pro­gresse pas, ou que rien ne doive être fait pour l’endiguer. Les luttes de pré­caires étonnent sou­vent par leur déter­mi­na­tion, ou parce qu’elles appa­raissent là où on ne les attend pas. Si elles sont sou­vent menées sans la pré­sence ou le sou­tien des syn­di­cats, elles finissent par trou­ver en eux un appui pré­cieux. En France, les chauf­feurs Uber se sont d’abord orga­ni­sés dans des asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles, puis ont rejoint dif­fé­rents syn­di­cats. Il en va de même pour les livreurs de repas, syn­di­qués au terme de plu­sieurs grèves. Plutôt que de consi­dé­rer le pré­ca­riat comme un sta­tut qui pour­rait oppo­ser les tra­vailleurs entre eux, il convient, dès lors, de com­prendre com­ment les pré­caires sont, aujourd’­hui, en train de contri­buer à recom­po­ser le pay­sage syn­di­cal.


Ce texte a éga­le­ment paru sur le site de Jacobin en avril 2020, tra­duit en anglais pour l’oc­ca­sion.
Phototographies de ban­nière et de vignette : Benoist Van Borren


REBONDS

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☰ Lire notre entre­tien avec Philippe Martinez : « Qui est moderne et qui est rin­gard ? », décembre 2016
☰ Lire notre article « Associations : faire face à l’offensive des entre­pre­neurs sociaux », Pablo Sevilla, mai 2016

  1. Début mars, la Cour de cas­sa­tion a tou­te­fois requa­li­fié le contrat d’un tra­vailleur Uber en contrat de tra­vail, consi­dé­rant comme « fic­tif » son sta­tut de tra­vailleur indé­pen­dant. Cette déci­sion pour­rait remettre en cause le modèle de la pla­te­forme.
  2. P. B. Doeringer et M. J. Piore, Internal Labor Markets and Manpower Analysis, Lexington, 1971.
  3. A. Perrot, Les Nouvelles théo­ries du mar­ché du tra­vail, La Découverte, 1992.
  4. C. Picart, « Trois seg­ments pour mieux décrire le mar­ché du tra­vail », Insee Références, 2017.
  5. A.-S. Beau, « Les sala­rié-e‑s du grand com­merce : des “employé-e‑s” ? Les par­cours pro­fes­sion­nels des sala­rié-e‑s du Grand Bazar de Lyon aux 19e et 20e siècles », Travail, genre et socié­tés, vol. 8, n° 2, p. 55–72, 2002.
  6. Voir aus­si : A.-S. Beau, Un siècle d’emplois pré­caires — Patron-ne‑s et sala­rié-e‑s dans le grand com­merce (XIXeXXe siècles), Payot, 2004.
  7. G. Noiriel, « Du patro­nage au pater­na­lisme : la restruc­tu­ra­tion des formes de domi­na­tion de la main-d’œuvre ouvrière dans l’in­dus­trie métal­lur­gique fran­çaise », Le Mouvement social, n° 144, pp. 17–35, 1988.
  8. C. Didry, L’Institution du tra­vail — Droit et sala­riat dans l’histoire, La Dispute, 2016.
  9. Plateforme de micro-tra­vail lan­cé en 2005 par Amazon : des « tra­vailleurs du clic » effec­tuent des micro-tâches répé­ti­tives pour ana­ly­ser, pro­duire et four­nir de l’in­for­ma­tion uti­li­sée par les entre­prises high tech et pour le déve­lop­pe­ment de l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle.
Juan Sebastian Carbonell
Juan Sebastian Carbonell

Docteur en sociologie et enseignant à l'université. Il se spécialise dans le temps de travail et l'automatisation du travail.

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