Ken Loach : mise au point


Quelle ne fut pas notre sur­prise en décou­vrant « l’af­faire Ken Loach », fin sep­tembre : le réa­li­sa­teur bri­tan­nique — qui nous avait per­mis d’or­ga­ni­ser une soi­rée mili­tante autour de son der­nier film, Moi, Daniel Blake — aurait, au micro de la BBC, fait preuve de néga­tion­nisme ou, à tout le moins, de com­plai­sance à son endroit. Ce qu’il dément for­mel­le­ment. Il ne s’é­tait pas encore expri­mé dans un média fran­çais ; l’oc­ca­sion d’une mise au point.


L’entretien est dis­po­nible sur Internet — la séquence se déroule le 26 sep­tembre 2017. La jour­na­liste Jo Coburn prie le cinéaste de rebon­dir sur les pro­pos tenus par l’ac­ti­viste amé­ri­ca­no-israé­lien Miko Peled lors d’un mee­ting en marge du congrès annuel du Parti tra­vailliste. À savoir qu’il devrait être pos­sible, au nom de la liber­té d’ex­pres­sion, de par­ler de tout sans limites aucunes, sans judi­cia­ri­sa­tion, Holocauste com­pris. Après avoir défen­du Jeremy Corbyn et cer­ti­fié qu’il n’a­vait jamais enten­du de pro­pos anti­sé­mites au sein des ras­sem­ble­ments de gauche, Loach coupe la jour­na­liste et assure qu’il n’a jamais été ques­tion, lors de ce débat, de nier l’exis­tence du géno­cide ; la jour­na­liste reprend et lui demande s’il est à ses yeux accep­table ou non de dis­cu­ter de cette ques­tion ; Loach rétorque, de façon prin­ci­pielle et glo­bale, n’ayant pas assis­té à l’é­change : « Je pense que l’Histoire est là pour être dis­cu­tée par nous tous. Toute l’Histoire est notre héri­tage com­mun et existe pour être débat­tue et ana­ly­sée. » Puis embraie sur les fon­da­tions meur­trières de l’État israé­lien, à par­tir de 1947. Formulation mal­adroite, à l’é­vi­dence : si le débat sur la per­ti­nence d’une liber­té d’ex­pres­sion abso­lue (telle que la reven­dique par exemple Noam Chomsky1À la seule condi­tion, selon lui, qu’elle n’ap­pelle pas à la vio­lence phy­sique à l’en­droit des per­sonnes — « Je consi­dère la loi Gayssot comme com­plè­te­ment illé­gi­time et en contra­dic­tion avec les prin­cipes d’une socié­té libre, tels qu’ils ont été com­pris depuis les Lumières. Cette loi a pour effet d’accorder à l’État le droit de déter­mi­ner la véri­té his­to­rique et de punir ceux qui s’écartent de ses décrets, ce qui est un prin­cipe qui nous rap­pelle les jours les plus sombres du sta­li­nisme et du nazisme. » (Communiqué, 5 sep­tembre 2010).) est légi­time, il doit, en amont, s’ins­tau­rer sur des bases claires dès lors que l’on offi­cie dans le champ de l’é­man­ci­pa­tion. Face au tol­lé inter­na­tio­nal, le cinéaste s’est empres­sé, en anglais, de pré­ci­ser sur Twitter : « L’Holocauste est aus­si réel que la Seconde Guerre mon­diale elle-même et ne peut être remis en cause. Mais l’Histoire appar­tient à nous tous. Seul un esprit retors ose­rait sug­gé­rer que je puisse sou­te­nir des révi­sion­nistes, qui nient l’Holocauste. Il est en soi remar­quable que je sois contraint de le pré­ci­ser — un signe de l’époque ? » Puis, ailleurs, d’in­sis­ter : qui­conque nie Auschwitz serait prêt à repro­duire cette expé­rience.


Revenons d’emblée sur cette polé­mique : quelle posi­tion avez-vous clai­re­ment défen­due ?

J’ai été accu­sé de vou­loir légi­ti­mer des théo­ries néga­tion­nistes. C’est évi­dem­ment faux, je n’ai jamais dit ça. Une per­sonne [la jour­na­liste Jo Coburn] a cité une autre inter­view, d’une autre per­sonne [l’ac­ti­viste Miko Peled]. Je ne savais pas ce qui avait été dit, je ne savais pas ce que je devais défendre ou condam­ner et je me suis conten­té de géné­ra­li­ser. Ces paroles ont ensuite été détour­nées, lais­sant ima­gi­ner une tolé­rance de ma part pour les théo­ries néga­tion­nistes. C’est abso­lu­ment faux. L’Holocauste est une réa­li­té his­to­rique de la Seconde Guerre mon­diale. Mais pré­tendre que le sujet ne peut faire l’ob­jet de débats est une erreur. L’Holocauste fait constam­ment l’ob­jet de débats et cela est légi­time. Cet évé­ne­ment est évo­qué dans les musées, les films, les jour­naux, les livres. C’est aus­si le cas de la guerre, de la mon­tée du fas­cisme et de ceux qui ont sou­te­nu ces régimes, thème moins lar­ge­ment dis­cu­té car il revien­drait à par­ler des grandes entre­prises [com­plices des­dits régimes, ndlr]…

Vous êtes, par ailleurs, poin­té du doigt sur le sujet depuis votre pièce Perdition, à la fin des années 1980. Estimez-vous qu’il soit plus dif­fi­cile aujourd’­hui d’af­fi­cher sa soli­da­ri­té avec le peuple pales­ti­nien ?

« Ces paroles ont ensuite été détour­nées, lais­sant ima­gi­ner une tolé­rance de ma part pour les théo­ries néga­tion­nistes. C’est abso­lu­ment faux. »

Je crois que les choses évo­luent. La pièce Perdition que vous évo­quez a été écrite par Jim Allen, un grand socia­liste, un magni­fique écri­vain et un homme issu de la classe ouvrière de Manchester. Il a écrit cette pièce en s’ins­pi­rant d’é­vé­ne­ments qui se sont dérou­lés en Hongrie juste avant la Seconde Guerre mon­diale. Rudolf Kastner, par­ti­san du mou­ve­ment sio­niste, avait pas­sé un accord éta­blis­sant que cer­tains Juifs seraient auto­ri­sés à s’é­chap­per en mon­tant à bord de trains pour par­tir s’ins­tal­ler en Palestine et que des mil­liers d’autres devraient prendre des trains en direc­tion des camps d’ex­ter­mi­na­tion, sans connaître leur des­ti­na­tion finale. La pièce était un débat autour de ces évé­ne­ments. Le fait même d’a­bor­der le sujet nous a valu des attaques. On a été accu­sés d’an­ti­sé­mi­tisme, de racisme et de légi­ti­mi­sa­tion de meurtres rituels, vieux de plu­sieurs siècles. La pièce a été cen­su­rée par la Royal Court Theatre, qui sou­te­nait jus­qu’a­lors le théâtre d’au­teur : ils l’ont cen­su­rée à la suite des attaques du jour­nal Jewish Chronicle. Bien enten­du, comme tou­jours, ce sont des Juifs qui sont inter­ve­nus pour nous défendre. Il s’a­gis­sait de per­sonnes qui ont com­pris que la pièce trai­tait avant tout de la ques­tion juive — ils ont magni­fi­que­ment défen­du cette pièce de théâtre. Depuis lors, je suis dans la ligne de mire. Aujourd’hui, il semble que toute per­sonne pre­nant par­ti pour les Palestiniens soit poin­tée du doigt. J’estime qu’il ne s’a­git de rien d’autre que de défendre des droits élé­men­taires, en disant qu’ils s’ap­pliquent à tous, et que les Palestiniens ont le droit de vivre en paix et en sécu­ri­té chez eux, comme tout un cha­cun.

Le contexte s’est alour­di ; je crois que le pro­blème est que l’en­semble de nos gou­ver­ne­ments, aux États-Unis, au Royaume-Uni et par­tout en Europe, s’en­tendent pour orga­ni­ser l’op­pres­sion en pas­sant des accords avec Israël. Les accords com­mer­ciaux res­tent le prin­ci­pal pro­blème, mais c’est aus­si lié aux affaires cultu­relles et spor­tives. Israël par­ti­cipe aux com­pé­ti­tions de foot­ball euro­péennes ! C’est très curieux, ce n’est pas le cas de l’Égypte, du Liban, de l’Algérie, ou du Maroc. Israël est au Moyen-Orient, com­ment ce pays peut-il par­ti­ci­per aux com­pé­ti­tions de foot­ball euro­péennes ? On peut aus­si par­ler du concours de chan­sons de l’Eurovision. Que fait Israël dans ce concours ? On connaît la réponse, cela fait par­tie de l’of­fen­sive cultu­relle visant à dire qu’Israël est une démo­cra­tie occi­den­tale. Évidemment, cha­cun sait que ce pays ne res­pecte pas les lois inter­na­tio­nales, les Conventions de Genève, sub­ti­lise la terre appar­te­nant à un autre peuple et har­cèle les Palestiniens au quo­ti­dien. Mais comme la cam­pagne contre Israël est plus lar­ge­ment sou­te­nue et comme le mou­ve­ment de boy­cott a aus­si gagné en popu­la­ri­té, il y a aujourd’­hui une offen­sive d’Israël et de ses sou­tiens à l’Ouest pour mar­gi­na­li­ser l’i­dée d’un boy­cott, pour calom­nier tous ceux qui se rangent aux côtés des Palestiniens. Donc oui, c’est deve­nu dif­fi­cile.

(Par Claire Thomas)

Certains mili­tants du mou­ve­ment BDS [Boycott, dés­in­ves­tis­se­ment, sanc­tions] sont cri­mi­na­li­sés en rai­son de leur sou­tien au boy­cott. Le phi­lo­sophe Moshe Machover a été exclu du Parti tra­vailliste pour ses écrits sur l’an­ti­sio­nisme, le musi­cien Roger Waters a été accu­sé d’an­ti­sé­mi­tisme et Tony Blair évoque des alliances entre la gauche et les isla­mistes. Est-ce une stra­té­gie glo­bale ? Voyez-vous un lien entre tous ces évé­ne­ments ?

Je crois qu’ils font par­tie d’une cam­pagne concer­tée visant à écar­ter d’un revers de main toute cri­tique à l’é­gard d’Israël. Il s’a­git d’un écran de fumée visant à cacher les vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal et à faire pas­ser toute cri­tique d’Israël et du sio­nisme pour des actes anti­sé­mites. On voit l’ex­clu­sion de Moshe Machover, un homme d’une grande inté­gri­té, uni­ver­si­taire, membre du Parti tra­vailliste… L’idée même qu’il puisse être anti­sé­mite est une accu­sa­tion sans fon­de­ment. C’est une stra­té­gie : sou­vent, un jour­nal de centre-gauche évo­que­ra le sujet dans des termes modé­rés et ouvri­ra ain­si la porte aux extré­mistes qui uti­li­se­ront le terme « anti­sé­mite ». Le sujet est évo­qué une pre­mière fois et vous vous retrou­vez face à des articles comme celui que je viens de décou­vrir aujourd’­hui [« The Phony Peace Between the Labour Party and Jews », paru dans le New York Times], par Howard Jacobson, un auteur bri­tan­nique. Il y est écrit qu’on sen­tait l’o­deur du sang, y com­pris à l’oc­ca­sion du congrès tra­vailliste à Brighton ! Citons-le : il évoque une volon­té de « reni­fler l’o­deur du sang, y com­pris à Brighton ». Des expres­sions comme « l’o­deur du sang » sont là pour mettre le feu aux poudres, pour pro­vo­quer et don­ner à haïr tous ceux qui sont poin­tés du doigt par ces attaques. La par­tie la plus grave appa­raît à la fin de l’ar­ticle, lorsque ce mon­sieur déclare que « le sio­nisme, en tant qu’i­dée et non pas au regard des évé­ne­ments poli­tiques qu’il a fait naître, est une par­tie inté­grante de l’es­prit et du pay­sage ima­gi­naire juifs. Ceux qui pré­tendent dénon­cer le sio­nisme sans s’op­po­ser aux Juifs sont une énigme ».

« Ne rien dire d’autre que la véri­té. À terme, les gens com­pren­dront qu’en sou­te­nant les Palestiniens, ils ne sou­tiennent rien d’autre que la jus­tice et les droits humains. »

Dit autre­ment, si vous cri­ti­quez le sio­nisme, vous cri­ti­quez les Juifs et vous êtes donc anti­sé­mite. Je pense que c’est un concept extrê­me­ment dan­ge­reux et effrayant. Le sio­nisme est une idéo­lo­gie née au XIXe siècle, me semble-t-il ! Les Juifs sont un peuple beau­coup plus ancien que l’i­dée du sio­nisme. Les Juifs exis­taient bien avant le sio­nisme. C’est une idée dan­ge­reuse parce que le sio­nisme évoque Israël et cri­ti­quer non seule­ment ses poli­tiques en cours, mais aus­si sa fon­da­tion, devient un acte anti­sé­mite. L’article parle aus­si de cela, et c’est éga­le­ment dan­ge­reux parce que, comme vous et moi le savons, de nom­breux Juifs, en Israël et ailleurs dans le monde, s’op­posent au sio­nisme et aux actions menées par Israël. L’auteur de l’ar­ticle déclare que dans cette époque cri­tique de l’État d’Israël, « un anti­sio­niste israé­lien est un héros ». C’est évi­dem­ment iro­nique de sa part. Il tente de dis­cré­di­ter éga­le­ment ceux qui sont assez cou­ra­geux et qui ont un lien avec le peuple juif, en Israël et ailleurs, afin de leur infli­ger la même sen­tence. C’est de cette manière que se fait l’es­ca­lade. On com­mence par une attaque modé­rée qui se trans­forme en quelque chose de plus vicieux.

Mais com­ment les pro­gres­sistes doivent-ils réagir ? S’il s’a­git d’une attaque contre le mou­ve­ment de soli­da­ri­té, com­ment recons­trui­sons-nous et réaf­fir­mons-nous cette soli­da­ri­té ?

Il faut sim­ple­ment dire la véri­té. La véri­té. Ilan Pappé est un his­to­rien israé­lien pour qui j’ai le plus grand res­pect. Il décrit en détails, avec toute la rigueur propre à un esprit uni­ver­si­taire, l’ex­pul­sion de cen­taines de mil­liers de Palestiniens de leur propre terre et parle de net­toyage eth­nique de la Palestine. C’est un évé­ne­ment his­to­rique. Lorsqu’on regarde les preuves, c’est incon­tes­table. À l’o­rée du soixante-dixième anni­ver­saire de la fon­da­tion d’Israël, l’an­née pro­chaine, nous devons réaf­fir­mer cette véri­té : la créa­tion d’Israël est la consé­quence d’un net­toyage eth­nique. Nous devons dire com­ment Israël a été fon­dé, que les consé­quences de ses poli­tiques sont tou­jours pré­sentes. Nous devons deman­der l’ap­pli­ca­tion des lois inter­na­tio­nales et des Conventions de Genève. Ne rien dire d’autre que la véri­té. À terme, les gens com­pren­dront qu’en sou­te­nant les Palestiniens, ils ne sou­tiennent rien d’autre que la jus­tice et les droits humains. Nous devons nous orga­ni­ser, sol­li­ci­ter le sou­tien des peuples, de ceux qui ont la volon­té de voir les peuples vivre en paix. Nous devons leur dire « Maintenant que vous connais­sez la réa­li­té, com­ment pour­riez-vous refu­ser de sou­te­nir les Palestiniens ? »


Traduit de l’an­glais, pour Ballast, par Hervé Landecker — une paru­tion en par­te­na­riat avec l’Institut trans­na­tio­nal et ROAR.
Portrait de Ken Loach : Andy Parsons
Photographie de cou­ver­ture : Heidi Levine, 2015 (Washington Post)


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NOTES   [ + ]

1.À la seule condi­tion, selon lui, qu’elle n’ap­pelle pas à la vio­lence phy­sique à l’en­droit des per­sonnes — « Je consi­dère la loi Gayssot comme com­plè­te­ment illé­gi­time et en contra­dic­tion avec les prin­cipes d’une socié­té libre, tels qu’ils ont été com­pris depuis les Lumières. Cette loi a pour effet d’accorder à l’État le droit de déter­mi­ner la véri­té his­to­rique et de punir ceux qui s’écartent de ses décrets, ce qui est un prin­cipe qui nous rap­pelle les jours les plus sombres du sta­li­nisme et du nazisme. » (Communiqué, 5 sep­tembre 2010).
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