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Nouvelles zapatistes : le départ pour l’Europe [portfolio] (4)


Photoreportage inédit pour le site de Ballast

« Les zapa­tistes par­cour­ront les cinq conti­nents », avaient-ils annon­cé il y a quelques mois. Et voi­ci que leur pre­mière délé­ga­tion s’ap­prête, d’un jour à l’autre, à accos­ter en Europe. Le bateau a lar­gué les amarres le dimanche 2 mai 2021 : c’est là, selon leurs mots, un « Voyage pour la vie ». Les zapa­tistes viennent ain­si à la ren­contre des peuples qui luttent contre le capi­ta­lisme, « en bas et à gauche », de l’autre côté de l’Atlantique. À bord de La Montagne, quatre femmes, deux hommes et une per­sonne trans­genre com­posent l’Escadron 421, direc­tion le port espa­gnol de Vigo. Le sous-com­man­dant Galeano (ancien­ne­ment Marcos) a fait savoir : « Ça n’a pas été facile. Et même, ça a été ardu. Pour arri­ver à ce calen­drier, nous avons dû affron­ter des objec­tions, des conseils, des décou­ra­ge­ments, des appels à la rete­nue et à la pru­dence, des sabo­tages purs et simples ». À com­men­cer par ceux de l’État mexi­cain. Mais ils arrivent, bel et bienRetour en images sur ce départ d’ores et déjà his­to­rique. ☰ Par Isabel Mateos et Julia Arnaud


[lire le troi­sième volet]


Au sein du Caracol de Morelia1, l'espace nommé « Traces des pas de la commandante Ramona » avait déjà accueilli Marichuy, la porte-parole du CNI-CIG2, puis les Rencontres de femmes qui luttent, en 2018 et 2019. Le voici transformé en « Centre de préparation maritime ». Durant les six mois précédant le départ, la délégation maritime s'est préparée à la traversée dans une réplique du bateau La Montagne, construite pour l'occasion. Avant la sortie du caracol, l'équipage — l'Escadron 421 — s'y est retiré pour quinze jours de quarantaine afin d'être certain de n'emporter aucun virus. En cet après-midi du 25 avril, les zapatistes s'affairent : le départ est annoncé pour le lendemain. Dans un respect permanent des mesures sanitaires (arrivées, inscriptions, repas, cérémonies, actes publics ou bals), les communautés finalisent les préparatifs. On transporte sacs à dos et couvertures ; on installe le stand de tacos ; on termine d'accrocher une grande toile sur laquelle des vagues ont été peintes. Un message pour l'Europe est déployé sur la proue : « Réveillez-vous ! »

Les cérémonies de départ débutent. Les membres des communautés brandissent leurs pancartes et, en compagnie des musiciens, se dirigent au milieu des feux d'artifices vers La Montagne aux cris de « Vive la délégation zapatiste ! ». Acclamé, l'Escadron 421 rejoint la tribune. La voix de la représentante du Conseil de bon gouvernement résonne, « au nom des enfants, hommes, femmes et anciens des communautés zapatistes », devant les bases d'appui venues saluer la délégation. Porter par-delà les mers l'expérience autonome, revendiquer une autre éducation, une autre santé, une autre justice, une autre agriculture, semer les graines de la résistance et construire un monde différent que celui imposé par le capitalisme : tels sont leurs mots d'ordre. Les anciens ont accordé leur bénédiction en prononçant une oraison protectrice, accompagnée de fumée de copal3. Des célébrations similaires ont été réalisées dans les autres caracoles et communautés durant les quinze jours précédents. Elles ont été documentées par les Tercios Compas, l'équipe audiovisuelle zapatiste.

« Plus de 500 ans d'humiliation et de mépris mais on est toujours là » ; « Vive nos origines de racine maya » ; « Vive la délégation zapatiste » ; « Vive la graine de la résistance et de la rébellion pour l'humanité » ; « Des graines nous emportons, des graines nous laissons, des graines germeront ». Les bases d'appui encouragent et accompagnent la délégation maritime dans ce « voyage pour la vie ». L'Escadron 421 emporte ainsi avec lui la parole des peuples zapatistes : c'est celle qu'ils transmettront aux luttes qu'ils rencontreront sur leur chemin. Avec cette première délégation, et toutes celles qui suivront — par voie aérienne, cette fois4 —, ce sont les voix, les couleurs, les histoires, les générations et les expériences du zapatisme qui feront le voyage pour mêler « leurs joies, douleurs et rages » à celles des peuples en lutte de l'autre côté de l'Atlantique. Depuis le pont du bateau, l'équipage salue celles et ceux qui restent à quai. Comme d'usage dans les communautés rebelles, la journée se terminera en musique par un bal populaire.

Quatre canoës, entourés de maquettes de radeaux et de bateaux, ont été exposés sur la tribune. Réunissant le passé, le présent et le futur, ils emporteront avec eux l'histoire de la lutte zapatiste, peinte et gravée dans le bois : les anciens, les ancêtres mayas ; la période d'organisation dans la clandestinité ; la construction de l'autonomie et la nouvelle génération zapatiste. Sur le dernier d'entre les canoës, peint par des enfants, on voit se dessiner un autre monde : le soleil, les papillons et le maïs y portent un passe-montagne et les villages autonomes — avec leur centre de santé, leurs échoppes, le terrain de basket — cohabitent avec les animaux, les arbres et les eaux. Le lendemain matin, tous quatre seront chargés sur la caravane qui accompagnera la délégation. C'est que les zapatistes sont prévoyants : s'ils ne peuvent débarquer, pour quelque raison que ce soit, la délégation est prête à assurer son retour, ironise le sous-commandant Galeano. Mais, avant ça, elle restera à bord et déploiera la grande banderole « ¡ Despertad5 ! », attendant de voir « si quelqu'un lit le message, et pour voir si alors, d'autres se réveillent ; et pour voir si d'autres encore font quelque chose ».

Lundi 26 avril, au matin. L'Escadron 421 quitte la réplique de La Montagne. Yuli, Lupita, Carolina, Ximena, Felipe, Bernal et Marijose s'avancent devant une haie d'honneur formée de miliciens et de miliciennes de l'EZLN, ainsi que des bases d'appui. Ils et elles ont entre 19 et 49 ans et sont tzotzil, tzeltal, tojolabal ou cho'ol, originaires de différents territoires du Chiapas — tous et toutes mexicains. Ils et elles parlent, lisent et écrivent deux ou trois langues (leur langue maternelle, une seconde langue maya pour la plupart et el castellano, l'espagnol). En couple ou célibataire, la majorité a des enfants : leur famille veillera sur eux durant leur absence. Tous et toutes cumulent différentes expériences au sein de l'organisation de l'EZLN et de l'autonomie : santé, éducation, coordination de groupes, représentation dans les conseils des différentes échelles, direction, professeurs au sein de la Escuelita ou de l'armée zapatiste. Ils et elles n'ont pas ou peu d'expérience de navigation. Dario, ancien milicien et actuellement commandant de la direction politico-organisationnelle, n'a pas pu embarquer : il a dû rester au Chiapas afin de résoudre les difficultés liées à l'obtention du passeport de deux de ses enfants, lesquels partiront avec leur mère au cours du mois de juillet — une stratégie de discrimination mise en place par l’État mexicain. Initialement nommé coordinateur de la délégation maritime, il a été remplacé par Felipe.

C'est en caravane que la délégation maritime, accompagnée des commandants David et Zebedeo, de la commandante Hortensia, du sous-commandant Moisés, d'une équipe de Tercios Compas et de défenseurs des droits humains nationaux et internationaux (FrayBa et Sipaz), a quitté le Caracol de Morelia. Au passage de Patria Nueva, près d'Ocosingo, une centaine de bases d'appui des communautés autonomes s'est rassemblée — un nombre restreint pour motif sanitaire. Aux cris de « Vive l'Europe », « Vive le Chiapas », « Vive l'Armée zapatiste de libération mondiale », la caravane marque un bref arrêt. « Bonjour aux compañer@s europée·nes », « Emportez la résistance et la rébellion, la joie et l'espérance de nos peuples mayas », « Avec ou sans autorisation, vous voyagerez, courage ! », peut-on lire sur les pancartes brandis par les bases d'appui.

« Emportez avec vous la joie des peuples, l'enthousiasme de poursuivre la lutte jusqu'à atteindre une liberté complète pour toutes et tous, pour le monde entier, portez la parole de la vie des peuples en terres étrangères » : c'est là le message du Caracol X à l'Escadron 421. La délégation maritime, accompagnée du sous-commandant Moisés, s'en va poursuivre sa route vers le Caracol de Roberto Barrios — dernière étape avant de quitter pour de bon le Chiapas.

Quelques heures plus tard, en fin d'après-midi, les montagnes des hautes terres laissent progressivement place à l'épaisse végétation de la forêt Lacandone ; la délégation fait à présent son entrée dans le Caracol de Roberto Barrios. Ce mardi, les miliciens et les miliciennes de l'EZLN forment au centre du Caracol V un cercle autour de « la grande Ceiba, l'arbre mère, celle qui soutient le monde ». Puis les membres de la délégation de poser leurs mains sur le tronc du gigantesque arbre. Dans l'auditorium, autour des fleurs et des bougies qui composent l'autel, enveloppés par la fumée du copal, les anciens prient dans leur langue. La journée durant se succèdent et se mêlent les flûtes, les tambours traditionnels et les chansons révolutionnaires.

Sur l'estrade, des bases d'appui, des représentants du Conseil de bon gouvernement (JBG) et du Comité clandestin révolutionnaire indigène (CCRI) prennent la parole afin de rappeler l'objectif du voyage. La sortie de la délégation zapatiste « ouvre une opportunité de nous connaître, de nous écouter, de nous voir. Nous les mandatons pour qu'ils portent la graine de la lutte pour la vie de l'humanité et de tous les êtres vivants », résume la commandante Yaquelin. « À tous les peuples originaires du monde entier qui ne sont pas encore organisés, réveillez-vous ! » Les zapatistes emportent cette graine : « Nous espérons que les frères européens la feront grandir. » Le lendemain, mercredi 28 avril, à 5 heures précises, on entend "Las mañanitas", célèbre chanson mexicaine de célébration du lever des jours importants. Une heure plus tard, l'Escadron 421 quitte le Caracol de Roberto Barrios et avec lui le Chiapas, direction la péninsule du Yucatán, sur les traces de la déesse maya Ixchel, « la mère de l'amour et de la fertilité, la grand-mère des plantes et des animaux ».

Après une brève escale à Valladolid, où se tiennent des réunions à huis clos avec le Congrès national indigène (CNI), la caravane atteint la côte. Le 30, après 900 kilomètres à travers la péninsule, elle monte à bord d'un ferry dans la ville de Cancún, pour rejoindre l'île Isla Mujeres. Les anciens du sud-est mexicain racontent une histoire à propos de la déesse Ixchel, et elle semble sur le point de s'accomplir : « De l’Orient sont arrivés la mort et l’esclavage. C’est arrivé comme ça, et c’est ainsi. On ne peut rien changer au passé », conte ainsi le Vieil Antonio6. « Que demain vers l’Orient naviguent la vie et la liberté sur la parole de mes os et de mon sang, mes enfants. Qu’aucune couleur ne commande. Qu’aucune ne commande afin qu’aucune n’obéisse et que chacun soit ce qu'il est avec joie. »

À quelques mètres de l'embarcadère, un zodiac attend. Sitôt descendus du ferry, les bagages, les canoës puis la délégation et la troupe menée par le sous-commandant Moisés disparaissent derrière les bateaux de croisière.

De sa rencontre avec les zapatistes, le bateau Stahlratte, un voilier à moteur construit en 1903 aux Pays-Bas, est devenu La Montagne. La vieille embarcation a déjà plusieurs transatlantiques à son actif ; depuis 2005, il vogue dans les eaux caribéennes. Selon le récit zapatiste, c'est grâce à l'aide d'une femme, « une sorcière écarlate » originaire d'Allemagne, « celle-là même méprisée des autres dieux, enclins comme ils le sont au machisme frimeur et théâtral. Celle-là même repoussée par les autres déesses, enclines à la beauté fausse des onguents et cosmétiques », que les zapatistes ont trouvé ce bateau. Une fois l'embarcation localisée, l'histoire raconte qu'un certain Don Durito, chevalier errant en lutte contre le néolibéralisme, a pris contact avec le capitaine — un prénommé Ludwig — et lui a conté l'histoire « d’une odyssée en cours, quelque chose qui remplirait les annales des Histoires à venir ». L'histoire raconte aussi que le capitaine s'est immédiatement montré enthousiaste. Edwin, un Colombien, Gabriela, Ete et Carl, tous trois allemands, n'ont d'ailleurs pas tardé à rejoindre l'équipage zapatiste.

Dans une série d'allers-retours orchestrés par le capitaine Ludwig, l'Escadron 421 et le reste de la troupe abordent La Montagne. Il n'y a pas eu de résistance de la part de l'équipage, rapportera non sans malice le communiqué. Les Tercios Compas, en nombre, couvrent l'affaire : il n'est plus question que seuls les puissants racontent l'Histoire. À bord, c'est Lupita, la plus jeune de l'Escadron, qui aura la charge de cette tâche.

Le départ était initialement prévu pour le 3 mai, jour de la Santa Cruz. Une date hautement symbolique au Mexique : pour certains, elle est la fête des travailleurs du bâtiment ; pour d'autres, elle est celle de l'eau — le jour, en somme, où demander de la pluie et de bonnes récoltes. Pour les peuples mayas, cette date célèbre Chan Santa Cruz, le début d'un gouvernement autonome maya de plus de cinquante ans. En raison du climat, le capitaine, en accord avec le sous-commandant Moisés, a décidé d'avancer le départ. La première délégation zapatiste lève donc l'ancre le 2 mai, à 16 h 11, heure de Cancún. De l'autre côté de l'Atlantique, minuit sonne. L'histoire du Vieil Antonio se poursuit : « Un matin du lendemain, lorsque la croix parlante invoquera non le passé, mais l’avenir, la montagne naviguera jusqu’à la terre du Ts’ul et accostera face au vieil olivier qui donne de l’ombre à la mer et une identité à ceux qui vivent et travaillent sur ces côtes. » Et voici que l'Escadron 421 prend la mer, emportant avec lui une petite poupée aux couleurs de l'EZLN offerte par la délégation des femmes otomies7 venue saluer leur départ, ainsi qu'avec le drapeau maya remis par une délégation du Congrès national indigène du Yucatán.

À l'avant, Marijose, poing levé, salue une dernière fois celles et ceux qui sont venus encourager l'Escadron 421. Quelques semaines plus tard, la délégation maritime zapatiste atteindra Vigo, la ville espagnole de l'olivier évoquée par le Vieil Antonio. Et Galeano d'écrire : « Ainsi, le premier pied à se poser sur le sol européen (bien sûr, si on nous laisse débarquer) ne sera pas celui d’un homme ni d’une femme. Ce sera celui d’un·e autre. Dans ce que feu le commandant Marcos aurait décrit comme une claque avec un bas noir pour toute la gauche hétéropatriarcale, il a été décidé que la première personne à débarquer sera Marijose. Dès qu’iel aura posé les deux pieds sur le sol européen et se sera remis·e du mal de mer, [...] Marijose dira solennellement : Au nom des femmes, des enfants, des hommes, des anciens et, bien sûr, des zapatistes autres, je déclare que le nom de cette terre, que ses natifs appellent aujourd’hui Europe, s’appellera désormais : SLUMIL K’AJXEMK’OP, ce qui signifie Terre rebelle, ou Terre qui ne se résigne pas, qui ne défaille pas. Et c’est ainsi qu’elle sera connue des habitants et des étrangers tant qu’il y aura ici quelqu’un qui n’abandonnera pas, qui ne se vendra pas et qui ne capitulera pas. »

« Sur la mer naviguent des espoirs, des montagnes détruisant les frontières, tissant les luttes, 500 ans plus tard... », dit une chanson écrite par des sympathisantes de l'EZLN à l'occasion du départ. Le sous-commandant Moisés regarde s'éloigner le navire. Il lui faut déjà répondre aux questions que lui lancent les journalistes. « Pour vivre, il faut de l'eau pour boire et une alimentation pour tous, et ça on le trouve dans la Terre-Mère. Celui qui ne lutte pas pour la vie, c'est qu'il est perdu. » La délégation maritime est « la pointe de la lance » ; bientôt, d'autres suivront. L'objectif de ce voyage ? Le contraire d'il y a 500 ans : remonter la route de la mort et la transformer en route pour la vie. Et, pour cela, il faut s'organiser, « tant les femmes que les hommes, tant les gens de la ville que ceux de la campagne » — autrement, le capitalisme détruira tout. « On veut écouter, on veut partager, pour voir comment ça se passe, pour apprendre, car dans la lutte contre le capitalisme, il existe différentes manières de faire. » Et nous, en Europe ? Saurons-nous être à la hauteur du défi que lancent les zapatistes ? Saurons-nous écouter et apprendre ? Lorsque le sous-commandant est interrogé sur l'existence d'un réseau d'organisation avec les luttes d'Europe, il répond simplement : « C'est en cours, mais il faut approfondir. C'est pour ça qu'on y va. Pour voir où ça en est, à quel point les forces sont réunies. »

En quelques heures, La Montagne aura déjà quitté les eaux mexicaines. Le lendemain, elle atteindra sa première escale, Cuba, « premier territoire libre d'Amérique ». Depuis ce bateau, traversant l'océan, inversant l'Histoire, les zapatistes nous avertissent : en cas de débarquement, « ce sera fête, danses et chansons, cumbias et déhanchés qui feront frémir les sols et les ciels éloignés les uns des autres. Et, des deux côtés de l’océan, un court message inondera tout le spectre électro-magnétique, le cyber-espace et un écho résonnera dans les cœurs : [...] L’invasion a commencé. ». Les zapatistes ont reçu des invitations de trente pays. À chaque endroit, des groupes locaux, des commissions, des coordinations s'activent pour organiser les événements, la communication, la traduction, la logistique et régler les questions légales — bref, pour que cette "invasion consensuelle" ait lieu. Le 4 juin, La Montagne passera le triangle des Bermudes ; le 11, elle atteindra les Açores ; le 12, l'Escadron 421 obtiendra son tampon d'entrée dans l'espace Schengen. Rendez-vous, très bientôt, sur la terre ferme !


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Photographies : Isabel Mateos ; légendes : Julia Arnaud


  1. Un caracol est un centre politico-culturel implanté en zone zapatiste : y siègent les Conseils de bon gouvernement.
  2. Congrès national indigène-Conseil indigène de gouvernement. María de Jesús Patricio Martínez, dite Marichuy, femme indigène nahua, a été nommée porte-parole du CNI-CIG. Sa candidature aux élections de 2018 avait révélé un système électoral raciste et vérolé.
  3. Encens à base de résine solidifiée d'origine végétale.
  4. Des délégations zapatistes du Congrès nationale indigène et du Front des peuples (FPDTA-MPT), majoritairement composées de femmes, les rejoindront par voie aérienne. Le Front des peuples en défense de la terre et de l'eau de Morelos, Pueblo et Tlaxcala est une union des villages luttant contre le Projet intégral Morelos (PIM), un mégaprojet de gazoduc et de centrales thermoélectriques dans le centre du Mexique.
  5. « Réveillez-vous », en espagnol.
  6. Le sous-commandant Galeano/Marcos s'est lié d'amitié avec le Vieil Antonio au temps de la clandestinité. C'est lui qui l'a initié aux mystères des forêts, des montagnes et de la cosmovision maya.
  7. La communauté otomie de la ville de Mexico occupe les locaux de l'Institut national des peuples indigènes (INPI) depuis le 12 octobre 2020. Par la prise de ce bâtiment, elle dénonce le mépris des autorités gouvernementales envers les peuples indigènes.

REBONDS

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Julia Arnaud

Adhérente à la Sexta, elle vit au Mexique depuis 2010 et travaille sur l'histoire du mouvement zapatiste.

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Isabel Mateos

Photographe basée au Chiapas (Mexique).

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couverture du 11

Notre onzième et dernier numéro est disponible en librairie ! Vous pouvez également le commander sur notre site. Chaque numéro papier, autonome du site Internet, propose des articles inédits.

Au sommaire :
Adèle, mettre au monde et lutter (Asya Meline) ▽ Quand on ubérise les livreurs (Rosa Moussaoui et Loez) ▽ Rencontre avec Álvaro García Linera ▽ Une laïcité française ? (avec Jean-Paul Scot et Seloua Luste Boulbina) ▽ Le communalisme comme stratégie révolutionnaire (Debbie Bookchin et Sixtine Van Outryve) ▽ Quand le poids est politique (Élise Sánchez) ▽ Regards (Aurélie William Levaux) ▽ La corrida d'Islero (Éric Baratay) ▽ Des jardins urbains et du béton (Camille Marie et Roméo Bondon) ▽ Dépasser l'idéologie propriétaire (Pierre Crétois) ▽ André Léo, toutes avec tous (Élie Marek) ▽ Des portes comme des frontières (Z.S.) ▽ Combien de fois (Claro) ▽ ode à ahmed (Asmaa Jama) ▽ La brèche (Zéphir)

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