L’abécédaire de Louise Michel


Texte inédit pour le site de Ballast

L’institutrice et poé­tesse Louise Michel dis­pa­rut en 1905, année de la sépa­ra­tion des Églises et de l’État et de la pre­mière phase de la révo­lu­tion russe. Celle que la presse sur­nom­ma « la grande drui­desse de l’a­nar­chie » fut l’une des figures de la Commune de Paris et sou­tint, dépor­tée en Nouvelle-Calédonie, la lutte des Kanak contre le régime colo­nial. Elle fut liber­taire et n’en était pas moins, pour reprendre les mots de l’un de ses bio­graphes, « ouverte à toutes les ten­dances du socia­lisme révo­lu­tion­naire1Michel Ragon, Georges & Louise, Albin Michel, 2000. ». Elle fut fémi­niste et insis­tait sur la néces­si­té de lier le com­bat pour l’é­ga­li­té entre les sexes à celui du pro­lé­ta­riat tout entier. Elle fut ardente défen­seuse des animaux et ne man­quait pas de rap­pe­ler que leur exploi­ta­tion, par les humains, était à l’o­ri­gine de son impli­ca­tion révo­lu­tion­naire. Elle fut bien sou­vent mino­ri­taire et conti­nuait d’en appe­ler à « la vile mul­ti­tude » : le peuple, la masse des déshé­ri­tés, ceux qui font face à la « gueule des canons » et aux « appé­tits des para­sites ». « Tout va ensemble », lan­çait-elle : on ne sau­rait mieux dire.


Anarchie : « L’anarchie seule peut rendre l’homme conscient, puisqu’elle seule le fera libre ; elle sera donc la sépa­ra­tion com­plète entre les trou­peaux d’esclaves et l’humanité. Pour tout homme arri­vant au pou­voir, l’État c’est lui, il le consi­dère comme le chien regarde l’os qu’il ronge, et c’est pour lui qu’il le défend. Si le pou­voir rend féroce, égoïste et cruel, la ser­vi­tude dégrade ; l’anarchie sera donc la fin des hor­ribles misères dans les­quelles a tou­jours gémi la race humaine. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Bêtes : « Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me sou­vienne l’hor­reur des tor­tures infli­gées aux bêtes. Depuis la gre­nouille que les pay­sans coupent en deux, lais­sant se traî­ner au soleil la moi­tié supé­rieure, les yeux hor­ri­ble­ment sor­tis, les bras trem­blants cher­chant à s’en­fouir sous la terre, jus­qu’à l’oie dont on cloue les pattes, jus­qu’au che­val qu’on fait épui­ser par les sang­sues ou fouiller par les cornes des tau­reaux, la bête subit, lamen­table, le sup­plice infli­gé par l’homme. Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est ram­pant devant les hommes qui le dominent. […] C’est que tout va ensemble, depuis l’oi­seau dont on écrase la cou­vée jus­qu’aux nids humains déci­més par la guerre. […] Et le cœur de la bête est comme le cœur humain, son cer­veau est comme le cer­veau humain, sus­cep­tible de sen­tir et de com­prendre. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Culture : « À quoi bon le sens des arts, si c’est pour l’é­touf­fer chez les mul­ti­tudes, et ne le culti­ver qu’à grands frais chez quelques vani­teux artistes ? » (« L’Ère nou­velle », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2014)

Domination : « Dominer c’est être tyran, être domi­nés c’est être lâches ! » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Exploiteurs : « Supposez des Rothschilds quel­conques, pos­sé­dant toutes les mines d’or et de dia­mants de la terre, qu’en feraient-ils sans les mineurs ? Qui donc extrai­rait l’or du sable, le dia­mant de la gemme ? Donnez aux exploi­teurs des car­rières de marbre sans per­sonne pour en tailler, pour en arra­cher les blocs… Que ces gens-là le sachent, ils sont inca­pables de tirer par­ti de rien sans les tra­vailleurs : man­ge­ront-ils la terre si per­sonne ne la fait pro­duire ? » (« L’Ère nou­velle », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2014)

Femme : « Esclave est le pro­lé­taire, esclave entre tous est la femme du pro­lé­taire. […] Partout, l’homme souffre dans la socié­té mau­dite ; mais nulle dou­leur n’est com­pa­rable à celle de la femme. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Grève : « Refuse pay­san, ton fils pour aller égor­ger les autres peuples, ta fille, pour les plai­sirs des maîtres ou des valets ; apprends leur la révolte afin qu’ils aient enfin la Sociale, la République du genre humain. Refuse tes deniers pour payer les limiers qui te mordent, refuse tout, afin que vienne plus vite la grève der­nière, la grève de misère. » (« Prise de pos­ses­sion », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2010)

Humanité : « Les Anglais font des races d’animaux pour la bou­che­rie ; les gens civi­li­sés pré­parent les jeunes filles pour être trom­pées, ensuite ils leur en font un crime et un presque hon­neur au séduc­teur. Quel scan­dale quand il se trouve de mau­vaises têtes dans le trou­peau ! Où en serait-on si les agneaux ne vou­laient plus être égor­gés ? Il est pro­bable qu’on les égor­ge­rait tout de même, qu’ils tendent ou non le cou. Qu’importe ! Il est pré­fé­rable de ne pas le tendre. Quelquefois les agneaux se changent en lionnes, en tigresses, en pieuvres. C’est bien fait ! Il ne fal­lait pas sépa­rer la caste des femmes de l’humanité. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Abattoirs pari­siens (DR)

Inégalité : « Si l’égalité entre les deux sexes était recon­nue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. En atten­dant, la femme est tou­jours, comme le disait le vieux Molière, le potage de l’homme. Le sexe fort des­cend jusqu’à flat­ter l’autre en le qua­li­fiant de beau sexe. Il y a fichtre long­temps que nous avons fait jus­tice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révol­tées, pre­nant tout sim­ple­ment notre place à la lutte, sans la deman­der. — Vous par­le­men­te­riez jusqu’à la fin du monde ! Pour ma part, cama­rades, je n’ai pas vou­lu être le potage de l’homme, et je m’en suis allée à tra­vers la vie, avec la vile mul­ti­tude, sans don­ner d’esclaves aux Césars. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Justice : « Mais pour­quoi me défen­drais-je ? Je vous l’ai déjà décla­ré, je me refuse à le faire. Vous êtes des hommes, qui allez me juger ; vous êtes devant moi à visage décou­vert ; vous êtes des hommes et moi je ne suis qu’une femme, et pour­tant je vous regarde en face. Je sais bien que tout ce que je pour­rai vous dire ne chan­ge­ra rien à votre sen­tence. Donc un seul et der­nier mot avant de m’as­seoir. Nous n’a­vons jamais vou­lu que le triomphe de la Révolution ; je le jure par nos mar­tyrs tom­bés sur le champ de Satory, par nos mar­tyrs que j’ac­clame encore ici hau­te­ment, et qui un jour trou­ve­ront bien un ven­geur. Encore une fois, je vous appar­tiens ; faites de moi ce qu’il vous plai­ra. Prenez ma vie si vous la vou­lez ; je ne suis pas femme à vous la dis­pu­ter un seul ins­tant. […] J’ai fini… Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi… » (Le pro­cès de Louise Michel : compte-ren­du de la Gazette des Tribunaux, audience du 16 décembre 1871)

Kanaky : « Quand Ataï [chef kanak, ndlr] fit révol­ter les tri­bus contre l’occupation fran­çaise pour reprendre leur liber­té, on les com­bat­tit avec des obu­siers de mon­tagnes, contre des sagaies (ce qui don­na la vic­toire à ce qu’on appelle la civi­li­sa­tion) sur ce qu’il est conve­nu d’appeler la sau­va­ge­rie. C’était très beau pour les Canaques, de se dres­ser contre l’artillerie moderne avec la sagaie, la fronde et quelques vieux fusils à pierre obte­nus par de longues années de louage à Nouméa. » (« Prise de pos­ses­sion », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2010)

La Commune : « Pas de dis­cours, un immense cri, un seul, Vive la Commune ! […] Si un pou­voir quel­conque pou­vait faire quelque chose, c’eût été la Commune com­po­sée d’hommes d’intelligence, de cou­rage, d’une incroyable hon­nê­te­té, qui tous de la veille ou de long temps, avaient don­né d’incontestables preuves de dévoue­ment et d’énergie. Le pou­voir, incon­tes­ta­ble­ment les anni­hi­la, ne leur lais­sant plus d’implacable volon­té que pour le sacri­fice, ils sur­ent mou­rir héroï­que­ment. » (La Commune, La Découverte [1898], 2015)

Machines : « Nous ne pou­vons plus vivre comme nos aïeux de l’âge de pierre, ni comme au siècle pas­sé, puisque les inven­tions suc­ces­sives, puisque les décou­vertes de la science ont ame­né la cer­ti­tude que tout pro­dui­ra au cen­tuple quand on uti­li­se­ra ces décou­vertes pour le bien-être géné­ral, au lieu de ne lais­ser qu’une poi­gnée de rapaces s’en ser­vir pour affa­mer le reste. Les machines, dont cha­cune tue des cen­taines de tra­vailleurs, parce qu’elles n’ont jamais été employées que pour l’ex­ploi­ta­tion de l’homme par l’homme, seraient, étant à tous, une des sources de richesses infi­nies pour tous. Jusqu’à pré­sent le peuple est vic­time de la machine ; on n’a per­fec­tion­né que les engre­nages qui mul­ti­plient le tra­vail : on n’a pas tou­ché à l’en­gre­nage éco­no­mique qui déchire le tra­vailleur sous ses dents. » (« L’Ère nou­velle », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2014)

Ni Dieu ni maître : « Toujours ceux qui s’at­ta­quèrent aux dieux et aux rois furent bri­sés dans la lutte ; pour­tant les dieux sont tom­bés, les rois tombent, et bien­tôt se véri­fie­ront les paroles de Blanqui : Ni Dieu ni maître ! » (« L’Ère nou­velle », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2014)

Kanak (DR)

Organisation : « Les femmes ne doivent pas sépa­rer leur cause de celle de l’humanité, mais faire par­tie mili­tante de la grande armée révo­lu­tion­naire. […] Nous vou­lons, non pas quelques cris iso­lés, deman­dant une jus­tice qu’on n’accordera jamais sans la force ; mais le peuple entier et tous les peuples debout pour la déli­vrance de tous les esclaves, qu’ils s’appellent le pro­lé­taire ou la femme, peu importe. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Paris : « Versailles étend sur Paris un immense lin­ceul rouge de sang ; un seul angle n’est pas encore rabat­tu sur le cadavre. Les mitrailleuses moulent dans les casernes. On tue comme à la chasse ; c’est une bou­che­rie humaine : ceux qui, mal tués, res­tent debout ou courent contre les murs, sont abat­tus à loi­sir. […] La Commune n’a plus de muni­tions, elle ira jusqu’à la der­nière car­touche. La poi­gnée de braves du Père-Lachaise se bat à tra­vers les tombes contre une armée, dans les fosses, dans les caveaux au sabre, à la baïon­nette, à coups de crosse de fusil : les plus nom­breux, les mieux armés, l’armée qui gar­da sa force pour Paris assomme, égorge les plus braves. Au grand mur blanc qui donne sur la rue du Repos, ceux qui res­tent de cette poi­gnée héroïque sont fusillés à l’instant. Ils tombent en criant : Vive la Commune ! » (La Commune, La Découverte [1898], 2015)

Questions par­ti­cu­lières : « Je ne m’occupe guère des ques­tions par­ti­cu­lières, étant, je le répète, avec tous les groupes qui attaquent soit par la pioche, soit par la mine, soit par le feu, l’édifice mau­dit de la vieille socié­té ! » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Riches : « Les crève-de-faim, les dents longues, sortent des bois ; ils courent les plaines, ils entrent dans les villes : la ruche, lasse d’être pillée, bour­donne en mon­trant l’ai­guillon. Eux qui ont tout créé, ils manquent de tout. Au coin des bornes, il y a long­temps qu’ils crèvent, vaga­bonds, devant les palais qu’ils ont bâtis : l’herbe des champs ne peut plus les nour­rir, elle est pour les trou­peaux des riches. » (« L’Ère nou­velle », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2014)

Suffrage uni­ver­sel : « Peut-on encore par­ler du suf­frage uni­ver­sel sans rire ? Tous sont obli­gés de recon­naître que c’est une mau­vaise arme ; que du reste le pou­voir en tient le manche, ce qui ne laisse guère aux bons élec­teurs que le choix des moyens pour être ton­qui­nés ou endor­mis. » (« Prise de pos­ses­sion », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2010)

Trompe-l’œil : « J’en vins rapi­de­ment à être convain­cue que les hon­nêtes gens au pou­voir y seront aus­si inca­pables que les mal­hon­nêtes seront nui­sibles, et qu’il est impos­sible que jamais la liber­té s’allie avec un pou­voir quel­conque. Je sen­tis qu’une révo­lu­tion pre­nant un gou­ver­ne­ment quel­conque n’était qu’un trompe‑l’œil ne pou­vant que mar­quer le pas, et non ouvrir toutes les portes au pro­grès ; que les ins­ti­tu­tions du pas­sé, qui sem­blaient dis­pa­raître, res­taient en chan­geant de nom, que tout est rivé à des chaînes dans le vieux monde et qu’il est ain­si un bloc des­ti­né à dis­pa­raître tout entier pour faire place au monde nou­veau heu­reux et libre sous le ciel. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Urnes : « Il y avait long­temps que les urnes s’engorgeaient et se dégor­geaient pério­di­que­ment sans qu’il fut pos­sible de prou­ver d’une façon aus­si incon­tes­table que ces bouts de papier char­gés disait-on de la volon­té popu­laire et qu’on pré­ten­dait por­ter la foudre, ne portent rien du tout. La volon­té du peuple ! avec cela qu’on s’en sou­cie de la volon­té du peuple ! Si elle gêne, on ne la suit pas. » (« Prise de pos­ses­sion », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2010)

Canons de Montmartre, 1871 (DR)

Vampire : « Comme l’anthropophagie a pas­sé, pas­se­ra le capi­tal. Là est le cœur du vam­pire, c’est là qu’il faut frap­per. C’est là comme dans la légende de Hongrie que le pieu doit être enfon­cé aus­si bien pour la déli­vrance de ceux qui pos­sèdent que pour celle des déshé­ri­tés. » (« Prise de pos­ses­sion », Éditions d’ores et déjà, [1887] 2010)

Wagons : « On nous entas­sa qua­rante dans des wagons à bes­tiaux her­mé­ti­que­ment fer­més et pri­vés de lumière, nous don­nant pour tout potage un peu de bis­cuit et quelques bidons d’eau. […] Plusieurs d’entre nous étaient deve­nus fous. Pensez donc ! » (La Commune, La Découverte [1898], 2015)

XVIIIe arron­dis­se­ment : « J’entends encore l’appel et je pour­rais dire tous les noms. Aujourd’hui c’est l’appel des fan­tômes. Les comi­tés de vigi­lance de Montmartre ne lais­saient per­sonne sans asile, per­sonne sans pain. On y dînait avec un hareng pour quatre ou cinq, mais on n’épargnait pas pour ceux qui en avaient besoin les res­sources de la mai­rie, ni les moyens révo­lu­tion­naires des réqui­si­tions. Le XVIIIe arron­dis­se­ment était la ter­reur des acca­pa­reurs et autres de cette espèce. Quand on disait Montmartre va des­cendre ! les réac­tion­naires se four­raient dans leurs trous, lâchant comme des bêtes pour­sui­vies les caches où les vivres pour­ris­saient, tan­dis que Paris cre­vait de faim. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Yeux : « Je reviens aux dure­tés de l’homme pour l’animal. […] Les pauvres bêtes ne pou­vant ni vivre ni mou­rir cherchent à s’ensevelir sous la pous­sière ou dans des coins de fumier ; on voit, au grand soleil, briller comme un reproche leurs yeux deve­nus énormes et tou­jours doux. Les cou­vées d’oiseaux sont pour les enfants qui les tor­turent ; s’ils échappent, les raquettes sont ten­dues à l’automne, le long des sen­tiers du bois ; ils y meurent, pris par une patte et vole­tants, déses­pé­rés jusqu’à la fin. Et les vieux chiens, les vieux chats, j’en ai vu jeter aux écre­visses. Si la femme qui jetait la bête était tom­bée dans le trou, je ne lui aurais pas ten­du la main. J’ai vu, depuis, les tra­vailleurs des champs trai­tés comme des bêtes et ceux des villes mou­rir de faim ; j’ai vu pleu­voir les balles sur les foules désar­mées. J’ai vu les cava­liers défon­cer les ras­sem­ble­ments avec les poi­trines de leurs che­vaux ; la bête, meilleure que l’homme, lève les pieds de peur d’écraser, fonce à regret sous les coups. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)

Zèle : « Malgré les dénon­cia­tions de quelques imbé­ciles à ce sujet et sur mes opi­nions poli­tiques, ma classe mar­chait d’autant mieux que j’avais le zèle de la pre­mière jeu­nesse ; je la fai­sais avec pas­sion. Les amis de l’ordre, qui dai­gnaient s’occuper de moi, me disaient rouge, c’est-à-dire répu­bli­caine. » (Mémoires, La Découverte, [1886] 2002)


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NOTES   [ + ]

1.Michel Ragon, Georges & Louise, Albin Michel, 2000.
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