Laurent Danchin : « On défend l’art populaire »


Entretien inédit pour le site de Ballast

Partisan d’une « voie post-contem­po­raine », louan­geur pas­sion­né de l’art brut, coau­teur d’un ouvrage sur le poète Antonin Artaud et bio­graphe du peintre Jean Dubuffet, Laurent Danchin — cri­tique d’art de son pre­mier état — nous reçoit chez lui. Il fut un proche de Chomo, l’ermite de la forêt de Fontainebleau dis­pa­ru en 1999, celui qui par­lait de lui à la troi­sième per­sonne du sin­gu­lier, créait avec du grillage ou des bou­teilles vides et jurait, en lettres pho­né­tiques, que « l’art n’est pas fait pour être ven­du ». Entre piles de livres et sta­tuettes, Danchin refait le monde : du socia­lisme chré­tien aux algo­rithmes. 


danchinÀ lire l’ouvrage que vous avez réa­li­sé avec Chomo, on sent qu’il était…

… très enga­gé. Il était en lutte contre la socié­té – à com­men­cer par celle de la consom­ma­tion. Il disait tout le temps que la France était la « République des petits amis » : les cote­ries, les copi­nages, les maçon­ne­ries… Je pense sou­vent à cette for­mule. J’en ai tous les jours des exemples. Nous aimons les petits milieux fer­més, les cercles qui se tiennent entre eux. On n’existe pas si ces gens ne nous connaissent pas. Paris est un petit uni­vers clos. Chomo était obsé­dé par la des­truc­tion de la Nature : il avait 22 ruches et voyait, au jour le jour, les dégâts des pes­ti­cides dans les champs alen­tour. Je l’ai vu pleu­rer devant des ruches mortes.

L’écologie était son pre­mier levier de réflexion ?

« Chomo était l’ermite des temps antiques, le type qui retourne dans le désert pour fus­ti­ger la socié­té. Il por­tait une croix sur ses lunettes. »

Dans sa jeu­nesse, il était très féru de macro­bio­tique. Puis il a vécu dans la forêt. Il était très éco­lo­giste, mais sans avoir recours à ce mot ; il voyait les désordres. En 1982, il a peint sur sa mai­son la chute des étoiles – il anti­ci­pait l’apocalypse cli­ma­tique. Il pen­sait que nous allions finir par déré­gler tota­le­ment le cos­mos. Je l’entendais sans arrêt par­ler de la bouffe, celle qui, désor­mais, a tou­jours le même goût. La Nature était son repère pro­fond. Politiquement, il esti­mait que nous étions gou­ver­nés par des voyous, des satyres et des voleurs. Voyous, car les hommes poli­tiques étaient des cor­rom­pus et des gang­sters ; satyres, car il déplo­rait le déver­gon­dage géné­ral au nom de la liber­té ; voleurs, car il n’avait aucune confiance dans les gou­ver­ne­ments. Il était, à ce niveau, très anar­chiste. Mais il ne for­mu­lait pas ain­si sa conscience poli­tique. Il n’était pas du tout com­mu­niste – même s’il cite Marchais, dans l’un de ses textes, pour saluer sa fran­co­phi­lie en matière d’art. Mais il n’était pas « poli­tique », pas du tout…

Quelle dif­fé­rence faites-vous entre « enga­gé » et « poli­tique » ?

La colle ! On peut émettre une opi­nion cri­tique et morale sans être dans une démarche stra­té­gique, poli­tique, par­ti­daire. Chomo était sans cal­cul. Ce que j’ai vu de la poli­tique, dans ma vie, c’est le poli­ti­cien : la magouille, la mal­hon­nê­te­té, la fin qui jus­ti­fie les moyens. Je n’ai vu que ça.

Comment avez-vous ren­con­tré Chomo ?

J’avais quit­té la ville pour créer, avec des proches, une sorte de petite socié­té alter­na­tive – ça a duré ce que ça a duré… Chomo était la curio­si­té de la région. C’était « le fou de la forêt ». Mais je ne l’ai pas vu comme un homme déli­rant ; je l’ai pris très au sérieux. Il avait une pen­sée très cohé­rente et solide. Il était l’ermite des temps antiques, le type qui retourne dans le désert pour fus­ti­ger la socié­té. Il por­tait une croix sur ses lunettes : il me fai­sait pen­ser aux saints du chris­tia­nisme, à des fous de Dieu comme lui l’était, fou ; c’était un mys­tique qui vivait dans une pau­vre­té extrême, vou­lue, sans aucun confort. À une heure de Paris ! Ça m’a fas­ci­né. Il fai­sait son œuvre avec les rebuts de la socié­té de consom­ma­tion. La rédemp­tion des maté­riaux. Il créait avec le gas­pillage. Il disait qu’il pou­vait détrô­ner le bronze : il ramas­sait du grillage à poules dans les décharges… On manque, aujourd’hui, d’un dis­cours très offen­sif contre la consom­ma­tion. Votre géné­ra­tion est alié­née, tri­bu­taire. Je fais par­tie du club des « immo­biles », puisque je n’ai pas de télé­phone por­table ! Je m’étonne qu’on n’attaque pas plus la consom­ma­tion, tant elle est per­verse – c’est l’obsolescence pro­gram­mée, le divorce de masse (on devient avec autrui ce que l’on est avec les objets : on prend, on change). La publi­ci­té est la contre-édu­ca­tion per­ma­nente, la grande machi­ne­rie sédui­sante. Professeur, je l’ai bien vu… C’est le « Je veux tout tout de suite ». C’est ce que j’aimais dans l’enseignement : il faut résis­ter à cette conne­rie.

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Chomo dans son vil­lage d’art pré­lu­dien

(Il nous montre un ouvrage qu’il est en train de lire, d’Henry David Thoreau.) La déso­béis­sance… Je la res­sens très pro­fon­dé­ment, même si j’ai été fonc­tion­naire. On ne peut pas par­don­ner à cette socié­té, on ne peut pas se récon­ci­lier. Nos gou­ver­nants se foutent du bien géné­ral. Chomo signait sou­vent qu’il était « res­pon­sable ». Et nous devons l’être. De la Terre et des hommes. Chomo ensei­gnait à ses visi­teurs – ceux qui ne l’aimaient pas disaient qu’il prê­chait. Tenez, je viens d’acheter La Vie des phi­lo­sophes antiques de Diogène Läerce, dans une vieille édi­tion. (Il nous la montre.) C’est for­mi­dable de lire dans des vieux livres. Diogène arrive chez des gens, on le pré­vient qu’il ne fau­dra pas cra­cher au sol, comme il aime à le faire, alors il leur crache à la gueule en expli­quant qu’il n’a pas trou­vé d’endroit plus sale ! (rires) C’est extra­or­di­naire. « La sagesse sans morale » dont parle Onfray – que je déteste –, c’est l’expression même de la per­ver­si­té du sys­tème mar­chand : dire une chose et son contraire pour désa­mor­cer la cri­tique. Tout sage, dans toutes les tra­di­tions, a une morale, c’est-à-dire qu’il se sait res­pon­sable. Une sagesse sans morale, c’est la publi­ci­té, c’est un médi­ca­ment sans contraintes. C’est un double bind.

Vous êtes reli­gieux ?

« Comment se fait-il qu’on ne parle plus de la pré­sence chré­tienne ? La vraie, pas celle de la Manif pour tous à soc­quettes. »

Je ne pra­tique pas, mais je me dirais comme Chomo : pour le reli­gieux mais pas pour la reli­gion. Ce n’est pas du tout la même chose. « La reli­gion meurt avec sa défi­ni­tion », disait Chomo. C’est magni­fique. Le reli­gieux est une atti­tude : quelque chose nous dépasse et nous tra­verse. C’est une trans­cen­dance, une poé­tique – pas des dogmes. La reli­gion m’est tom­bée comme un fruit trop mûr d’un arbre. Je n’ai pas éle­vé mes enfants dans la reli­gion mais je suis pro­fon­dé­ment reli­gieux. Je ne suis pas un lec­teur de Charlie Hebdo… L’anticléricalisme fran­çais est infan­tile et bête. Ce sont des traces de la IIIe République et du mar­xisme. La morale n’a pas la cote dans notre pays. Elle n’est pas, comme l’ont pen­sé trop de mar­xistes, le pro­duit de la classe bour­geoise – je vous défie même d’avoir une conscience poli­tique sans une morale.

Onfray vous dirait qu’il cri­tique la morale par Nietzsche et non par Marx.

Chomo répon­drait qu’il a trop lu. Il fait des détours. Un sage, un phi­lo­sophe, n’est pas dans le res­sen­ti­ment. Jeune, j’ai énor­mé­ment lu Lévi-Strauss, Saussure, Freud et Marx. Je par­ta­geais la même chambre que Benny Lévy, le maoïste de la Gauche pro­lé­ta­rienne. Mais je suis mal dans le mili­tan­tisme. Mon enfance, ce fut une cha­maille­rie très ancienne entre les com­mu­nistes et les chré­tiens. Les FTP et les FFIL’Idéologie alle­mande de Marx m’a mar­qué. Sa rigueur d’analyse est fas­ci­nante… Mais j’ai détes­té les milieux laca­niens : c’était de la bro­de­rie intel­lec­tuelle fumeuse et nar­cis­sique. Couper les che­veux en quatre jusqu’à la folie. Ça fait rire les Anglo-Saxons ! Chomsky en parle très bien. En France, on n’a pas le droit de dire du mal de Foucaut – c’est une vache sacrée. J’ai été témoin de ce ter­ro­risme intel­lec­tuel per­ma­nent. Notamment avec les maos. La Révolution cultu­relle fut une mons­truo­si­té tota­li­taire. Comment se fait-il qu’on ne parle plus de la pré­sence chré­tienne ? La vraie, pas celle de la Manif pour tous à soc­quettes. Vous connais­sez des intel­lec­tuels qui reven­diquent l’Évangile ou la parole chré­tienne ? Ça fait rin­gard. Je ne parle pas de bon­dieu­se­ries, com­pre­nez bien. Mais on dira que je parle comme le Front natio­nal ou la droite. C’est un sophisme. Comme la cri­tique de l’art contem­po­rain ! J’ai ces­sé de lire Libération, à l’hôpital. Je ne sup­porte plus leur bouillie et leurs réflexes.

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Village d’art pré­lu­dien de Chomo

Dans cer­taines de vos confé­rences, vous reven­di­quez le bon sens. Barthes écri­vait que c’était la marque de l”« esprit étroit », de Poujade et du refus de la pen­sée.

J’aime assez bien son Fragments d’un dis­cours amou­reux, mais ce dis­cours est insup­por­table. Le bon sens existe. Vendre des sub­primes à des Californiens fau­chés pour hypo­thé­quer leurs biens, le bon sens te dit que c’est tra­hir, men­tir. On te répon­dra « mathé­ma­tiques finan­cières » pour noyer le pois­son. On passe notre temps à dire que « C’est pas si simple ». Ça l’est, pour­tant. On poli­tise beau­coup trop les choses. Vichy, Poujade… Voltaire n’était pas de gauche car il défen­dait le pro­grès, ni Rousseau de droite car il louait la nos­tal­gie : ça n’a aucun sens. Il faut pré­tendre à un juge­ment cri­tique auto­nome sur la réa­li­té. J’aime les élec­trons libres, les libres-pen­seurs. Par-delà les idéo­lo­gies et les argu­ments d’autorité – « Barthes a dit que… » Il n’y a plus de pen­sée libre dans l’université. Il y a un sys­tème d’intimidation domi­nant.

Mais com­ment arti­cu­lez-vous votre indi­vi­dua­lisme anar­chi­sant à votre cri­tique radi­cale de la socié­té – qui ne peut être ébran­lée que par des mou­ve­ments col­lec­tifs ?

Dès qu’on est plus de trois, on est une bande de cons – c’est Brassens qui expli­quait ça. Je redoute les méca­nismes à l’œuvre dans les dyna­miques de groupe. Mais je recon­nais qu’il en faut.

On lit trop, nous avez-vous dit…

« Le mar­ché de l’art contem­po­rain est une énorme bulle finan­cière – à la limite du blan­chi­ment d’argent. Ce n’est plus de l’art mais de la spé­cu­la­tion. »

C’est aus­si ce que disait Chomo. On est trop culti­vés. Je connais la bru­ta­li­té du désert cultu­rel, je sais cette souf­france… Allez dans le Midwest amé­ri­cain : c’est ter­rible. Même sans lire, en France, nous sommes pétris de culture. L’excès de culture est tout aus­si dan­ge­reux – Jean Dubuffet a par­lé de cette « asphyxiante culture ». J’ai eu besoin de faire table rase. On ne peut pas avoir tout lu. L’intellectuel fran­çais et l’art contem­po­rain évo­luent tou­jours au troi­sième ou qua­trième degré : on doit reve­nir aux sources, à ce qui est pri­mi­tif. Viser la régres­sion salu­taire. Mais pas par la bar­ba­rie, à laquelle on assiste en ce moment.

« Il faut faire des livres impu­bliables et des tableaux inven­dables », peut-on lire dans la cor­res­pon­dance entre Marcel Moreau et Dubuffet…

(Il rit.) Je ne suis pas naïf au point de dire qu’il faut abo­lir le mar­ché de l’art. Mais celui de l’art contem­po­rain est une énorme bulle finan­cière – à la limite du blan­chi­ment d’argent. Ce n’est plus de l’art mais de la spé­cu­la­tion. On ne parle même plus de mar­ché, mais d’un méca­nisme inter­na­tio­nal qui obéit à la haute finance. Ce sont des mon­tages à très haute échelle, aux­quels par­ti­cipent les États. Ce sont donc des choix poli­tiques. Si une socié­té adopte les mots d’ordre de l’art contem­po­rain – la des­truc­tion du Beau, de l’œuvre, du sens, du sacré –, elle est morte.

Chomo

Mais il faut bien, pour ouvrir de nou­velles voies, pié­ti­ner par­fois cer­taines tra­di­tions…

Ce rai­son­ne­ment est faux. Qu’est-ce que ça signi­fie, être « conser­va­teur » ? Pourquoi cette peur ? Je connais dix ou quinze génies – je pèse mes mots. Chomo en était un. Un génie est habi­té, de Beethoven à Artaud. Parlez de génie à un cri­tique d’art pari­sien : il vous répon­dra que c’est un concept roman­tique, donc conser­va­teur, obso­lète et réac­tion­naire. Le génie existe. Certains vont beau­coup plus loin dans la manière d’habiter la vie. Mais le génie fait peur. Seuls les créa­teurs m’intéressent. Tout créa­teur est à la fois conser­va­teur et nova­teur : ce sont les deux faces de la même pièce. Toutes les révo­lu­tions remontent le temps pour avan­cer. La créa­tion doit reve­nir en arrière. Politiquement aus­si. Pensez à tous ces gens qui ont ten­té de trou­ver d’autres voies socia­listes, non-mar­xistes, des voies humaines à l’industrialisation et au monde du tra­vail : Fourier, Saint-Simon, Leroux. Marx a été féroce avec tous les autres pen­seurs sociaux de son temps. On devrait reve­nir à ces pen­sées pour s’en ins­pi­rer. L’idéal com­mu­niste est magni­fique, en soi, mais il a man­qué le cos­mique, le poé­tique. Aucun peuple ne vit sans opium, sans rêve. Les prêtres-ouvriers me touchent. Des gens remar­quables. Savez-vous pour­quoi Lévy a dis­sous la Gauche pro­lé­ta­rienne ?

« Nous, on défend l’art popu­laire, l’art des pauvres, l’art brut. On défen­dait l’ouvrier qui réa­li­sait des œuvres magni­fiques. »

Suite à l’expérience d’autogestion de LIP ?

Exactement. Les maos ont vu tous les chré­tiens de gauche qui lut­taient dans cette usine. Ils ont par­lé des heures ensemble. Benny Lévy a réa­li­sé qu’ils avaient, eux, tout faux – idéo­lo­gi­que­ment. Et il a fait désar­mer ses groupes.

Pourquoi la cri­tique de l’art contem­po­rain passe-t-elle par­fois pour du popu­lisme ?

C’est une très bonne ques­tion. Logiquement, les gens de gauche devraient le com­battre, au regard de son sno­bisme, des masses d’argent qu’il char­rie et de ses pré­ten­tions éli­tistes. Mais la gauche ne l’a jamais com­pris. C’est un aveu­gle­ment incom­pré­hen­sible. Les signes de recon­nais­sance sociale l’ont empor­té. Nous, on défend l’art popu­laire, l’art des pauvres, l’art brut. On défen­dait l’ouvrier qui réa­li­sait des œuvres magni­fiques. Et la gauche nous trai­tait de popu­listes ! On était sur­pris, au tout début. On pen­sait que ces gens « de gauche » seraient à nos côtés. On a eu des mil­liers de visi­teurs, mais pas une ligne dans la presse. Et l’art contem­po­rain entend récu­pé­rer l’art brut, à pré­sent. L’institution veut l’aseptiser pour le rendre assi­mi­lable au sys­tème. Supprimer ce qui fait « peuple », « pathos ». C’est une ten­dance lourde du mar­ché. Mais l’idéologie de l’art contem­po­rain a du plomb dans l’aile, il est en crise – je parle d’un chan­ge­ment de para­digme. Les ins­tal­la­tions et les éter­nels Duchamp fatiguent – même les élèves des Beaux-Arts n’y croient plus. Nous sommes dans une période d’insécurité, les Trente Glorieuses pas­sées : les gens se montrent de plus en plus récep­tifs aux dis­cours de l’art brut. C’est une évo­lu­tion notable. Les sphères du fric tentent de se main­te­nir dans un hors-sol per­ma­nent, sans contact.

Vous aimez le socio­logue Zygmunt Bauman, n’est-ce pas ?

C’est un vieux mon­sieur for­mi­dable. On est, contrai­re­ment à ce qu’on dit, dans une ère ultra-indus­trielle. Bauman ana­lyse ça de façon fine. On a vou­lu la flui­di­té des capi­taux en abo­lis­sant toutes les régu­la­tions ; on fait pareil avec les hommes. Il raconte bien la folie de notre temps. (Il se lève et nous montre L’Éthique a-t-elle une chance dans un monde de consom­ma­teurs ?) Notre temps de l’hypercapitalisme et de l’hypermodernité. Dix fois le PIB mon­dial tourne autour de la Terre en pro­duits déri­vés. 70 % des tran­sac­tions sur les actions sont auto­ma­ti­sées par des algo­rithmes. C’est de la folie. Chomo disait qu’on ne devrait rien consom­mer au-delà de 55 kilo­mètres du lieu de fabri­ca­tion ! (rires) Vous connais­sez Frédéric Lordon ?

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Sculptures de Chomo

On l’a inter­viewé pour notre numé­ro 3.

J’aime beau­coup ses écrits. Il a rai­son d’imposer ses condi­tions aux grands médias. On doit sépa­rer les banques d’investissement des banques d’affaires. Les ren­tiers détruisent le monde du tra­vail. On a trans­for­mé le monde en casi­no ! Lordon explique très bien qu’on a vou­lu trai­ter les ser­vices publics comme des entre­prises. C’est du mana­ge­ment. Et on l’a fait pour l’école – Michéa, un phi­lo­sophe com­mu­niste, en parle avec jus­tesse. Il fau­drait réha­bi­li­ter les filières manuelles, qu’on a cas­sées : les Français sont obsé­dés par les « grandes écoles ». On dia­bo­lise le tech­nique, l’électronique, les ouvriers, les bou­lan­gers. Toute ma vie, j’ai vu des gamins qui vou­laient fuir l’école. On devrait défi­nir une nou­velle culture géné­rale, celle qui per­met de vivre ensemble. J’ai des idées très pré­cises sur ce sujet – c’est un grand chan­tier. Sans cette cohé­rence, le sys­tème sco­laire ne peut qu’être déman­te­lé.


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Au sommaire :
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