Combattre la chasse à courre


Texte inédit pour le site de Ballast

Le rejet de la chasse en géné­ral et de la véne­rie en par­ti­cu­lier ras­semble une large par­tie de la popu­la­tion fran­çaise. Seulement 18 % des citoyennes et des citoyens s’y déclarent ain­si « favo­rables ». C’est qu’en plus de tuer pour le « plai­sir » — dixit le pré­sident de la Fédération natio­nale des chas­seurs —, le boys club de la chasse déverse du plomb dans les forêts, ter­ro­rise les ruraux et sème à tout va ses « balles per­dues ». Chaque année, en France, ce sont plus de vingt mil­lions d’a­ni­maux qui sont abat­tus dans les champs, les forêts et aux abords des villes ; en deux décen­nies, plus de quatre-cents per­sonnes ont été tuées au cours d’une action de chasse. Nous avons retrou­vé l’as­so­cia­tion Abolissons la véne­rie aujourd’­hui (AVA) à la lisière de la forêt de Compiègne : un cerf va être tra­qué. Ses mili­tantes et ses mili­tants sont sur le pied de guerre : fil­mer pour infor­mer et, qui sait, entra­ver l’ac­tion. ☰ Par Yanna Rival et Élie Marek


10 heures

Le ren­dez-vous a été don­né à l’o­rée de la forêt doma­niale de Compiègne, près d’un de ces car­re­fours en étoile héri­tiers de siècles de chasses monarchiques1. Une croix blanche marque le centre de la clai­rière, d’où partent, dans toutes les direc­tions, de vastes allées fores­tières. Les noms des pistes, de même que ceux des rues dans la ville proche, portent la mémoire des chasses royales et impé­riales : « Carrefour d’Eugénie », en l’hon­neur de l’an­cienne impé­ra­trice, com­pagne de Napoléon III ; « Carrefour du Veneur », nom don­né aux adeptes de la véne­rie, la chasse à courre au cerf2 ; « Carrefour de Diane », déesse de la chasse, etc. Sur le bas-côté, par­mi pro­me­neurs et pro­me­neuses, s’a­gite un attrou­pe­ment joyeux. Une quin­zaine de militant·es de l’as­so­cia­tion AVA (Abolissons la véne­rie aujourd’­hui) sont rassemblé·es dans l’at­tente des consignes pour la journée.

« Voici plu­sieurs années que la véne­rie fait l’ob­jet d’une guerre entre sou­tiens et détrac­teurs dans les forêts picardes, fran­ci­liennes, bre­tonnes ou ligériennes. »

Des petits groupes se forment : certain·es se pressent à l’ar­rière d’une voi­ture dont le coffre abrite bois­sons chaudes et en-cas ; d’autres trient puis dis­tri­buent le maté­riel qui sera employé — des tal­kies-wal­kies pour res­ter en contact mal­gré les défaillances du réseau sous les arbres, et des camé­ras GoPro afin de sai­sir autant d’i­mages que pos­sible. À l’ins­tar d’autres asso­cia­tions ani­ma­listes, les images sont le prin­ci­pal outil uti­li­sé par les militant·es d’AVA. Stan, fon­da­teur du col­lec­tif, nous l’ex­plique : « Dès qu’il y a le moindre inci­dent, comme un cerf en ville — ce qui arrive sou­vent —, c’est média­ti­sé parce qu’on a les images. Et pas seule­ment nous ! On a créé un gros réseau dans tous les vil­lages et les villes autour de la forêt. Si ça n’é­tait pas orga­ni­sé comme ça, on aurait été écra­sés la pre­mière année. » Ce sont de telles images qui nous ont fait venir : sur l’une d’elles, un cerf dans un cime­tière et des hommes qui y pénètrent à sa pour­suite ; sur une autre, un ani­mal affo­lé cou­rant dans les rues d’une ville, des chiens à ses trousses ; sur une autre encore, cap­tée une semaine plus tôt, chas­seurs et chiens s’ap­prochent d’un stade de foot à la suite d’un cerf traqué.

En cette mati­née de novembre, si une quin­zaine d’hommes et de femmes se réunissent en lisière de forêt, c’est pour se battre contre une même pra­tique hon­nie. Depuis 2016, la contes­ta­tion s’or­ga­nise, la véne­rie fai­sant depuis plu­sieurs années l’ob­jet d’une « guerre3 » entre sou­tiens et détrac­teurs dans les forêts picardes, fran­ci­liennes, bre­tonnes ou ligé­riennes. Si elle n’a pas man­qué d’être décriée au cours de l’Histoire, a for­tio­ri lorsque chas­ser était un pri­vi­lège sei­gneu­rial, rare­ment l’op­po­si­tion n’a été aus­si franche et géné­ra­li­sée que ces der­nières décen­nies. Les son­dages indiquent une large oppo­si­tion à toute forme de chasse et, plus par­ti­cu­liè­re­ment, à la chasse à courre4. Mais la nou­veau­té réside dans le fait que cette oppo­si­tion de prin­cipe s’ac­com­pagne désor­mais d’une bataille sur le terrain. 

[Stan | Stéphane Burlot | Ballast]

À Compiègne, bas­tion de la contes­ta­tion, cela fait cinq années que chaque chasse à courre est sur­veillée, fil­mée puis dif­fu­sée sur Internet par les membres d’AVA. Pourtant, Stan le rap­pelle : « Au départ, l’i­dée était de créer des bas­tions d’ha­bi­tants qui n’o­saient pas éle­ver la voix contre la chasse à courre, et pas de sor­tir en forêt, ce qui fina­le­ment est deve­nu un mode d’ac­tion qui marche super bien. » Ce à quoi s’op­posent les militant·es et bon nombre d’habitant·es de l’Oise, c’est à l’ac­ca­pa­re­ment et à la pri­va­tion de la forêt que repré­sente la véne­rie. « La chasse à courre divise com­plè­te­ment la socié­té de Compiègne », nous raconte Claire, kiné­si­thé­ra­peute dont les rela­tions avec les patient·es se sont par­fois ten­dues depuis que son enga­ge­ment au sein d’AVA est deve­nu de noto­rié­té publique. Avant qu’il ne fonde l’as­so­cia­tion, Stan, lui, se sou­vient d’habitant·es « qui ont dû se battre avec des veneurs dans le vil­lage, de gens qui allaient au bou­lot et se fai­saient cou­per la route par des chiens ». Il ajoute : « S’ils klaxon­naient, ils se fai­saient fouet­ter leur voi­ture et trai­ter de manants. » Alors en 2016, quand Alain Drach, le maître de l’é­qui­page La Futaie des Amis, qui était inter­dit de chasse depuis un mois suite à une sanc­tion, revient en forêt, un petit groupe décide de le suivre et de prendre quelques pho­tos. « On a vu que c’é­tait pos­sible. Du coup, on est reve­nus à cinq, puis à quinze, puis à vingt — c’est une porte qu’ils n’ont jamais pu refer­mer. » Depuis, les effec­tifs fluc­tuent, avec en moyenne une ving­taine de per­sonnes à chaque sor­tie, dont le but est de docu­men­ter les pra­tiques de la véne­rie en récol­tant un maxi­mum d’images.

10 heures 30

« Ses actions sont moti­vées aus­si bien par des savoirs concer­nant les pra­tiques concrètes des chasseur·ses et les com­por­te­ments des ani­maux, que par une connais­sance empi­rique de la forêt. »

Les groupes sont consti­tués et res­te­ront les mêmes tout au long de la jour­née. Cinq voi­tures partent en vadrouille, et nous pre­nons la route avec Willy et Keely. Si le pre­mier sou­tient l’as­so­cia­tion depuis trois ans, ce n’est qu’à la reprise de la sai­son de chasse, en sep­tembre, qu’il s’est mis à accom­pa­gner les militant·es. Propriétaire d’une par­celle fores­tière et sou­cieux de la pré­ser­va­tion du patri­moine natu­rel que repré­sentent les bois, Willy s’est trou­vé confron­té aux chas­seurs à plu­sieurs reprises : « J’ai eu des pro­blèmes avec eux en forêt quand je fai­sais du bois. On a été sou­vent embê­tés, il fal­lait pas faire de bruit… On a été blo­qués par les sui­veurs, aus­si. On vou­lait faire un demi-tour avec une remorque, c’é­tait pas pos­sible, alors ça blo­quait la route. Ils ont essayé de contour­ner avec leur 4x4 et nous ont presque rou­lé des­sus. On a fini par sor­tir la masse et le mer­lin. » On ima­gine la scène ; et on com­prend sans peine que les veneurs aient fait demi-tour. 

Keely, pour sa part, confie volon­tiers que les sor­ties avec AVA occupent une place impor­tante dans son quo­ti­dien. Si elle a enta­mé des études à Lille afin de deve­nir guide natu­ra­liste, elle revient chaque week-end à Compiègne pour pour­suivre un enga­ge­ment de longue date. À tout juste 19 ans, sa matu­ri­té impres­sionne : elle affiche une fine connais­sance du ter­ri­toire et une déter­mi­na­tion qui l’ont fait connaître (et détes­ter !) des adeptes de la véne­rie au-delà de l’Oise. Il faut dire que Keely maî­trise autant les codes de l’ac­tion col­lec­tive que ceux de la chasse à courre — et pour cause : elle y a elle-même par­ti­ci­pé enfant, comme sui­veuse, emme­née par des parents d’a­mie. Loin d’i­gno­rer les usages cyné­gé­tiques [rela­tif à la chasse, ndlr] ce que certain·es chercheur·es peuvent repro­cher aux opposant·es à la chasse et ain­si dis­qua­li­fier leurs arguments5 , la mili­tante sait dis­tin­guer un « daguet6 » d’un « dix cors7 » aux bois que portent les ani­maux tra­qués. Elle nous détaille la « curée8 » qui fait suite à la chasse et n’ou­blie pas de reve­nir sur la hié­rar­chie qui carac­té­rise la com­po­si­tion d’un équi­page, nous pré­ci­sant que le « piqueux », char­gé des chiens, est le seul à être sala­rié pour s’oc­cu­per du che­nil. La maî­trise de ce voca­bu­laire — ou, selon les socio­logues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, cet « éso­té­risme de la langue » — est pour les veneurs « l’un des plus sûrs moyens d’i­den­ti­fier sans erreur pos­sible un intrus9 ». Mais Keely, jus­te­ment, leur oppose une cri­tique arti­cu­lée dans leur propre lan­gage. Ses actions sont moti­vées aus­si bien par des savoirs concer­nant les pra­tiques concrètes des chasseur·ses et les com­por­te­ments des ani­maux, que par une connais­sance empi­rique de la forêt. Toute petite, elle y pas­sait déjà des nuits avec Claire, sa mère, pour écou­ter le brame du cerf et accou­tu­mer son ouïe aux bruits des bois. Aujourd’hui, elle s’ap­plique aus­si à regar­der la forêt et les ani­maux qui la peuplent à tra­vers l’ob­jec­tif d’un appa­reil photo.

[Keely | Stéphane Burlot | Ballast]

Tandis que les his­toires se racontent, la voi­ture remonte une allée fores­tière et gagne un car­re­four où sont réunis des cava­liers, des camions à che­vaux et des sui­veurs. L’organisation de la chasse est bien rodée. Elle suit une même logique depuis des décen­nies — c’est qu’on chasse le cerf depuis long­temps en forêt de Compiègne. Au début du XXe siècle, le baron James de Rothschild, un temps maire de la ville, dirige une meute. Puis sa fille, Monique, « figure emblé­ma­tique de la chasse à courre » selon la presse locale10, fonde en 1961 La Futaie des Amis, équi­page que nous sui­vrons aujourd’­hui. Depuis vingt ans, c’est son fils, le sus­nom­mé Alain Drach, qui en a pris la direc­tion. Sa vie semble avoir été exclu­si­ve­ment dédiée à la véne­rie. Président d’une marque de vête­ments de chasse, on pou­vait récem­ment l’en­tendre dans une émis­sion de radio affir­mer fiè­re­ment : « Mon équi­page depuis 1961 a pris près de 1 600 cerfs. » Et pour tant de cerfs abat­tus, com­bien de che­vaux et de chiens épuisés ?

« C’est qu’on chasse le cerf depuis long­temps en forêt de Compiègne. Au début du XXe siècle, le baron James de Rothschild, un temps maire de la ville, dirige une meute. »

Car des chiens et des che­vaux, nous en ver­rons beau­coup au fil de la jour­née. La culture équestre est omni­pré­sente dans la deuxième com­mune de l’Oise. Non loin de là se trouvent un hip­po­drome par­mi les plus appré­ciés des adeptes de courses et un stade équestre où les ama­teurs et ama­trices peuvent s’en­traî­ner. À notre arri­vée, deux agents de gen­dar­me­rie mon­tés sur de grands che­vaux bais patrouillaient — nous en croi­se­rons d’autres un peu plus tard. Enfin, par­mi les militant·es, cer­taines sont d’an­ciennes cava­lières, et l’une d’elles porte même une veste à l’ef­fi­gie de son club équestre. Lorsqu’on a deman­dé à Hana et Keely si elles recon­nais­saient leur pra­tique de cava­lière dans la manière qu’ont les veneurs de trai­ter leurs che­vaux, elles se sont esclaf­fées : « On ne dépasse pas deux heures quand eux, au bout de six heures de chasse, ils se disent enfin que le che­val est peut-être fati­gué — alors qu’il est blanc de mousse. Après, ils passent du galop à l’ar­rêt et ils les mettent direc­te­ment dans le camion, tou­jours sel­lés, avec le mors. » Pour les membres d’AVA, les che­vaux mon­tés pour la chasse sont consi­dé­rés par les chas­seurs et chas­seuses comme des « moby­lettes » : de simples moyens de loco­mo­tion inter­chan­geables. Pour preuve, les ani­maux n’ap­par­tiennent pas tou­jours à l’é­qui­page et cer­tains sont par­fois loués le temps d’un same­di, quand d’autres sont ame­nés sur les lieux de la chasse sans être for­cé­ment mobi­li­sés — « des che­vaux de réserve », en somme. Les chiens qui forment la meute font eux aus­si l’ob­jet de cette concep­tion uti­li­taire, dans laquelle leur san­té et leur confort importent peu. Selon les propres mots du maître d’é­qui­page, « le modèle [de chien] recher­ché est léger, rapide et endu­rant pour cor­res­pondre aux rythmes et durées de nos lais­ser-courre qui en moyenne durent 3 heures 30 ». Cette exi­gence parle d’elle-même : s’ils sont des outils, on fait peu de cas de la san­té des chiens. Keely nous invite à remar­quer que cer­tains d’entre eux « ont des tumeurs visibles et mani­fes­te­ment non soi­gnées ». 

11 heures

À la suite de Pierre, Hana, Hatim et Keely, qui forment une joyeuse bande de jeunes tou­jours accompagné·es de Willy, nous mar­chons dans la forêt. Les voi­tures ont été garées à l’a­bri, en retrait des zones iden­ti­fiées. Les militant·es d’AVA se sont dispersé·es dans dif­fé­rentes par­celles de la forêt à la recherche de l’é­qui­page, à l’é­coute des aboie­ments de la meute ou des coups de trompe qui en marquent le par­cours. Après une ving­taine de minutes sans qu’un son ne soit per­çu, nous rejoi­gnons une route fores­tière plus large, que quelques cyclistes empruntent. Ce sont, nous dit-on, des sui­veurs et des sui­veuses : des riverain·es ou des adeptes de la véne­rie, qui se mettent dans les pas des équi­pages pour assis­ter à la chasse. Selon plu­sieurs enquêtes socio­lo­giques, leurs ori­gines sociales seraient diverses, loin d’être seule­ment aris­to­cra­tiques ou bourgeoises11 — une diver­si­té que ne manquent pas de rap­pe­ler les défenseur·es de la véne­rie pour faire oublier l’ho­mo­gé­néi­té sociale des pratiquant·es. Leur but est de ne pas perdre de vue la meute afin de suivre le dérou­le­ment de l’ac­tion ; autre­ment dit, d’as­sis­ter à la chasse comme à un spec­tacle. Pour Claire, qui nous a accueilli·es plus tôt le matin, c’est aus­si un moyen de « récol­ter des miettes d’attention de la part des aris­to­crates ». Nous ver­rons beau­coup de ces suiveur·ses, à pied, à vélo, en voi­ture. Keely nous pré­cise que certain·es d’entre elles et eux, qui se déplacent en voi­ture ou 4x4, ont pour rôle « d’entraver la course du cerf pour le déso­rien­ter et l’épuiser ». En tout, près d’une cen­taine de badaud·es talonnent l’é­qui­page de chasse.

[Stéphane Burlot | Ballast]

Et par­mi elles et eux, un drôle de ser­vice d’ordre. Alors que nous mar­chons les oreilles aux aguets pour loca­li­ser où se trouve la meute, plu­sieurs voi­tures passent, repassent, nous dépassent en ralen­tis­sant. Certaines voies sont nor­ma­le­ment inac­ces­sibles aux véhi­cules à moteur, mais les veneurs et les vene­resses dis­posent d’au­to­ri­sa­tions spé­ciales les jours de chasse. Nous nous arrê­tons au car­re­four dit de la Patte d’oie, à l’af­fût du moindre aboie­ment. Là, deux 4x4 nous rejoignent bien­tôt. Une dizaine de per­sonnes en des­cendent : cinq hommes d’une cin­quan­taine d’an­nées nous observent d’a­bord depuis leurs voi­tures, puis se postent devant elles, en ligne, les bras croi­sés et le regard bra­qué dans notre direc­tion — nous sommes à vingt mètres. D’autres, plus jeunes, affublé·es de cha­subles jaunes estam­pillées « J’aime la chasse », se dirigent vers nous le nez au vent, mains der­rière le dos. Ils et elles nous tournent autour, voire se plantent, immo­biles, à moins d’un mètre de certain·es militant·es, un sou­rire railleur au coin des lèvres. Nulle hos­ti­li­té ouverte, mais la gêne est pal­pable. Les sen­ti­nelles se retrouvent sur­veillées. On demande aux nou­veaux et nou­velles arrivant·es ce qu’ils font là : « de la cueillette de cham­pi­gnons », répondent-ils, narquois·es. Mais leur ton se fait plus affable lors­qu’on leur dit être venu·es en jour­na­listes. Ils et elles nous expliquent s’être déplacé·es depuis Orléans pour accom­pa­gner la véne­rie du jour et la pro­té­ger des militant·es AVA. On appren­dra par la suite que les « J’aime la chasse » seraient payé·es à la jour­née pour cette utile pré­sence. Quoi qu’il en soit, c’est avec beau­coup d’ap­pli­ca­tion que le ser­vice d’ordre nous encercle et nous toise, entre­te­nant un dia­logue dou­ce­ment agres­sif, à l’hos­ti­li­té lar­vée. L’un de ses membres nous pro­pose d’ob­ser­ver la chasse depuis leur côté, la pro­chaine fois — nous déclinons.

11 heures 35

« Certain·es sont engagé·es en faveur des ani­maux. Pour d’autres, les forêts sont aus­si le lieu d’une lutte des classes. » 

Nous quit­tons la Patte d’oie, à pied, n’ayant pas repé­ré la posi­tion de la meute. En retour­nant vers les voi­tures, Willy nous parle des mani­fes­ta­tions des gilets jaunes aux­quelles il a par­ti­ci­pé, notam­ment deux fois à Paris. Pour lui, mani­fes­ter contre l’in­jus­tice sociale et lut­ter contre la véne­rie semblent rele­ver d’une même néces­si­té. Plus tard, Stan, qui a déci­dé de mettre en sour­dine son acti­vi­té musi­cale pour se consa­crer plei­ne­ment à l’as­so­cia­tion, nous dira en quoi AVA cata­lyse des enjeux poli­tiques évi­dents, par-delà la seule impli­ca­tion ani­ma­liste. « J’étais poli­ti­sé avant, mais je n’a­vais pas d’en­ga­ge­ment par­ti­cu­lier. Je vou­lais faire quelque chose pour la nature, les ani­maux… Quand j’ai appris qu’il y avait encore de la chasse à courre dans la forêt à côté, je n’ai pas hési­té. » Car dénon­cer quo­ti­dien­ne­ment la chasse à courre, c’est aus­si mettre au jour le fait que les plaintes de riverain·es ou usager·es de la forêt sont le plus sou­vent igno­rées ; c’est s’é­ri­ger contre l’ap­pro­pria­tion heb­do­ma­daire d’une forêt doma­niale — donc publique — à des fins cyné­gé­tiques ; c’est, enfin, ouvrir une fenêtre pour qu’un vent de contes­ta­tion naisse. Outre Stan, Willy ou Keely, d’autres pro­fils diver­se­ment mili­tants com­posent les rangs d’AVA. Certain·es sont engagé·es en faveur des ani­maux, comme ce jeune couple pré­sent aujourd’­hui, qui a récem­ment mon­té une antenne locale de l’as­so­cia­tion One Voice. Pour d’autres, les forêts sont aus­si le lieu d’une lutte des classes, et les insultes fusent régu­liè­re­ment entre chasseur·ses et militant·es : « bour­geois » répond à « chô­meurs », quand ce ne sont pas les bous­cu­lades et les menaces qui mettent en évi­dence un violent anta­go­nisme de classe. Bien sûr, les moti­va­tions des membres d’AVA sont mul­tiples et ne se limitent pas à cette oppo­si­tion trop sché­ma­tique. Ainsi Claire, qui en plus d’être kiné, soigne des ani­maux, reproche avant tout aux chas­seurs et aux chas­seuses de s’accaparer la forêt, d’y exer­cer une pré­sence auto­ri­taire et arro­gante. C’est notam­ment parce qu’elle a plu­sieurs fois été blo­quée en se ren­dant au tra­vail qu’elle a déci­dé de se mobi­li­ser. Si elle se conten­tait au départ de dépo­ser sa fille aux réunions de l’association et aux jour­nées d’action, Claire est aujourd’hui une membre à part entière de l’é­quipe. Pour la plu­part, il s’a­git sur­tout de mettre en lumière une pra­tique consi­dé­rée comme rétro­grade et cruelle. Mais reste que l’af­fi­lia­tion aris­to­cra­tique de La Futaie des Amis invite ses opposant·es à consi­dé­rer la véne­rie comme un pri­vi­lège socia­le­ment attribué.

12 heures

Dans les tal­kies-wal­kies, des voix cra­chotent. La chasse se situe­rait au niveau de la route fores­tière du Vivier, non loin d’un grand axe, et remon­te­rait vers Compiègne. Nous gagnons le bord de la route et atten­dons qu’on vienne nous cher­cher pour enfin rejoindre l’é­qui­page et le talon­ner. Ici, même manège que quelques minutes plus tôt : des voi­tures ou des 4x4 passent, repassent, ralen­tissent, s’ar­rêtent de l’autre côté de la route. Les occupant·es d’un véhi­cule gris nous observent et nous filment. De quoi nous diver­tir pen­dant l’at­tente, tan­dis que Keely nous explique ce qui serait, pour elle, une action idéale : « Il fau­drait que le cerf se cache de lui-même dans un vil­lage pour que les gens se rendent compte que ça existe encore. »

[Stéphane Burlot | Ballast]

Sitôt dans les voi­tures, on se dirige vers la route entre Compiègne et La Croix-Saint-Ouen. À l’a­vant, Keely com­mente le par­cours : là, un jour, un cerf aux abois s’est arrê­té tout près d’un bâti­ment public ; ici, des chiens ont tra­ver­sé pour suivre un ani­mal jusque dans la ville. On remonte un embou­teillage qui s’est for­mé dans le sens contraire : la chasse a lieu à l’en­droit indi­qué, et per­turbe le tra­fic. Le long de la file de voi­ture, on aper­çoit un cava­lier qui remonte la route au galop avant de s’en­gouf­frer dans la forêt. Willy se gare à la hâte sur le bas-côté. Immédiatement, Keely sort en cou­rant, tra­verse la route et s’en­gouffre dans les bois. On la suit. L’idéal serait de res­ter groupé·es mais les ronces rendent dif­fi­cile l’a­van­cée ; nous nous per­dons de vue à plu­sieurs reprises. Perchés sur leurs mon­tures à plus d’un mètre cin­quante au-des­sus du sol, les veneurs, eux, n’ont pas ce pro­blème. Autour de nous, devant et der­rière, la meute cherche et fouille en gémis­sant fort dans les aigus. Ce sont de grands chiens anglo-fran­çais au pelage blanc, noir et roux. Leurs aboie­ments forment une cloche dans laquelle nous tâchons d’a­van­cer, bien­tôt dépassé·es par des che­vaux et suivi·es par des cyclistes, les oreilles bour­don­nantes, essayant de suivre Keely qui court à toute vitesse, jus­qu’à par­ve­nir à une grande allée per­pen­di­cu­laire à la route. 

« Au milieu du che­min, à quelques dizaines de mètres, une grande masse brune s’est arrêtée. »

Et bien­tôt quel­qu’un crie « Le cerf ! » : au milieu du che­min, à quelques dizaines de mètres, une grande masse brune s’est arrê­tée. À peine a‑t-on le temps de l’i­den­ti­fier que l’a­ni­mal dis­pa­raît à cou­vert. On des­cend l’al­lée dans sa direc­tion, moins pour l’a­per­ce­voir de nou­veau que parce que l’on sait que chiens et veneurs sont à sa pour­suite. L’observation, pour nous comme pour la plu­part des militant·es, c’est d’ha­bi­tude à dis­tance, au hasard de nos balades dans les bois. Tim, régu­lier des sor­ties en forêt, nous a prévenu·es plus tôt dans la jour­née qu’au cours d’une chasse, moins le cerf est en contact avec des humains, plus il a de chances de sur­vivre — autant res­ter prudent·es. Nous arri­vons à un car­re­four. Sur la droite, Keely s’en­fonce sous les arbres tan­dis qu’une chas­seuse la suit de près et la har­cèle en l’in­vec­ti­vant. Des encou­ra­ge­ments sar­do­niques et criards résonnent dans les bois, « Allez Keely ! ». Sur la gauche et dans notre dos, trois veneurs nous rejoignent au trot, bien­tôt sui­vis d’un cycliste séduit par la traque. Les cava­liers, parés de redin­gotes bleues, trompes autour de la poi­trine et dagues à la cein­ture, feignent l’in­dif­fé­rence. Ils n’offrent que les flancs de leurs che­vaux et leur mépris à qui se trouve sur leur che­min. Passée la sur­prise de cette ren­contre, on se glisse à la suite de Keely et de sa pour­sui­vante. Puis les deux femmes quittent notre champ de vision. Quelques secondes passent, nous conti­nuons à avan­cer mais bien­tôt on entend les trompes et les cris qui sonnent l’hallali12 : l’a­ni­mal a dû s’ar­rê­ter tout près. Qu’il soit debout ou cou­ché, il est aux abois. Soudain un coup de feu détonne sur notre gauche, cin­quante mètres plus avant. Le retour des cors et des cris ne fait aucun doute : le cerf a été abat­tu. De nou­veau une voix railleuse s’é­lève et crie en boucle dans notre direc­tion « Bravo Keely ! », impu­tant iro­ni­que­ment la mort du cerf à l’ac­tion de la jeune fille.

12 heures 30

Mais les chasseur·ses sont fier·es et heureu·ses : ils et elles fêtent leur vic­toire au son des cors. Pourtant, selon le voca­bu­laire euphé­mi­sé propre à la chasse, ce n’est pas à l’arme blanche que l’a­ni­mal a été « ser­vi » (comme le veulent les règles), mais par un coup de fusil. « Celui qui a tiré, c’est Bonnefoy, l’un des trois cava­liers à pos­sé­der l’ha­bi­li­té à tuer », nous explique Keely. « C’est la troi­sième fois qu’il tue un cerf [cette sai­son]. Les chas­seurs ont fait exprès de choi­sir quel­qu’un d’ex­pé­ri­men­té pour que ça aille plus vite », crai­gnant sans doute que les militant·es d’AVA ne par­viennent à mettre fin à leur course comme la semaine pré­cé­dente dans la com­mune de Saint-Sauveur. Une fois l’a­ni­mal mort ou sup­po­sé mort, un « bra­ce­let » est atta­ché à l’une de ses pattes, bra­ce­let cor­res­pon­dant à une « auto­ri­sa­tion de pré­le­ver » attri­buée par l’Office natio­nal des forêts (ONF) aux veneurs. Tout, ensuite, s’en­chaîne très vite. Alors que le cerf bouge encore ner­veu­se­ment les membres, il est tiré par les bois hors du taillis puis por­té et dépo­sé en toute hâte à l’ar­rière d’une camionnette.

[Stéphane Burlot | Ballast]

Keely, qui se trou­vait à proxi­mi­té immé­diate du cerf avant qu’il ne soit abat­tu, a tout fil­mé. On retrou­ve­ra ses images et sa voix en ligne peu de temps après la sor­tie en forêt. Choquée, en colère, elle affirme qu’elle ne pour­ra jamais « reti­rer ces images de [son] cer­veau », que c’est « un trau­ma­tisme de plus ». Elle qui connaît si bien la forêt a pu sen­tir « l’o­deur du cerf en train de mou­rir », consta­ter qu’il bou­geait encore lorsque le bra­ce­let a été posé et s’a­per­ce­voir que c’é­tait un jeune cerf qui aurait pu vivre encore long­temps. Mais une fois les der­nières images cap­tu­rées et le cadavre déro­bé à notre vue, il n’y a plus rien à faire. Nous retrou­vons alors plu­sieurs militant·es qui s’é­taient dispersé·es au gré des évé­ne­ments. La plu­part ont le visage fer­mé, cer­tains semblent sur le point d’ex­plo­ser tan­dis qu’une autre a les larmes aux yeux. Ils ont per­du cette bataille, et tous les chasseur·ses présent·es se font une joie de le leur signa­ler. On décide de quit­ter les lieux et de se ras­sem­bler vers les voi­tures, où attendent, inquiet·es, les conduc­teurs et les conduc­trices, dont la mère de Keely. En che­min, on croise une nou­velle fois les gilets fluo des « J’aime la chasse ». Leurs sou­rires sont radieux. D’un côté comme de l’autre, des dents ser­rées fusent des pro­vo­ca­tions, des insultes qui finissent en bous­cu­lades. Les plus énervé·es sont mis·es à l’é­cart et les autres par­le­mentent, chacun·e fai­sant montre d’une mau­vaise foi qu’on sait de bonne guerre. Une gen­darme inter­vient. Son front plis­sé indique une las­si­tude évi­dente. Sur le ton de la ren­gaine, elle demande si des dépo­si­tions veulent être faites, si des plaintes sont à enregistrer. 

« Au-delà de la vic­toire que consti­tue chaque ani­mal sau­vé, le com­bat est éga­le­ment sym­bo­lique, poli­tique et territorial. »

Une fois les ten­sions cal­mées, on tâche de dres­ser le bilan : le nombre de cerfs tués a‑t-il dimi­nué ces der­nières années ? D’après Keely, une ving­taine d’a­ni­maux étaient abat­tus chaque sai­son avant qu’AVA ne com­mence à inter­ve­nir, là où quatre seule­ment l’ont été depuis le début de celle-ci. C’est bien peu d’in­di­vi­dus, com­pa­ré au nombre d’a­ni­maux tués dans ce même mas­sif par la chasse à tir ; c’est bien peu, aus­si, si l’on songe au mil­lier de cerfs abat­tus sur l’en­semble du dépar­te­ment tous les ans13. Mais au-delà de la vic­toire que consti­tue chaque ani­mal sau­vé, le com­bat, on l’a vu, est éga­le­ment sym­bo­lique, poli­tique et territorial.

14 heures

L’énervement est retom­bé, les « J’aime la chasse » et les gen­darmes sont repar­tis. On s’é­change les impres­sions de la mati­née, on reprend quelques forces à coups de cho­co­lat et de café. Des infor­ma­tions arrivent d’un bois proche, où un autre équi­page sévit ce same­di. L’envie de ne pas lais­ser la chasse se dérou­ler impu­né­ment a rai­son de l’a­bat­te­ment : les groupes se reforment et nous voi­ci reparti·es sur les routes en direc­tion de la forêt de Laigue. Sur la route, Keely se sou­vient d’i­mages mar­quantes qu’on ima­gine dif­fi­ciles à oublier. « Une fois un cerf est mort d’in­toxi­ca­tion, d’empoisonnement du sang. Il est mort devant mes yeux, dans un petit ru. On ne vou­lait pas don­ner le cerf. On avait le cerf mort dans nos bras pen­dant deux heures, la GoPro tour­nait et tous les chas­seurs res­taient autour de nous. On ne vou­lait pas qu’il serve de nappe à la curée14. » On la ques­tionne sur la vio­lence de cer­taines sor­ties, tant au niveau émo­tion­nel que phy­sique. Elle égraine les bles­sures reçues par des membres de l’as­so­cia­tion, à cause de chutes ou de bous­cu­lades. Des risques qui ne sont pas mis en avant sur les vidéos dif­fu­sées, afin de ne pas effrayer les militant·es potentiel·les qui vou­draient rejoindre l’as­so­cia­tion, ou au contraire pour ne pas atti­rer celles et ceux qui seraient en quête de bagarre. La dis­cus­sion avance, mais notre recherche du nou­vel équi­page pié­tine : plu­sieurs indices nous mènent vers un che­min ou un autre, avant que nous tom­bions enfin sur un attrou­pe­ment où chas­seurs, sui­veurs, chiens et che­vaux se mêlent. Les bières ouvertes et les casse-croûtes enta­més indiquent qu’i­ci aus­si, la chasse est ter­mi­née. C’est trop tard pour aujourd’­hui. Pour pal­lier la décep­tion, Keely rap­pelle le suc­cès du week-end pas­sé et Willy nous décrit les biches vues le mer­cre­di pré­cé­dent, sans qu’une action de chasse ait pu se dérou­ler. La sor­tie prend fin.

[Stéphane Burlot | Ballast]

15 heures

Comme au début de la jour­née, les coffres s’ouvrent sur des en-cas et des bois­sons que Lily et Christine dis­tri­buent cha­leu­reu­se­ment. De retour au point de ren­dez-vous plus tôt que pré­vu, les dis­cus­sions traînent, l’ex­ci­ta­tion per­siste, la joie d’être réuni·es com­pense l’a­bat­te­ment. Après une pho­to de groupe, le col­lec­tif com­mence à se sépa­rer. Certain·es n’at­ten­dront pas le same­di sui­vant pour sor­tir et iront suivre la chasse du mer­cre­di. En bottes et en treillis, Tim est par­mi les pre­miers à par­tir. S’il est ori­gi­naire de Compiègne et, ajoute-il, n’a jamais habi­té loin de l’Oise, le tra­vail l’a conduit dans un dépar­te­ment voi­sin. Aujourd’hui il signait sa der­nière sor­tie avant jan­vier. Un emploi tem­po­raire dans la grande dis­tri­bu­tion pour les fêtes de fin d’an­née ne lui lais­se­ra pas le temps suf­fi­sant pour par­ti­ci­per en décembre. Mais, il l’as­sure, il revien­dra « le plus tôt pos­sible ». Dès le len­de­main, les images de la jour­née seront dif­fu­sées sur les réseaux sociaux — et il en sera de même chaque semaine pour de nom­breuses forêts fran­çaises jus­qu’à la fin de l’hi­ver. En novembre et en décembre, l’as­so­cia­tion a relayé des infor­ma­tions recueillies et des actions menées à Orléans, en Bretagne, dans le Perche, dans l’Orne. À l’heure de se quit­ter, Stan se réjouit de pou­voir faire exemple, même s’il se garde d’un excès d’op­ti­misme : « Tous les ans il y a des antennes d’AVA qui meurent, d’autres qui naissent… » Ce qui ne l’empêche pas de conclure, sûr de lui : « ici, ça ne mour­ra jamais. »


Photographies de ban­nière et de vignette : Stéphane Burlot | Ballast


  1. L’historien Jérôme Buridant l’a bien mon­tré pour ce qui est du XVIIe siècle dans l’ar­ticle sui­vant : « Les ges­tions des forêts de véne­rie au XVIIe siècle », Dix-sep­tième siècle, vol. 226, n° 1, p. 17–27.
  2. À dis­tin­guer de la véne­rie sous terre, où il s’a­git de déter­rer blai­reaux et renards, du vau­trait, chasse à courre au san­glier, et des véne­ries au che­vreuil ou au lièvre, dont cer­taines se pra­tiquent à pied.
  3. Charles Stépanoff, « La forêt est en guerre. Enquête sur le conflit autour de la chasse à courre », Terrain, 2020.
  4. Selon deux son­dages parus en 2021, l’un com­man­dé par l’as­so­cia­tion One Voice, l’autre par la Fédération natio­nale des chas­seurs, plus de la moi­tié des Français·es seraient défa­vo­rables à la chasse, quand seul·es 18 à 20 % lui seraient favo­rables. S’agissant de la chasse à courre, 79 % des répondant·es se disaient opposé·es à sa pra­tique.
  5. Par exemple Stépanoff, art. cit.
  6. Jeune cerf qui en est à sa pre­mière ramure.
  7. Cerf arbo­rant deux fois dix cors sur chaque bois.
  8. Moment où l’on donne aux chiens les abats de la bête abat­tue, avant qu’elle ne soit par­ta­gée entre les veneurs.
  9. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La Chasse à courre. Ses rites et ses enjeux, Payot, 1995.
  10. Le Courrier picard, 19 jan­vier 2018.
  11. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, op. cit. ; Héloïse Fradkine, « Chasse à courre, rela­tions inter­classes et domi­na­tion spa­tia­li­sée », Genèses, n° 2, 2005 ; Charles Stépanoff, L’Animal et la mort, La Découverte, 2021.
  12. Signal sonore indi­quant que l’a­ni­mal tra­qué est épui­sé et qu’il peut être mis à mort.
  13. Chiffre de la Fédération des chas­seurs de l’Oise.
  14. Par nappe il faut entendre la peau du cerf dis­po­sée sur sa car­casse et ses abats, lors de la curée. Une fois la peau sou­le­vée, les abats sont décou­verts et les chiens peuvent s’en repaître.

REBONDS

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Yanna Rival

Étudiante en arts et en langues, née entre 1990 et 2000.

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Élie Marek

Étudie la géographie libertaire, écrit et fait du pain.

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