S’inspirer des révoltes pré-capitalistes ?


Texte inédit pour le site de Ballast

Nous vivons une période his­to­rique trou­blée. Le capi­ta­lisme est entré dans une de ses phases les plus cri­tiques (aux niveaux social, éco­no­mique, éco­lo­gique et cultu­rel) ; il n’est peut-être pas inutile, pour celles et ceux qui dési­rent sor­tir de cette impasse en vue d’une socié­té plus éga­li­taire, de se pen­cher sur les révoltes et les mou­ve­ments sociaux d’a­vant l’émergence dudit mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. La connais­sance de l’Histoire n’est jamais vaine : elle per­met de mieux sai­sir la socié­té dans laquelle nous vivons, d’en com­prendre la com­plexi­té et la façon dont elle s’est pro­gres­si­ve­ment déployée dans le temps et l’es­pace, en en sai­sis­sant les contra­dic­tions, les rup­tures et les poten­tia­lités. ☰ Par François D’Agostino


« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été
que l’histoire de la lutte des classes. 
»

(K. Marx et F. Engels, Le Manifeste du Parti communiste, 1848)

melConnaître l’Histoire et son pro­ces­sus com­plexe, c’est, dans le cadre des luttes de classes, aus­si néces­saire que la connais­sance du ter­rain pour les mili­taires en opé­ra­tion. Mais, au-delà de cet aspect, la maî­trise de l’Histoire peut avoir une autre fonc­tion : en tenant compte de manière rigou­reuse des pro­grès des sciences his­to­riques (dans les­quelles nous ran­ge­rons aus­si, outre l’his­toire, l’ar­chéo­lo­gie et l’an­thro­po­lo­gie), les mili­tants et autres acteurs de l’é­man­ci­pa­tion pour­ront uti­le­ment repen­ser l’ap­proche théo­rique d’un « mar­xisme vul­gaire¹ » engon­cé dans une approche éco­no­miste et méca­niste déses­pé­rante de fata­lisme (et fran­che­ment démo­bi­li­sa­trice), tout en s’at­te­lant à la recherche d’al­ter­na­tives « à l’é­tat actuel des choses » et de che­mins à prendre pour y par­ve­nir.

Quelle conception matérialiste de l’Histoire ?

« Matérialisme his­to­rique » : l’ex­pres­sion est lan­cée ! Pour les contemp­teurs du mar­xisme, ces deux termes acco­lés évo­que­ront pêle-mêle « les pires heures de l’Histoire », « l’hor­reur sta­li­nienne » ou « une pseu­do-science » (bif­fez la men­tion inutile !). Même chez cer­taines per­sonnes se reven­di­quant du vieux Karl, la simple évo­ca­tion du concept amène son lot de sueurs froides, remé­mo­rant les sou­ve­nirs de bré­viaires dis­pen­sables, tel l’o­pus­cule de Joseph Staline Le Matérialisme dia­lec­tique et le maté­ria­lisme his­to­rique et autres sim­pli­fi­ca­tions outran­cières. Rien de bien réjouis­sant, on en convien­dra. C’est dans l’Idéologie Allemande2, œuvre datant de 1845 mais long­temps res­tée inédite (jus­qu’en 1932, pour être exact), que Marx et Engels com­mencent à éla­bo­rer une concep­tion propre de l’Histoire et de son étude, en rup­ture avec l’idéalisme hégé­lien. Mais c’est dans le Manifeste que la « concep­tion maté­ria­liste de l’Histoire » est, pour la pre­mière fois, expri­mée publi­que­ment et de manière rela­ti­ve­ment éla­bo­rée. Marx et Engels y abordent sché­ma­ti­que­ment les dif­fé­rents « stades de déve­lop­pe­ment » : com­mu­nisme pri­mi­tif, socié­tés escla­va­giste, féo­dale et capi­ta­liste. À par­tir de là, et jus­qu’à sa mort, Marx, aidé d’Engels, ne ces­se­ra d’af­fi­ner sa concep­tion de l’Histoire — notam­ment en 1859, dans la pré­face à la Contribution à la cri­tique de l’é­co­no­mie poli­tique3. Cela dit, l’ex­pres­sion « maté­ria­lisme his­to­rique » (pas plus que celle de maté­ria­lisme dia­lec­tique, du reste) n’a jamais été employée par Marx.

« Comment pré­sen­ter la concep­tion mar­xiste de l’Histoire ? »

Comment pré­sen­ter la concep­tion mar­xiste de l’Histoire ? Marx et Engels la défi­nissent ain­si dans l’Idéologie alle­mande : « Cette concep­tion de l’Histoire a donc pour base le déve­lop­pe­ment du pro­cès réel de la pro­duc­tion, et cela en par­tant de la pro­duc­tion maté­rielle de la vie immé­diate ; elle conçoit la forme des rela­tions humaines liée à ce mode de pro­duc­tion et engen­drée par elle, je veux dire la socié­té civile à ses dif­fé­rents stades, comme étant le fon­de­ment de toute l’his­toire, ce qui consiste à la repré­sen­ter dans son action en tant qu’État aus­si bien qu’à expli­quer par elle l’en­semble des diverses pro­duc­tions théo­riques et des formes de la conscience, reli­gion, phi­lo­so­phie, morale, etc., et à suivre sa genèse à par­tir de ces pro­duc­tions, ce qui per­met alors natu­rel­le­ment de repré­sen­ter la chose dans sa tota­li­té (et d’exa­mi­ner aus­si l’ac­tion réci­proque de ses dif­fé­rents aspects). Elle n’est pas obli­gée, comme la concep­tion idéa­liste de l’his­toire, de cher­cher une caté­go­rie dans chaque période, mais elle demeure constam­ment sur le soi réel de l’his­toire ; elle n’ex­plique pas la pra­tique d’a­près l’i­dée, elle explique la for­ma­tion des idées d’a­près la pra­tique maté­rielle […]. »4

Cette cita­tion per­met de cer­ner quelques aspects déter­mi­nants de la pen­sée his­to­rique mar­xienne : impor­tance des condi­tions maté­rielles (la « struc­ture »), rap­port dia­lec­tique avec les super­struc­tures (l’« action réci­proque » !), approche tota­li­sante, notion de socié­té comme « rap­ports humains », rup­ture avec l’i­déa­lisme et, par­tant, avec l’ap­proche « bour­geoise » qui se foca­lise sur les « grands hommes ». Si, comme le rap­pelle l’his­to­rien Hobsbawm5, on ne sau­rait réduire Marx à un « réduc­tion­niste éco­no­mique », il appa­raît assez clai­re­ment que de nom­breux mar­xistes ont trop sou­vent résu­mé l’ap­proche maté­ria­liste de l’Histoire aux seuls phé­no­mènes « struc­tu­rels », délais­sant cer­tains champs d’é­tudes et pro­pa­geant une vision méca­niste où les dif­fé­rents stades de déve­lop­pe­ment se suc­cé­de­raient (avant d’a­bou­tir au socia­lisme) : dis­qua­li­fiant ain­si, comme uto­piques ou pré­ma­tu­rés, voire car­ré­ment réac­tion­naires et allant contre le « sens de l’Histoire », les révoltes et mou­ve­ments sociaux ayant eu lieu avant l’apparition du capi­ta­lisme. C’est d’ailleurs cette vision des choses qui mène­ra au rejet de la révo­lu­tion d’Octobre [1917] par cer­tains gar­diens auto-pro­cla­més de l’« ortho­doxie mar­xiste » (tel le théo­ri­cien alle­mand Kautsky), au motif que la Russie n’a­vait pas connu un déve­lop­pe­ment suf­fi­sant du capi­ta­lisme.

1917

Manifestation de femmes russes, en 1917 (DR)

L’honnêteté intel­lec­tuelle impose de recon­naître que, quel que soit notre atta­che­ment au mar­xisme, nombre de « véri­tés » pré­sen­tées comme incon­tes­tables sont aujourd’­hui remises en ques­tion : sur la vraie nature des rap­ports au sein des socié­tés pré-his­to­riques6, sur l’é­mer­gence du capi­ta­lisme7, etc. Cela doit nous ame­ner à nous poser des ques­tions sur les luttes sociales et leurs bases concrètes, leurs poten­tia­li­tés à une époque don­née, sans vou­loir « rabo­ter le pied pour le faire entrer dans le sabot ». Heureusement, au sein même des dif­fé­rents cou­rants qui se réclament du mar­xisme, des francs-tireurs ont assez rapi­de­ment remis ce déter­mi­nisme éco­no­mique (fina­le­ment, et assez para­doxa­le­ment, « bour­geois ») en ques­tion : son­geons à Gramsci, Hobsbawm ou encore E. P. Thompson. C’est clai­re­ment dans cette conti­nui­té que nous sou­hai­tons nous pla­cer ici.

La longue histoire des luttes de classes

Aussi loin que remontent les sources his­to­riques et archéo­lo­giques attes­tant d’une divi­sion de la socié­té en classes, et ce, par­tout sur la Terre, il y a eu des hommes, des femmes et des mou­ve­ments, de plus ou moins grande impor­tance, pour contes­ter la domi­na­tion d’un groupe humain sur un ou plu­sieurs autres. Après tout, la Bible elle-même, dans le livre de l’Exode, ne contient-elle pas le récit d’une révolte d’es­claves cher­chant à fuir ses oppres­seurs ? La socié­té romaine8, par exemple, est connue pour les nom­breuses luttes de classes et bou­le­ver­se­ments de ses struc­tures sociales, éco­no­miques et cultu­relles au cours des siècles : réformes des Gracques, insur­rec­tions et révoltes d’es­claves comme celle menée par Spartacus, conflits entre plé­béiens et patri­ciens, et bien d’autres encore, ne cessent de ryth­mer les récits des his­to­riens antiques. L’essor du chris­tia­nisme puise en par­tie ses sources dans ces conflits de classe.

« Après tout, la Bible elle-même, dans le livre de l’Exode, ne contient-elle pas le récit d’une révolte d’es­claves cher­chant à fuir ses oppres­seurs ? »

En Chine9, c’est un nombre impres­sion­nant de révoltes pay­sannes que les dif­fé­rentes dynas­ties ont affron­té au cours des siècles. Partout où des civi­li­sa­tions orga­ni­sées en sys­tèmes éta­tiques, de la plus loin­taine Antiquité jus­qu’à l’« aube » de la socié­té indus­trielle10, les jac­que­ries, les révoltes urbaines et les mou­ve­ments d’ins­pi­ra­tion plus ou moins reli­gieuse ne ces­se­ront de bou­le­ver­ser l’ordre éta­bli. Eric Hobsbawm, dans plu­sieurs de ses tra­vaux11, a évo­qué la figure ambi­guë du « ban­dit social ». La légende de Robin des Bois fait clai­re­ment par­tie de l’i­ma­gi­naire col­lec­tif occi­den­tal, indé­pen­dam­ment de son inexis­tence his­to­rique. Elle reflète quelque chose de plus pro­fond : oppo­si­tion entre « petit peuple » et aris­to­cra­tie, sub­ver­sion de l’ordre exis­tant, mise en com­mun et redis­tri­bu­tion des richesses, chan­ge­ment de la place attri­buée aux femmes, etc. Que ce soient des figures posi­tives, réelles ou fic­tives, ou de plus troubles per­son­nages ou mou­ve­ments, les aspi­ra­tions ances­trales des peuples à plus de liber­té, de digni­té et d’é­ga­li­té ont sou­vent fait corps avec ces incar­na­tions de la défiance aux puis­sants. Carlo Lévi, dans un chef‑d’œuvre de la lit­té­ra­ture ita­lienne, Le Christ s’est arrê­té à Eboli, évoque magis­tra­le­ment le sou­ve­nir lais­sé par les bri­gands à des pay­sans qui n’in­té­ressent les dif­fé­rents pou­voirs que pour mieux être oppri­més. Nous pour­rions écrire des mil­liers de pages sur ces exemples que nous venons à peine d’ef­fleu­rer. Voyons quelle trou­blante réso­nance ces luttes pas­sées peuvent avoir pour celles et ceux qui veulent lut­ter, ici et main­te­nant.

E. P. Thompson (DR)

L’Histoire sans fin

Dans l’une de ses plus célèbres pro­duc­tions, l’his­to­rien bri­tan­nique E. P. Thompson12 décri­vait les conflits oppo­sant les classes subal­ternes des cam­pagnes aux pro­prié­taires et au pou­voir poli­tique. Dans la période qui voit le pro­ces­sus d’in­dus­tria­li­sa­tion débu­ter, les luttes s’ar­ti­culent autour de la défense des com­mons, des liber­tés conquises au fil des siècles et des petites com­pen­sa­tions arra­chées pour rendre la vie moins dure. En Amérique latine — notam­ment en Bolivie —, les réfé­rences à la culture et aux tra­di­tions ayma­ra et que­chua, loin de consti­tuer un frein, ont sou­vent ali­men­té les mou­ve­ments sociaux et les ont dyna­mi­sés. Les Kurdes expé­ri­mentent en ce moment des formes d’or­ga­ni­sa­tion emprun­tant autant au mar­xisme et à l’a­nar­chisme contem­po­rains qu’aux tra­di­tions propres à leur culture.

« Jamais une révo­lu­tion, fût-elle paci­fique, n’a été menée au nom de l’é­co­no­mie uni­que­ment. On ne mobi­lise pas les masses popu­laires avec des chiffres. »

À l’heure où cer­tains, à gauche, se fra­cassent contre le mur de la ratio­na­li­té impla­cable du sys­tème éco­no­mique capi­ta­liste, alors même que la crise éco­lo­gique dra­ma­tique, qui consti­tue un autre enjeu majeur du XXIe siècle, avec la ques­tion sociale, doit nous pous­ser à réin­ter­ro­ger nos rap­ports avec le reste de la bio­sphère et la logique pro­duc­ti­viste, les luttes menées avant l’ap­pa­ri­tion d’un capi­ta­lisme aujourd’­hui glo­bal sont pleines d’en­sei­gne­ments. La lutte pour la sau­ve­garde, l’é­lar­gis­se­ment ou la redé­cou­verte des « biens com­muns », la méfiance envers l’au­to­ri­té et l’ar­bi­traire, la volon­té de pré­ser­ver des soli­da­ri­tés à taille humaine sont par­fai­te­ment com­pa­tibles avec les défis de notre temps — tout en évi­tant les échecs des expé­riences « socia­listes » du XXe siècle. Loin de nous l’i­dée de pré­sen­ter les socié­tés pré-capi­ta­listes comme des modèles (ce pro­pos serait par­fai­te­ment réac­tion­naire, au sens strict du terme), mais, via ces luttes menées contre le vieil ordre, c’est une invi­ta­tion aux lec­teurs de se pen­cher sur les aspi­ra­tions des femmes et des hommes qui nous ont pré­cé­dés que nous lan­çons. Ces aspi­ra­tions font écho aux nôtres — l’i­déa­lisme (moral) qui les habi­tait éga­le­ment. Jamais une révo­lu­tion, fût-elle paci­fique, n’a été menée au nom de l’é­co­no­mie uni­que­ment. On ne mobi­lise pas les masses popu­laires avec des chiffres. Alors que l’a­ve­nir s’an­nonce chaque jour un peu plus sombre, il ne serait cer­tai­ne­ment pas vain, si l’on veut chan­ger le monde, de com­bi­ner un peu de roman­tisme au sérieux…


NOTES

1. HOBSBAWM (E.J.), Marx et l’his­toire, Paris, 2008, p. 43.
2. https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000.htm
3. HOBSBAWM (E.J.), op.cit., p. 67 et sv.
4. https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm
5. HOBSBAWM (E.J.), op.cit., p. 68 et sv.
6DARMANGEAT (C.), Le com­mu­nisme pri­mi­tif n’est plus ce qu’il était, Paris, 2012.
7. MEISKINS WOOD (E.), L’origine du capi­ta­lisme. Une étude appro­fon­die, Montréal, 2012.
8. Voir, e.a. HARMAN (C.), Une his­toire popu­laire de l’hu­ma­ni­té, Paris, 2015, p. 90 et sv.
9. Ibid., p. 73 et sv.
10. Nous en pro­fi­te­rons pour rela­ti­vi­ser la divi­sion (sur­tout de com­mo­di­té) en périodes aus­si vagues qu’an­ti­qui­té, Moyen-Âge, Temps modernes… Par exemple, l’appellation de Moyen-Âge, inven­tée par des pen­seurs de la Renaissance ita­lienne pour dési­gner la période sui­vant la décom­po­si­tion de l’empire romain d’Occident, semble peu per­ti­nente pour clas­ser des civi­li­sa­tions extra-euro­péennes.
11. Voir, e.a.HOBSBAWM (E.J.), Les pri­mi­tifs de la révolte dans l’Europe moderne, Paris, 2012 ou Les Bandits, Paris, 2008.
12. THOMPSON (E.P.), La guerre des forêts. Luttes sociales dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, Paris, 2014. Sur Thompson, lire https://www.jacobinmag.com/2015/07/making-english-working-class-luddites-romanticism/


REBONDS

☰ Lire notre article « Blanqui et Bensaïd : l’Histoire ouverte », Émile Carme, mai 2015
☰ Lire notre entre­tien avec Michael Löwy, sur la ques­tion du roman­tisme révo­lu­tion­naire : « Sans révolte, la poli­tique devient vide de sens », décembre 2014
☰ Lire notre entre­tien avec Guillaume Goutte, « Que deviennent les zapa­tistes, loin des grands médias ? », novembre 2014

François D'Agostino
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Au sommaire :
Julien, une vie française (Léon Mazas) ▽ Marseille sous les décombres (Maya Mihindou) ▽ Rencontre avec Charles Piaget ▽ La gauche face à la technique (avec François Jarrige et Alex Williams) ▽ Athènes, lignes de front (Rosa Moussaoui) ▽ Les violences sexuelles au travail (Mélanie Simon-Franza, Stéphane Simard-Fernandez) ▽ Les animaux luttent aussi (Frédéric Côté-Boudreau) ▽ Nouvelles de l'Amassada (Roméo Bondon et Jules Gras) ▽ De l'esclavage à la coopération : chronique de la dépendance (Saïd Bouamama) ▽ Un portrait de Joris Evens (Thibauld Weiler) ▽ Au nouveau Tchangarey, Niger (Adam Elhadj Saidi Aboubacar et Marie Detemple) ▽ La dernière toile (Adeline Baldacchino) ▽ « Exit la terre » (Seyhmus Dagtekin)

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