Traduction d’un article paru dans +972 magazine
La société israélienne, l’une des plus militarisées du monde, compte 178 000 soldats de métier et un demi-million de réservistes sur une population totale de près de dix millions d’habitants. Depuis le 7 octobre 2023, refuser le service militaire obligatoire est plus que jamais un affront. Dix adolescents et adolescentes ont pourtant pris ce risque ces derniers mois pour protester contre la politique génocidaire menée par l’État israélien à Gaza et les incursions répétées de l’armée en Cisjordanie. L’une de ces « refuzniks » s’appelle Ella Keidar Greenberg. La militante communiste et transféministe s’est entretenue avec le média + 972 magazine avant d’effectuer les trente jours de prison auxquels elle a été condamnée — échange que nous avons traduit.
« Face à la réalité de l’extermination de masse, des manquements systématiques, du piétinement des droits, de la guerre — il est impératif de refuser », a‑t-elle déclaré avant d’être emmenée en prison. « Quand nos petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait pendant le génocide de Gaza, […] si nous avons renoncé ou si nous avons lutté, que préféreriez-vous répondre ? Je sais ce que je répondrai : que j’ai choisi de résister. C’est pourquoi je refuse. »
« Face à la réalité de l’extermination de masse, des manquements systématiques, du piétinement des droits, de la guerre — il est impératif de refuser. »
À propos de la connexion entre son identité de genre et sa vision politique, Keidar Greenberg explique : « Pour que le statu quo se maintienne, on demande aux gens de remplir leur rôles dans le système, comme les engrenages d’une machine bien huilée. Nous devons travailler, nous engager dans l’armée, tuer, nous marier, fonder une famille et avoir des enfants qui continueront à servir l’occupation, le capitalisme et le patriarcat… C’est cette logique que les personnes trans, tout comme les refuzniks, viennent mettre à mal. C’est pour cela que nous leur faisons aussi peur : parce que le système actuel repose sur le fait que nous, le peuple, restions discipliné·es et obéissant·es. »
Le service militaire est obligatoire pour les Israéliens de plus de dix-huit ans — les femmes sont enrôlées pour deux ans et les hommes pour presque trois ans. Les citoyens palestiniens en sont exemptés et une bataille juridique et politique fait rage autour de l’exemption de longue date des Juifs ultra-orthodoxes. L’objection de conscience est extrêmement rare et l’armée condamne souvent les refuzniks à plusieurs périodes d’incarcération en guise de punition, avant de les relâcher. Depuis le 7 octobre 2023, Keidar Greenberg est la dixième adolescente israélienne à être emprisonnée pour avoir publiquement refusé la conscription pour des raisons idéologiques. Dans ce temps, il semble que l’armée ait augmenté le temps d’incarcération imposé aux refuzniks : Itamar Greenberg a été relâché au mois de mars après 197 jours en prison, faisant de lui le détenu ayant purgé la plus longue peine en plus d’une décennie.
[Ella Keidar Greenberg | Oren Ziv]
Après le début de son incarcération, Yadin Elam, l’avocat de Keidar Greenberg, a raconté au média +972 que l’armée l’avait empêchée d’apporter ses traitements médicaux, et notamment ses hormones. « Elle est détenue seule dans une cellule de l’unité des femmes qui n’a pas de télévision, dont la salle de bain n’a pas de porte et dont le toit fuit », dit-il. « Elle préfèrerait être dans une cellule commune avec d’autres détenues. »
Keidar Greenberg a décidé très jeune de devenir objectrice de conscience. Ces dernières années, elle a pris part à des manifestations contre la réforme judiciaire mise en œuvre par le gouvernement d’extrême droite, aux côtés d’autres adolescent·es opposé·es à l’occupation. En 2023, elle a participé à l’élaboration de la lettre de refus « Youth Against Dictatorship » qui insistait sur le lien entre la refonte du système judiciaire et la domination militaire d’Israël sur les Palestiniens. Elle est également active au sein de Banki et de Mesarvot et a participé à des manifestations contre la transphobie, le chantage opéré par l’armée auprès des Palestinien·nes LGBTQ+ et le pinkwashing lors des marches de la fierté. […]
Pouvez-vous décrire le processus qui vous a menée à refuser le service militaire ?
« Nous devons travailler, nous engager dans l’armée, tuer, nous marier, fonder une famille et avoir des enfants qui continueront à servir l’occupation, le capitalisme et le patriarcat. »
Très jeune, j’ai su que je ne pourrais jamais tenir une arme dans mes mains ou faire du mal à quelqu’un. J’avais une aversion pour la violence. Mais j’ai accepté ce que me disaient les adultes autour de moi : qu’il y a d’autres manières de servir dans l’armée, qu’il existe toutes sortes de rôles de non-combattants. Quand j’avais 14 ans, j’ai fait mon coming out [trans], et puis j’ai trouvé le Manifeste du parti communiste dans la bibliothèque de ma grand-mère. C’était pendant le confinement, au début de la pandémie de Covid-19. Je me sentais en décalage avec les cours du lycée dispensés en ligne et je n’avais pas vraiment d’ami·es, donc ce que j’ai fait — toute la journée, tous les jours, pendant deux ans — c’était lire. C’est aussi ce qui a aggravé à la fois une dépression personnelle et une profonde dépression politique. Voir l’état catastrophique du monde me dévorait et je ressentais une grande frustration, comme si je n’avais pas le pouvoir de changer quoi que ce soit.
Puis, début 2023, les manifestations contre le coup d’État judiciaire ont commencé. Tout à coup, j’avais un moyen de transformer ma frustration en action. J’ai rencontré d’autres jeunes et nous avons formé le Youth Bloc Against Occupation. À partir de là, je n’ai pas arrêté. Plus tard, mes ami·es et moi avons organisé une manifestation contre la sortie d’Irreversible Damage [un livre transphobe écrit par une autrice états-unienne, ensuite traduit et édité en hébreu]. Je me suis davantage impliquée dans Mesarvot après avoir rencontré Einat [Gerliz, emprisonnée pendant 87 jours pour avoir refusé la conscription en 2022] lors d’une manifestation à Jérusalem. En fait, nous nous connaissions déjà — nous faisions partie d’Israel Gay Youth quand j’avais 13 ans. Par la suite, je suis devenue plus active au sein de Banki puis de Youth Against Dictatorship. Tout mon chemin vers l’activisme s’est fait en parallèle de la refonte judiciaire. Quand j’ai eu 16 ans, j’ai su que je refuserais coûte que coûte.
[Manifestation contre le gouvernement israélien, Tel Aviv, 20 juillet 2023 | Oren Ziv]
Vous vous êtes aussi impliquée dans des actions de terrain contre l’occupation en Cisjordanie. Comment l’avez-vous vécu ?
J’ai passé près de la moitié de l’été entre la première et la terminale à Masafer Yatta et à différentes manifestations à Beit Dajan, Farkha [un village agricole communiste en Cisjordanie] et Sheikh Jarrah. Ça m’a marquée. Militer à Masafer Yatta a changé ma manière de voir et de me référer à l’injustice politique, tout comme notre travail à Farkha. Ça n’a pas vraiment changé ma décision par rapport à la conscription, mais plus tard, quand mon oncle et moi nous disputions aux dîners de famille, ça m’a convaincue encore davantage que je devais m’opposer à l’occupation. Ça a aussi créé un lien émotionnel : j’ai pu rencontrer et interagir avec des personnes affectées par la situation, comme je l’ai moi-même été. Je pense qu’avant, mon opposition était plutôt de principe ; maintenant, j’ai aussi du ressentiment, de la colère, de la rage envers l’armée et la police, à cause de ce que j’ai vu de mes propres yeux.
Comment vos proches ont-ils réagi à votre décision de refuser ?
La plupart des gens ne savaient pas jusqu’à maintenant, et certain·es vont le découvrir quand ils et elles verront des articles sur moi. Mais ma mère — celle qui compte le plus — partage entièrement mon point de vue ; par contre, elle n’était pas d’accord avec l’idée que j’aille en prison. Je lui ai fait comprendre que je le ferais quoi qu’il arrive, et que la question était de savoir si elle allait me soutenir ou non. Là, il est devenu très clair pour elle [qu’elle le ferait].
Vous dites que vous avez pris cette décision il y a longtemps. Comment la guerre à Gaza vous a‑t-elle affectée ?
« C’est devenu beaucoup plus simple : on ne s’engage pas dans une armée qui commet un génocide. »
Avant la guerre, il y avait quelque chose de très symbolique dans le refus : nous refusions de servir un régime qui fait ci et ça, et nous le faisions publiquement. Après le début de la guerre, c’est devenu beaucoup plus simple : un génocide est en cours, et on ne s’engage pas dans une armée qui commet un génocide. Tout semble à la fois plus urgent et plus désespéré, mais politiquement, c’est beaucoup plus clair, ça demande moins de délibération. La chose à faire face au génocide est évidente : refuser.
Vous étiez très active pendant les manifestations contre la refonte du système judiciaire. À ce moment-là, il semblait possible de parler de tout, même de l’occupation, et beaucoup de manifestants étaient ouverts à ce genre de propos. Maintenant, c’est différent. Comment pensez-vous qu’il est possible de parler de ces questions avec les jeunes, aujourd’hui ?
Ces manifestations étaient porteuses d’un incroyable sentiment d’espoir. Chaque semaine, de plus en plus de personnes rejoignaient le bloc des jeunes, et certain·es se sont impliqué·es bien au-delà. Des initiatives comme Youth Against Dictatorship — une lettre écrite par des élèves de terminale, qui ne serait normalement pas très remarquée — ont bénéficié d’une couverture médiatique énorme dans les médias israéliens. Voir des personnes que j’avais rencontrées dans ces espaces s’impliquer dans d’autres mouvements était vraiment inspirant et encourageant. Après le 7 octobre, ça a été le chaos. Au début, les réponses étaient très chargées émotionnellement : de la rage, du traumatisme. Mais à présent, nous sommes à un point où, après que la crise a fait voler en éclats l’ancien système de valeurs, l’État essaie d’en établir et d’en affermir un nouveau, en manipulant ces émotions pour les mettre au service d’une propagande nationaliste. Je pense que c’est précisément le moment de riposter, d’empêcher que cela se normalise et que cette violence devienne définitivement incorporée dans le discours public. Les gens viennent toujours manifester. Il y a davantage de refuzniks qu’avant, et à chaque action de Banki, on voit de nouvelles personnes. Il y a encore de l’espoir.
[Ella Keidar Greenberg au moment d'entrer dans le centre de recrutement de Tel Hashomer pour confirmer son refus, 19 mars 2025 | Oren Ziv]
Est-ce que vous donnez à votre refus une dimension queer ou trans ?
Le lien le plus évident est que les systèmes contre lesquels nous luttons sont les mêmes. En tant que personnes trans, nous contestons le même système de rôles rigide, patriarcal et biniaire que celui qui demande que l’on serve dans l’armée — femmes et hommes, pères et mères, qui produisent une nouvelle génération de soldats et de travailleur·ses. Nous perturbons ce système, c’est pourquoi nous faisons si peur au régime et pourquoi nous sommes un bouc émissaire qu’il est si facile d’attaquer encore et encore. Je pense que les personnes qui refusent la conscription contestent le récit militaire israélien de la même façon, parce que nous ne jouons pas le rôle qui nous a été assigné. Je ne pense pas que ce soit une coïncidence qu’avoir rejeté l’un des présupposés les plus fondamentaux m’ait amenée à en questionner de plus en plus d’autres. Et oui, en tant que personne trans, je veux la liberté pour moi et pour tout le monde. Ça ne m’intéresse pas d’avoir les « mêmes droits » à opprimer les autres [en servant dans l’armée], ou de bénéficier d’un laissez-passer au sein du système actuel — être dans les rangs de l’État au lieu de s’y opposer. Je pense que c’est se fourvoyer que de lutter pour être inclus·es dans les structures du pouvoir plutôt que de les démanteler. Ça fait des années que nous voyons cette stratégie échouer encore et encore — et en particulier au sein du mouvement queer.
Quel est votre message pour la communauté LGBTQ+ mainstream, dont une grande partie soutient l’armée et la guerre ?
L’armée israélienne n’en a rien à faire des personnes trans, des gays, des lesbiennes, des queers. L’armée israélienne ne s’intéresse qu’au pouvoir et à l’argent. Elle peut sembler progressiste quant à ces questions en ce qui concerne les soldat·es dans ses rang, mais évidemment ça ne s’applique pas aux Palestinien·nes queer qu’elle opprime. L’armée offre une certaine sécurité aux personnes trans : de meilleures conditions que dans leurs familles, leurs villes d’origine ou le marché du travail. C’est une vitrine pour l’image de l’armée et son rôle au sein de l’État. Et ça lui permet de neutraliser la communauté LGBTQ+ — de faire de nous des homo-nationalistes afin que nous ne devenions pas des queers anti-nationalistes. Je hais ça. Je trouve que c’est cynique et répugnant.
Vous avez également participé à des manifestations contre le traitement des Palestinien·nes LGBTQ+ par l’armée. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
« Je pense que c’est se fourvoyer que de lutter pour être inclus·es dans les structures du pouvoir plutôt que de les démanteler. »
En avril 2023, un homme palestinien a été tué [par des membres du groupe militant La Fosse aux lions à Naplouse] quand on a découvert qu’il était un informateur pour l’armée, qui lui avait fait du chantage avec des vidéos qui le montraient avec un autre homme. Nous avons organisé une manifestation devant la base armée de Glilot [au nord de Tel Aviv]. Je suis venue en drag, et nous avons hurlé. Chaque année à la Marche des fiertés, cette revendication [contre le chantage mené par l’armée envers les Palestinien·nes queer] est répétée dans le bloc anti-pinkwashing. Je pense que c’est un problème qui est particulièrement pertinent quand il s’agit de répondre à des accusations comme « Qu’est-ce qui vous arriverait à Gaza ? » ou « Essaie d’aller à Gaza habillé·e comme ça », ou cette idée que nous serions des « poulets pour le KFC » [en référence à la remarque de Netanyahou au Congrès états-unien, qui comparait les « gays pour Gaza » aux « poulets pour le KFC »].
C’est une forme de victimisation qui se concentre uniquement sur le conservatisme qui existe dans certaines parties de la société palestinienne, et qui présente la culture palestinienne de façon monolithique, en la réduisant à cet aspect unique afin de justifier tout ce qu’on leur fait subir. Si l’establishment israélien, les médias ou le public étaient réellement intéressés par les besoins, les peurs et l’oppression des Palestinien·nes queer, ils essaieraient de leur parler, de les aider, de leur demander ce dont ils et elles ont besoin, pas de détruire leurs villes et de les utiliser comme un outil rhétorique facile. Mais en définitive, l’enjeu principal est que nous sommes témoins d’un génocide et d’une extermination de masse ; des conservateurs et des homophobes subissent également ces atrocités, et nous nous tenons à leurs côtés quand même.
[Groupe d'opposants au pinkwashing lors de la Pride de Tel Aviv, 8 juin 2023 | Oren Ziv]
Comment est-ce que vos ami·es palestinien·nes ont réagi à votre décision ?
Ils et elles sont très inquiets pour moi. Je pense que pour mes ami·es de Farkha, qui vivent dans la Zone C en Cisjordanie, l’idée de la prison militaire évoque quelque chose de très spécifique, et il a fallu un moment pour clarifier que celle dans laquelle je suis envoyée n’est pas la même que les prisons de haute sécurité dans lesquelles les prisonniers politiques sont retenus. Quand je vais à de nouveaux endroits [en Cisjordanie occupée], dans des villages où je ne suis jamais allée et où les gens ne me connaissent pas, les conversations entre Palestiniens et militants israéliens mènent souvent à une question fondamentale : « Qu’est-ce que tu as fait dans l’armée ? Où est-ce que tu as servi ? ». Cette demande porte un poids humain, politique et interpersonnel immense dans notre lutte commune. Je pense que le refus me permet d’interagir avec beaucoup d’activistes palestiniens de manière plus égalitaire.
Est-ce que vous avez peur de la prison ?
C’est évidemment angoissant. Je ne sais pas vraiment comment je vais m’intégrer socialement ; comme tous·tes mes ami·es sont de gauche et que je suis constamment dans des milieux militants, je vis dans une bulle qui me permet d’ignorer, dans mon quotidien et au niveau interpersonnel, à quel point la société israélienne subit un processus de radicalisation fasciste. Je pense quand même que je vais me débrouiller — je peux être seule, lire, écrire, et écouter de la musique toute la journée. Pour être honnête, ça a l’air d’une pause idéale. La vraie peur concerne davantage ce qui se passe en dehors de la prison. Il y a un danger social en prison, surtout dans mon cas, comme je suis trans, et que les hommes ont tendance à être violents envers nous. Mais de manière générale, la prison militaire est un environnement très contrôlé, il n’y a pas beaucoup de violence physique. Mais à l’extérieur, par contre, après des entretiens comme celui-ci, j’ai peur que des gens qui étaient au lycée avec moi ou qui me connaissaient dans le passé fassent fuiter des informations sur moi, ou que des gens me reconnaissent dans la rue ou à des manifestations, ou essaient de me chercher.
Quels livres et quelle musique est-ce que vous emportez en prison ?
Je cherche un livre que j’ai commencé à lire en PDF mais que je n’arrive pas à trouver : Homo Sacer, de Giorgio Agamben. Je vais aussi prendre Pensées sur la paix dans un raid aérien de Virginia Woolf, et Narcisse et Goldmund de Herman Hesse. J’ai besoin de fiction, je ne peux pas lire de la théorie tout le temps. J’adore la philosophie, mais j’imagine que j’aurai besoin de me distraire davantage là-bas. [Elam, l’avocat de Keidar Greenberg, a indiqué à +972 après qu’elle a été emprisonnée que les gardes avaient confisqué ses livres en anglais, déclarant que seuls les livres en hébreu étaient autorisés, ainsi que son édition en hébreu de Notre-Dame des fleurs de Jean Genet à cause du bébé nu sur la couverture.] Pour ce qui est de la musique, je prendrai « Debut » de Björk et « Yehudit Ravitz » de Yehudit Ravitz. Un·e ami·e m’a apporté un CD de « How I’m Feeling Now » par Charli XCX, ce qui m’arrange, parce que toute ma musique hyper-pop de Gen Z ne figurait pas dans le CD que mes parents m’ont donné. [Selon Elam, elle n’a été autorisée à emporter que deux CD.]
Photographies de bannière et de vignette : rassemblement devant le centre de recrutement de Tel Hashomer, 19 mars 2025 | Oren Ziv
REBONDS
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