Pierre Rigaux : « Gagner contre la chasse »

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Entretien inédit pour le site de Ballast

Naturaliste de son état et bio­lo­giste de for­ma­tion, Pierre Rigaux est l’au­teur de publi­ca­tions scien­ti­fiques sur les micro­mam­mi­fères, le cam­pa­gnol aqua­tique ou le putois d’Europe. Son pro­chain livre, Pas de fusils dans la nature, sort en librai­rie le 18 sep­tembre 2019 : un plai­doyer argu­men­té pour l’a­bo­li­tion d’une pra­tique qui tue chaque année, en France, 30 à 45 mil­lions1Cet écart s’ex­plique par le fait que le décompte des ani­maux tués par les chas­seurs n’est pas ren­du public. Le chiffre de 30 mil­lions a été éta­bli par l’ONCFS (Office natio­nal de la chasse et de la faune sau­vage) sur la base de 39 espèces, et ce pour la sai­son 1998–99 ; de nos jours, celui de 45 mil­lions est avan­cé par le Parti ani­ma­liste, Europe Écologie – Les Verts, L214 ou encore One Voice. de vies ani­males et près d’une ving­taine de vies humaines. Emmanuel Macron « a fait beau­coup pour la chasse », vient de décla­rer la Fédération des chas­seurs de Gironde. Les chas­seurs repré­sentent envi­ron 1,5 % de la popu­la­tion fran­çaise : un monde presque inté­gra­le­ment mas­cu­lin et com­po­sé au tiers de cadres et de pro­fes­sions libé­rales. L’auteur, pour des rai­sons éco­lo­giques et éthiques, appelle à se mobi­li­ser.


Le pré­sident de la Fédération natio­nale des chas­seurs (FNC) accuse ceux qui ne défendent pas la chasse de vou­loir que « la rura­li­té, ça s’arrête ». Comment faire entendre qu’il ne s’agit pas d’une lutte entre villes pri­vi­lé­giées et cam­pagnes popu­laires ?

Les citoyens les plus mal­me­nés par les chas­seurs sont les ruraux. Ce sont d’abord eux qui subissent la peur des balles per­dues, la confis­ca­tion effec­tive de l’espace par les bat­tues — et de façon beau­coup plus per­ni­cieuse la crainte de s’exprimer ouver­te­ment contre la chasse, car la pres­sion sociale des chas­seurs est très forte. J’ai moi-même été mena­cé de mort plu­sieurs fois dans les dif­fé­rents endroits où j’ai habi­té. Pourtant, les chas­seurs sont mino­ri­taires dans le monde rural : la « rura­li­té » reven­di­quée par la Fédération natio­nale des chas­seurs est un leurre. C’est une frange de plus en plus mar­gi­nale de la rura­li­té, qui se fait entendre d’autant plus vio­lem­ment qu’elle voit venir sa propre dis­pa­ri­tion par manque de renou­vel­le­ment des effec­tifs.

On se sou­vient de la FNC cla­mant, sur les murs du pays en 2018, qu’ils sont « les pre­miers éco­lo­gistes de France ». Vous rap­pe­lez que les chas­seurs dis­persent chaque année 5 à 10 000 tonnes de plomb dans la nature — sans par­ler des douilles. Comment com­prendre ce double jeu ?

« Les citoyens les plus mal­me­nés par les chas­seurs sont les ruraux. Ce sont d’abord eux qui subissent la peur des balles per­dues. »

L’affichage éco­lo­gique est désor­mais l’angle prin­ci­pal choi­si par la Fédération des chas­seurs pour ten­ter de jus­ti­fier la chasse et de la main­te­nir au pou­voir, car le tir-loi­sir et la « tra­di­tion » ne suf­fisent plus comme argu­ments ins­ti­tu­tion­nels et poli­tiques. Ce ver­dis­se­ment de façade est plus sub­til qu’il n’en a l’air. Il fonc­tionne rela­ti­ve­ment bien auprès des déci­deurs poli­tiques, au moins d’une par­tie d’entre eux. Beaucoup de col­lec­ti­vi­tés publiques confient aux fédé­ra­tions et aux asso­cia­tions de chasse des res­pon­sa­bi­li­tés dans la « ges­tion » éco­lo­gique de milieux natu­rels. On leur donne les clés de zones humides, on les asso­cie à des sui­vis scien­ti­fiques ou même à des pro­grammes de « conser­va­tion de la faune ». Tout ça per­met aux chas­seurs de s’autoproclamer éco­lo­gistes en fai­sant presque oublier que ces actions, qu’elles soient per­ti­nentes ou désas­treuses, ne néces­sitent pas de chas­ser. Quant aux consé­quences éco­lo­giques de la chasse elle-même, elles sont tota­le­ment niées. Dans les faits, les éco­lo­gistes, je veux dire les vrais, doivent sans cesse batailler contre le lob­by de la chasse pour empê­cher le tir d’espèces mena­cées ou le pié­geage des « nui­sibles » qui n’en sont pas.

Les col­lec­ti­vi­tés publiques financent les chas­seurs. Vous par­lez d’une « stra­té­gie payante » et d’un « lien élec­to­ral ». L’Ifop évo­quait, en 2013, un pro­fil non « homo­gène » mais « un sur-vote très signi­fi­ca­tif en faveur de l’ex­trême droite ». Que peut-on dire du « vote chas­seur » ?

Il est visi­ble­ment très diver­si­fié, quoique fort, en effet, à l’extrême droite. Mais ceci varie selon les régions. Par exemple, dans la Somme, où les chas­seurs votent énor­mé­ment pour l’extrême droite, je dois dire que l’ambiance sur le ter­rain est assez par­ti­cu­lière… Quand vous allez vous pro­me­ner le soir sur le lit­to­ral, avec vos jumelles d’ornithologue ou votre appa­reil pho­to, et que vous croi­sez des chas­seurs qui vont s’installer dans leurs huttes pour la chasse noc­turne aux canards, les regards que vous croi­sez ne sont pas tou­jours plein d’amour et bien­veillance pour son pro­chain… Mais les chas­seurs fran­çais votent lar­ge­ment vers toutes les ten­dances, avec tou­te­fois une majo­ri­té pour la droite — ce n’est pas une légende. À l’opposé, le vote com­mu­niste des chas­seurs est appa­rem­ment mar­qué dans les zones rurales, où il l’est aus­si pour le reste de la popu­la­tion. C’est frap­pant de voir que des élus de tous bords défendent vigou­reu­se­ment les chas­seurs. En ce moment, les régions qui sou­tiennent le plus osten­si­ble­ment la chasse à grands ren­forts d’argent public sont les Hauts-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine, res­pec­ti­ve­ment diri­gées par des élu·e·s LR, LR et PS. Le pré­sident du groupe « chasse » au Sénat, ardent acti­viste pro-chasse, est un repré­sen­tant LR. Enfin, côté LREM, le pré­sident de la République sou­tient la chasse encore plus net­te­ment que ses pré­dé­ces­seurs.

(Sean Ramsey)

Pour les asso­cia­tions éco­lo­gistes qui essaient de peser dans les déci­sions publiques en se rap­pro­chant du pou­voir en place, tant au niveau local que natio­nal, la dif­fi­cul­té est de ne pas appa­raître trop anti-chasse. Elles veulent être écou­tées et conti­nuer à tou­cher elles-mêmes des sub­ven­tions. Elles dépendent encore plus de cet argent public que les fédé­ra­tions de chasse, car leurs adhé­rents, même pour les plus grandes asso­cia­tions qui tra­vaillent sur la bio­di­ver­si­té, ne sont que quelques dizaines de mil­liers. Les coti­sa­tions des éco­los ne pèsent presque rien face aux coti­sa­tions obli­ga­toires d’un mil­lion de chas­seurs qui doivent s’acquitter du per­mis annuel. La consé­quence est une cer­taine hypo­cri­sie d’une par­tie du milieu asso­cia­tif éco­lo, cen­sé com­battre la chasse mais qui n’en dénonce que les « excès » sans jamais prendre clai­re­ment posi­tion, sans remise en cause fon­da­men­tale.

Le mot qui sur­git à chaque dis­cus­sion sur le sujet est celui de « régu­la­tion ». Vous dites que cet argu­ment est « sou­vent accep­té avant d’être exa­mi­né » : pour­quoi le gobe-t-on tout cru ?

« Il n’y a stric­te­ment aucun impé­ra­tif éco­lo­gique à vou­loir régu­ler la faune sau­vage aujourd’hui. »

Parce que les diri­geants et les com­mu­ni­cants de la chasse ont tout fait depuis des années pour qu’on le gobe ! Le mot lui-même ras­sure. Il est choi­si pour ça. Pour confé­rer un rôle d’utilité publique aux chas­seurs dans l’imaginaire col­lec­tif. Qui pour­rait s’opposer à ce qu’on « régule » quelque chose qui, autre­ment, devien­drait incon­trô­lable et donc mena­çant ? En réa­li­té, il n’y a stric­te­ment aucun impé­ra­tif éco­lo­gique à vou­loir « régu­ler la faune sau­vage » aujourd’hui, en France, du moins s’agissant de l’immense majo­ri­té des espèces. Vous ne trou­ve­rez aucun bio­lo­giste pour vous affir­mer le contraire, sauf, évi­dem­ment, ceux payés par le milieu cyné­gé­tique. Beaucoup d’espèces encore chas­sées sont même en déclin, par­fois très pré­oc­cu­pant. Les chas­seurs entre­tiennent l’idée selon laquelle l’humain — qui est, entre paren­thèses, une espèce tota­le­ment déré­gu­lée sur le plan démo­gra­phique — aurait une mis­sion qua­si-divine de régu­la­tion des popu­la­tions d’autres espèces. En tant qu’observateur de ter­rain et après avoir pas­sé des années à recen­ser, étu­dier, inven­to­rier les ani­maux dits sau­vages, je pense qu’il faut revoir com­plè­te­ment notre approche. Il faut arrê­ter de croire que nous aurions à gérer la faune. Il est dans notre inté­rêt et éthi­que­ment néces­saire de gérer, non pas les ani­maux, mais cer­taines inter­ac­tions entre l’humain et les ani­maux. La dif­fé­rence peut paraître sub­tile mais elle est fon­da­men­tale. Ce n’est pas la faune qu’il faut ten­ter de gérer, c’est l’interaction entre nous et les autres êtres vivants.

Vous recon­nais­sez d’ailleurs que les san­gliers causent des dégâts. Tout en par­lant d’une « escro­que­rie ». Comment, la chasse abo­lie, pren­drait-on ça en charge ?

Les san­gliers causent sur­tout des dégâts dans des cultures inten­sives, en par­ti­cu­lier celle du maïs — elle-même aber­rante éco­lo­gi­que­ment car elle sert en grande par­tie à nour­rir les éle­vages inten­sifs, loca­le­ment ou via l’exportation. Ce n’est donc pas tant le san­glier qui cause des dégâts que la maï­si­cul­ture inten­sive elle-même, qui est une cala­mi­té. Mais les san­gliers causent aus­si, aujourd’hui, des dégâts dans des petites par­celles agri­coles, et n’importe quel culti­va­teur, même très éco­lo, peut être tou­ché. Pour évi­ter ou limi­ter ces impacts, des solu­tions tech­niques existent avec l’installation de clô­tures spé­ciales. Et, au-delà, si on estime que les effec­tifs de san­gliers sont pro­blé­ma­tiques pour des rai­sons éco­lo­giques (ce qui est rare­ment le cas, mais doit être exa­mi­né) ou pour des rai­sons de dégâts (ce qui peut l’être ponc­tuel­le­ment), il faut d’abord se sou­ve­nir que l’extraordinaire crois­sance des popu­la­tions de san­gliers dans les der­nières décen­nies est essen­tiel­le­ment due à la chasse elle-même ! Les chas­seurs ont tout fait pour dis­po­ser d’un « gibier » abon­dant, notam­ment en lâchant des san­gliers d’élevage croi­sés avec des cochons — ce qui est désor­mais inter­dit. Là est l’escroquerie. La chasse ne fait tou­jours pas bais­ser le nombre de san­gliers alors même que les chas­seurs se drapent dans leur cos­tume de « régu­la­teurs » ! Si la socié­té veut dimi­nuer le nombre de san­gliers, à l’avenir, en consi­dé­rant qu’il s’agit de cor­ri­ger ses propres bévues, elle peut mettre les moyens en termes de recherche scien­ti­fique pour mettre au point des méthodes, par exemple via des formes de sté­ri­li­sa­tion. Des expé­riences existent en Amérique du Nord. C’est un sujet très com­plexe : il ne doit pas être pris à la légère car il peut y avoir des consé­quences éco­lo­giques en cas­cade. C’est une ques­tion de moti­va­tion scien­ti­fique et sociale, si on peut dire.

(DR)

Vous reve­nez sur un point mécon­nu du public : l’industrie de l’élevage dans la chasse ! Pourquoi croit-on encore que les chas­seurs se contentent de tuer les ani­maux qu’ils croisent « natu­rel­le­ment » sur leur che­min ?

Les chas­seurs vantent leur rôle de « régu­la­teur » et ne se vantent pas de tirer sur des fai­sans sor­tis d’une cage… Un ani­mal sur quatre qui est tué à la chasse est né dans un éle­vage. J’ai eu l’occasion de visi­ter des éle­vages de toutes sortes d’animaux pour la chasse, et je peux vous dire que c’est une hor­reur. On ne s’imagine pas à quel point les chas­seurs ont su his­to­ri­que­ment conce­voir tout un sys­tème ratio­na­li­sé de « pro­duc­tion » indus­trielle d’animaux uti­li­sés comme chair à canon, avec le sou­tien des pou­voirs publics à tous les niveaux depuis les années 1970. Ces fai­sans, per­drix et autres ani­maux ne sont ni tout à fait domes­tiques, ni tout à fait sau­vages. Leur courte vie n’est que souf­france en cap­ti­vi­té, avant d’être lâchés pour être abat­tus ou pour mou­rir, de toute façon, car ils sont pour la plu­part inadap­tés à la vie dans la nature.

Dans les Hautes-Alpes, des éle­veurs ont récem­ment créé un « Front de libé­ra­tion ». Posant armés et cagou­lés à la manière de jiha­distes, ils annoncent qu’ils vont tra­quer les loups. Est-ce le signe d’une radi­ca­li­sa­tion plus géné­rale ?

« Un ani­mal sur quatre qui est tué à la chasse est né dans un éle­vage. On ne s’imagine pas à quel point les chas­seurs ont su conce­voir tout un sys­tème ratio­na­li­sé de pro­duc­tion indus­trielle. »

Je ne pense pas — même si la détes­ta­tion fon­da­men­tale des loups est répan­due dans le milieu de l’élevage ovin. Il faut dire que cer­tains éle­veurs de ce sec­teur des Hautes-Alpes, que je connais bien pour y avoir vécu, ont une vision du monde par­ti­cu­liè­re­ment archaïque… pour le dire poli­ment. « Libération » de quoi ? Des bre­bis qu’ils mènent à l’abattoir ? Pardon, mais rien n’oblige ces cagou­lés à exer­cer le métier d’éleveur — qui, rap­pe­lons-le, est payé par la socié­té à tra­vers toutes sortes de sub­ven­tions qui repré­sentent l’essentiel de leur reve­nu. Peu de gens savent qu’objectivement, le nombre d’éleveurs ovins dimi­nue beau­coup moins dans le sud-est, où vivent l’essentiel des loups de France, que dans le reste du pays. En fait, beau­coup d’éleveurs ovins qu’on ne voit pas dans la presse ne sont pas aus­si viru­lents, s’adaptent et s’accommodent tant bien que mal de la pré­sence des loups, sans récla­mer des tirs à tout va. Mais il est presque impos­sible pour eux d’apparaître média­ti­que­ment, car la pres­sion de la cor­po­ra­tion et de ce genre de cagou­lés est très forte.

Vous écri­vez que la chasse « devrait finir par dis­pa­raître d’elle-même » et sou­li­gnez le « désa­mour glo­bal des citoyens » pour cette pra­tique. Faut-il lais­ser le temps faire son tra­vail ou bien lui for­cer la main pour que l’État, sous la pres­sion du nombre, inter­dise un jour la chasse ?

Je pense que nous devons agir car il en va de l’intérêt géné­ral, de l’urgence éco­lo­gique et des ani­maux. On peut bien sûr ten­ter d’agir poli­ti­que­ment par les urnes ou via les déci­deurs ou futurs déci­deurs. Certains tentent le boy­cott. J’ai lan­cé en 2018 une cam­pagne visant à ce que les maga­sins Decathlon arrêtent de vendre des articles de chasse. Mais l’objectif est beau­coup plus large que cette enseigne : Decathlon est très appré­cié des Français et pro­meut abon­dam­ment la chasse comme un loi­sir, au même titre que le foot ou la ran­don­née. Pour gagner contre la chasse, il faut d’abord que cette acti­vi­té ne soit plus consi­dé­rée comme accep­table socia­le­ment. Il faut ensuite que la loi s’aligne, comme c’est déjà le cas pour les ani­maux domes­tiques dits de com­pa­gnie : faire souf­frir volon­tai­re­ment un chien, lui tirer une balle dans la cuisse pour s’amuser est un délit. Pour les ani­maux sau­vages, c’est encore auto­ri­sé et encou­ra­gé par les pou­voirs publics à tra­vers la chasse.

(Karl Hunter)

Votre réflexion paraît aller plus loin que la seule chasse. Au fond, c’est notre rap­port aux ani­maux — comme indi­vi­dus exploi­tés, mal­trai­tés, consom­més sans uti­li­té — qu’il faut ques­tion­ner tout entier ?

Oui. Mon approche est d’abord natu­ra­liste et scien­ti­fique car c’est ma com­pé­tence et ma pra­tique depuis plus de 20 ans. Mon objec­tif reste émi­nem­ment éco­lo­gique. J’ai consa­cré beau­coup d’énergie ces der­nières années dans des dos­siers stric­te­ment « éco­los », pour la pré­ser­va­tion de telle ou telle espèce, de tel ou tel milieu, et je conti­nue­rai de le faire. Mais je pense qu’il est grand temps pour la socié­té de bri­ser les cli­vages encore très mar­qués entre, d’un côté, les spé­cia­listes de la bio­di­ver­si­té qui s’intéressent de façon tout à fait per­ti­nente aux masses, aux flux, aux popu­la­tions chif­frées, sans guère de pré­oc­cu­pa­tion pour le des­tin indi­vi­duel de tel ou tel ani­mal, et, de l’autre côté, les pro­tec­teurs, disons « ani­ma­listes », sou­vent sans approche éco­lo­gique au sens scien­ti­fique mais qui consi­dèrent à juste titre les ani­maux en tant qu’individus dont les inté­rêts doivent tant que pos­sible être pré­ser­vés. La lutte contre la chasse-loi­sir est pré­ci­sé­ment à la croi­sée de ces deux enjeux cru­ciaux.


REBONDS

☰ Lire notre entre­tien : « Zoopolis — Penser une socié­té sans exploi­ta­tion ani­male », octobre 2018
☰ Lire notre entre­tien avec Yves Bonnardel et Axelle Playoust-Braure : « Les ani­maux au cœur de l’émancipation », sep­tembre 2018
☰ Lire notre entre­tien avec 269 Libération ani­male : « L’antispécisme et le socia­lisme sont liés », décembre 2017
☰ Lire notre entre­tien avec Les Cahiers anti­spé­cistes : « Sortir les ani­maux de la caté­go­rie des mar­chan­dises », sep­tembre 2016

NOTES   [ + ]

1.Cet écart s’ex­plique par le fait que le décompte des ani­maux tués par les chas­seurs n’est pas ren­du public. Le chiffre de 30 mil­lions a été éta­bli par l’ONCFS (Office natio­nal de la chasse et de la faune sau­vage) sur la base de 39 espèces, et ce pour la sai­son 1998–99 ; de nos jours, celui de 45 mil­lions est avan­cé par le Parti ani­ma­liste, Europe Écologie – Les Verts, L214 ou encore One Voice.
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Au sommaire :
Julien, une vie française (Léon Mazas) ▽ Marseille sous les décombres (Maya Mihindou) ▽ Rencontre avec Charles Piaget ▽ La gauche face à la technique (avec François Jarrige et Alex Williams) ▽ Athènes, lignes de front (Rosa Moussaoui) ▽ Les violences sexuelles au travail (Mélanie Simon-Franza, Stéphane Simard-Fernandez) ▽ Les animaux luttent aussi (Frédéric Côté-Boudreau) ▽ Nouvelles de l'Amassada (Roméo Bondon et Jules Gras) ▽ De l'esclavage à la coopération : chronique de la dépendance (Saïd Bouamama) ▽ Un portrait de Joris Evens (Thibauld Weiler) ▽ Au nouveau Tchangarey, Niger (Adam Elhadj Saidi Aboubacar et Marie Detemple) ▽ La dernière toile (Adeline Baldacchino) ▽ « Exit la terre » (Seyhmus Dagtekin)

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