Lettre du poète Breytenbach à Ariel Sharon


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Jérusalem est actuel­le­ment le théâtre de vio­lents affron­te­ments — cer­tains com­men­ta­teurs esti­mant même qu’ils pour­raient conduire à une troi­sième inti­fa­da. Pendant ce temps, le Ministère de l’in­té­rieur rati­fie le pro­jet de construc­tion de 500 loge­ments de type colo­niaux, à Jérusalem-Est, dans le quar­tier de Ramat Shlomo, et Amnesty International rend public un rap­port attes­tant que « les forces israé­liennes ont vio­lé [durant l’o­pé­ra­tion Bordure pro­tec­trice, ndlr] les lois de la guerre en menant une série d’at­taques contre des habi­ta­tions civiles, fai­sant preuve d’une froide indif­fé­rence face au car­nage qui en résul­tait ». Découvrons, ou redé­cou­vrons, cette lettre ouverte du poète sud-afri­cain Breyten Breytenbach (l’au­teur, notam­ment, de Confession véri­dique d’un ter­ro­riste albi­nos, paru en 1983), écrite il y a douze ans et adres­sée à Ariel Sharon, alors Premier ministre d’Israël. Celui qui pas­sa sept années sous les bar­reaux pour avoir lut­té contre le régime d’a­par­theid revient sur les « dif­fé­rences et les simi­li­tudes » qui existent entre les deux régimes.


Monsieur,
vous ne me connais­sez pas.

Il n’y a aucune rai­son pour cela et peu de chances que vous écou­tiez ce que quelqu’un comme moi peut avoir à dire. Je ne pense pas que vous ayez le temps de prê­ter atten­tion à des points de vue qui ne cor­res­pondent pas au vôtre. En fait, je suis per­sua­dé que vous n’écoutez pas ceux qui ne disent pas ce que vous sou­hai­tez entendre.

Au cas où cela vous inté­res­se­rait, je suis un écri­vain sud-afri­cain et je vis et tra­vaille à l’étranger. Il y a quelque temps, j’ai aus­si vécu par­mi un peuple élu qui se condui­sait comme un Herrenvolk — comme tous ceux qui croient que la souf­france les a sin­gu­la­ri­sés ou que Dieu leur a confié une mis­sion par­ti­cu­lière. Je m’excuse si mon allu­sion à Israël comme Herrenvolk peut bles­ser à cause des échos d’un pas­sé récent quand, en Europe, tant de Juifs ont été les vic­times d’une solu­tion finale. Mais com­ment décrire autre­ment le com­por­te­ment de votre armée quand l’horreur de ce que vous faites nous sub­merge ?

Ces équi­va­lences bru­tales ne sont pas faites à la légère. En tant qu’écrivain, je sais très bien qu’il est néces­saire de ne pas se ser­vir des mots pour faire naître des émo­tions faciles. C’est ce qu’entraînent les com­pa­rai­sons hâtives — elles annulent toute com­pré­hen­sion de la com­plexi­té des phé­no­mènes obser­vés par la mon­tée de la vio­lence qui échauffe la gorge et souille l’adversaire avec des vomis­sures d’une condam­na­tion emprun­tée à une autre situa­tion. L’apartheid n’était pas le nazisme, mais le dire était un slo­gan frap­pant. Et la poli­tique menée actuel­le­ment par les forces israé­liennes contre le peuple pales­ti­nien ne doit pas être mise sur le même plan que l’apartheid. Chacun de ces pro­ces­sus et de ces sys­tèmes est assez mau­vais pour méri­ter l’analyse com­plète de sa sin­gu­la­ri­té his­to­rique.

« Comment décrire le com­por­te­ment de votre armée quand l’horreur de ce que vous faites nous sub­merge ? »

Et cepen­dant, il y a des simi­li­tudes et des dif­fé­rences : cette com­pé­ti­tion aveugle de chaque camp, pour être recon­nu comme plus-victime-que‑l’autre ; le fait de mas­quer vos atro­ci­tés avec le droit sacro-saint de légi­time défense ; la mani­pu­la­tion éhon­tée de la sen­si­bi­li­té et du men­songe ; la déshu­ma­ni­sa­tion paral­lèle de votre propre socié­té ; le mépris de l’humanité des Palestiniens — en fait le refus du trai­te­ment humain le plus élé­men­taire d’un popu­la­tion civile prise au piège. Tout cela n’est que trop fami­lier.

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Les hypo­thèses qui sont à la base de vos actions sont racistes. Comme c’était le cas avec le régime sud-afri­cain, les méthodes par les­quelles vous espé­rez sou­mettre l’ennemi se résument à l’utilisation de la force, aux bains de sang et à l’humiliation. Vous pen­sez de façon cynique que vous pou­vez vous en tirer tant que vous allez dans le sens sup­po­sé des inté­rêts vitaux des États-Unis. Je pense que vous vous moquez comme d’une figue de Jaffa des inté­rêts des Américains. Vous devez sans doute les mépri­ser à cause de leur maté­ria­lisme gros­sier et de leur igno­rance du monde. C’est vrai, votre ven­deur de voi­tures d’occasion, Netanyahou, a uti­li­sé plus ouver­te­ment encore cette tech­nique de pro­pa­gande gros­sière, comme s’il avait été un doigt sale en train de tordre le cli­to­ris d’une opi­nion publique amé­ri­caine en pâmoi­son.

Mais vous aus­si, en fai­sant écho de façon tout à fait oppor­tu­niste au défi du pré­sident amé­ri­cain (et en repre­nant ses propres mots) qui décrit tout autre comme un ter­ro­riste, vous avez mon­tré que vous pre­niez le reste du monde pour des imbé­ciles. Nous ne sommes assu­ré­ment pas tous d’accord pour recon­naître que ce qu’il y a de mieux dans le monde c’est l’appétit des États-Unis pour un pétrole bon mar­ché, et pour qu’on attende de nous une adhé­sion à l’inviolabilité des régimes cor­rom­pus de la région !

« Aucune réfé­rence à la soi-disant pro­messe par un Dieu d’une terre sacrée ne peut jus­ti­fier les exac­tions. »

Il faut ana­ly­ser tout de suite une autre diver­sion per­ni­cieuse. Il est bien connu que toute cri­tique de la poli­tique d’Israël est l’expression d’un anti­sé­mi­tisme. Cette affir­ma­tion clôt défi­ni­ti­ve­ment toute dis­cus­sion. Bien sûr, je rejette cette ten­ta­tive de cen­sure qui sup­prime toute base de débat. Aucune souf­france — que ce soit celle des Tutsis, des Kurdes, des Arméniens, des Vietnamiens, des Bosniaques ou des Palestiniens — n’exonère de la cri­tique. (Et pour dire les choses tris­te­ment, quelle que soit la per­sé­cu­tion subie, cela ne vac­cine pas un peuple et ne l’empêche pas de per­pé­trer à son tour les pra­tiques dont il a souf­fert.) Aucune réfé­rence à la soi-disant pro­messe par un Dieu d’une terre sacrée ne peut jus­ti­fier les exac­tions com­mises par une armée d’invasion et d’occupation — ni les mas­sacres d’innocents per­pé­trés de sang-froid, ordon­nés par des sei­gneurs de guerre fana­tiques au nom de la résis­tance. Aucune réfé­rence à quelque sacro-saint Grand Israël ne peut dis­si­mu­ler que vos colo­nies sont des enclaves armées construites sur une terre effron­té­ment volée aux Palestiniens, et qui sup­purent comme des mor­ceaux de verre plan­tés dans leur chair, ou des nids de snip­pers dont le but est de contre­car­rer et d’annuler toute pos­si­bi­li­té de paix par une anni­hi­la­tion de l’autre, comme il n’existe aucun para­dis pour les mar­tyrs.

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Je trouve cette allé­ga­tion d’antisémitisme par­fai­te­ment déplo­rable, en par­ti­cu­lier quand elle vient d’intellectuels juifs qui, si sou­vent, consti­tuent l’épine dor­sale rai­son­nable, ration­nelle et créa­trice des socié­tés occi­den­tales. Pourquoi devrions-nous être sou­mis à ce plai­doyer par­ti­cu­lier, ou détour­ner le regard quand Israël com­met des crimes ? Est-ce que selon Yahwe, ce qui est bon pour l’un ne l’est pas pour l’autre ? Non, géné­ral Sharon, les injus­tices subies dans le pas­sé ne jus­ti­fient ni n’excusent vos actes fas­cistes actuels. On ne peut pas construire un État viable sur l’expulsion d’un autre peuple qui a autant de droits que vous sur ce ter­ri­toire. La puis­sance n’est pas le droit. À long terme, votre poli­tique immo­rale et à courte vue (et en défi­ni­tive stu­pide) ne fera qu’affaiblir un peu plus la légi­ti­mi­té d’Israël en tant qu’État.

Récemment, j’ai eu l’occasion de visi­ter les Territoires pour la pre­mière fois. (Oui, j’ai peur de dire qu’on peut rai­son­na­ble­ment les décrire comme des ban­tous­tans — car ils rap­pellent trop sou­vent les ghet­tos et les camps de la misère qu’on a connus en Afrique du Sud.) Je n’ai vu Israël que rapi­de­ment, en arri­vant et en par­tant, après avoir pas­sé une nuit dans l’Hôtel Intercontinental David de Tel-Aviv, luxueux mais som­bre­ment désert. Vous pou­vez dire que j’ai une vue uni­la­té­rale. Peut-être. Bien que, sur la rive occi­den­tale, on ne soit jamais très loin des lignes de démar­ca­tion israé­liennes, des points de contrôle, des tanks et des avant-postes armés.

« On ne peut pas construire un État viable sur l’expulsion d’un autre peuple. »

Vos deux peuples sont-ils aus­si dif­fé­rents, me suis-je deman­dé. Vous êtes un mélange simi­laire de diverses cultures et ori­gines, vous êtes tous deux un peuple de la dia­spo­ra, vous êtes éga­le­ment intel­li­gents, vous avez l’esprit vif et vous êtes prompts à vous enflam­mer. Vous pou­vez vous mon­trer cou­ra­geux dans des situa­tions sem­blables. De chaque côté, il y a des esprits créa­tifs d’une inté­gri­té excep­tion­nelle dans leur tra­vail. De chaque côté, aus­si, il y a un nombre extra­or­di­naire d’individus égoïstes, assoif­fés de pou­voir, des fana­tiques à l’esprit obs­cur­ci par les inep­ties divines. Ou qui l’utilisent comme pré­texte. En tant que pro­vo­ca­teur — cruel et de sang-froid — vous vous dis­tin­guez par­mi vos pairs. Dans vos ten­ta­tives obs­ti­nées mais mal réflé­chies pour rui­ner les accords pré­cé­dents et pour sabo­ter toute pos­si­bi­li­té de paix — sauf la paix des cime­tières ou de l’exil, fon­dée sur le trans­fert total ou la dis­pa­ri­tion de l’entité pales­ti­nienne — vous êtes en train de créer le désordre dans la région. Vous l’avez sans aucun doute pla­ni­fié. Il reste à voir si les gro­gne­ments de vos patrons de Washington inflé­chi­ront votre cam­pagne de ter­reur cal­cu­lée et de des­truc­tion absurde – ou si ce n’est qu’un écran de fumée der­rière lequel ali­gner la guerre du monde libre contre le ter­ro­risme. Et pour s’assurer la domi­na­tion des res­sources et un contrôle total des mar­chés, du pétrole peu cher et de la démo­cra­tie.

Les quelques jours que j’ai pas­sés là-bas, avec la délé­ga­tion du Parlement International des Écrivains, m’ont lais­sé un ensemble d’impressions fortes mais contra­dic­toires. Comme la Palestine est petite ! Comme vos deux peuples sont inex­tri­ca­ble­ment mêlés ! Des pierres par­tout. La topo­gra­phie des noms fami­liers venus de la Bible. La beau­té de la lumière. Les ten­ta­tives pour rendre l’endroit sem­blable à la Suisse en y plan­tant des coni­fères exo­tiques. L’inhospitalité du pays, sauf dans les plaines côtières luxu­riantes. L’immense tris­tesse des vil­lages qui ne sont pas sans rap­pe­ler les villes apa­thiques et sans vie d’Allemagne de l’Est. La lumière verte des mos­quées et toutes les habi­ta­tions inache­vées. Partout, la lai­deur de l’architecture — les immeubles de cal­caire gris clair omni­pré­sents. L’ineptie de votre occu­pa­tion – toutes ces routes de contour­ne­ment très bien éclai­rées à l’usage exclu­sif des colons et des citoyens israé­liens. La mes­qui­ne­rie har­gneuse de vos contrôles aux check-points, qui n’ont que peu de rap­port avec la sécu­ri­té, mais qui répondent à un besoin pri­maire d’humilier, de frus­trer, de har­ce­ler et de rendre folle de rage une popu­la­tion occu­pée. L’extrême jeu­nesse de vos sol­dats qui, tris­te­ment, sont des jeunes gens qui ont fait de bonnes études. La vio­lence avec laquelle vous détrui­sez une éco­no­mie pales­ti­nienne pos­sible, et avec laquelle vous volez leurs biens. La vieille ven­geance — la des­truc­tion des mai­sons au bull­do­zer, l’arrachage des oli­viers. Le spec­tacle pri­mi­tif de posi­tions armées sous camou­flage et de dra­peaux israé­liens sur des bâti­ments de com­man­de­ment. Vos médias démo­cra­tiques tel­le­ment van­tés qui mentent à votre peuple, qui nient les crimes de guerre com­mis par vos sol­dats.

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Le mur de Berlin autour de vos colo­nies de Gaza (et der­rière, des uni­ver­si­tés, des ins­ti­tuts de recherche, des hôtels de chaînes amé­ri­caines, des ter­rains de golf), et les décombres des quar­tiers pales­ti­niens détruits qui res­semblent aujourd’hui au « ground zéro » de New York. La façon dont les gosses nous regardent droit dans les yeux, abso­lu­ment pas effrayés, mais on nous dit qu’ils sont sans doute trau­ma­ti­sés non seule­ment par les menaces que font pla­ner vos héli­co­ptères, vos tanks pré­his­to­riques et vos hommes en uni­forme qui tirent sur tout ce qui bouge, mais aus­si par tous les adultes hyper­ac­tifs qui sont autour d’eux. Les vieilles femmes avec un fou­lard dans cer­tains camps de réfu­giés, qui crient que vous, Sharon, vous ne les ferez jamais par­tir, qu’elles ont chas­sé vos sol­dats « comme des chiens ». Qui dénoncent la mol­lesse des États arabes et la lâche­té de l’autorité pales­ti­nienne. L’extraordinaire acti­vi­té des intel­lec­tuels et des artistes pen­dant le siège de Ramallah — dis­cu­tant, riant de leur propre situa­tion lamen­table. La façon dont ils disaient : « Nous ne vou­lons pas être des héros, nous ne vou­lons pas être des vic­times, nous vou­lons seule­ment mener une vie nor­male. » Leur déses­poir désa­bu­sé. Mahmoud Darwich : « Il y a trop d’histoire et trop de pro­phètes dans ce si petit pays. » La visite à Abou Amar, Yasser Arafat, un renard dans son ter­rier, ses mains jaunes comme de la cire appe­lant dans une étreinte vide une « paix des braves » et « à la conscience de la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale ». Une bour­geoise se lamen­tant sur la pro­fa­na­tion du pay­sage pales­ti­nien. Et un avo­cat des droits de l’homme pro­cla­mant : « Nous remer­cions Ariel Sharon pour deux choses — il a uni toutes les fac­tions pales­ti­niennes, et il ne nous a pas lais­sé d’autre choix que de résis­ter. » Plus tard, le même homme, qui fume ciga­rette sur ciga­rette et qui a déjà la sueur de la mort sur lui, remarque amè­re­ment que main­te­nant les gens ont la répres­sion dans la peau et qu’ils n’ont plus rien d’autre pour se défendre que leur peau. D’où les bombes humaines.

« Vous n’avez pas bri­sé l’esprit du peuple pales­ti­nien. »

Voici quelles sont mes conclu­sions contras­tées : vous n’avez pas bri­sé l’esprit du peuple pales­ti­nien. Bien au contraire — les Palestiniens sont main­te­nant plus réso­lus que jamais à construire un État, peu importe que vous les per­sé­cu­tiez. Ils ont vu le renou­vel­le­ment de l’agression, ils ont su que vous ne fai­siez que du pied au géné­ral Zinni — sans doute avec l’accord de Dick Cheney. Ils savent aus­si que, puisque vous les avez ren­dus plus forts, vous devrez frap­per plus dure­ment et plus pro­fon­dé­ment, parce que vous êtes coin­cé dans une impasse dont vous êtes res­pon­sable. Comme Bush dans sa croi­sade contre les infi­dèles et les déso­béis­sants, vous devez aug­men­ter votre dis­tance d’avec l’éthique publique inter­na­tio­nale, éta­ler encore plus de bon sens et jeter du bon argent moral après tant de fausses éva­lua­tions poli­tiques. Ils savent que rien de ce qu’ils peuvent faire n’est capable de vous apai­ser. Ils craignent que vous ayez à vous arran­ger avec ce crime contre l’humanité que vous êtes en train de com­mettre, que vous réus­sis­siez à bri­ser leur espoir d’un État laïc, moderne et démo­cra­tique, res­pon­sable devant sa popu­la­tion, et que vous ame­niez le démon par­mi eux. Ils savent aus­si que cette volon­té divise et affai­blit pro­fon­dé­ment Israël.

Mais vous vous en moquez, n’est-ce pas ?

C’est ce qui est triste et hor­rible.


Photographie de cou­ver­ture : Maxence Emery

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Au sommaire :
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