Des antifascistes contre Orbán, Détroit par-delà les stéréotypes, la guerre des pauvres sur un vélo, traverser les Pyrénées et la Seconde Guerre mondiale, l’épopée d’une famille finlandaise, une pionnière de la poésie documentaire, les conséquences subjectives de la répression, la vie tumultueuse d’un déserteur portugais et une revue à propos des lieux de réflexion du syndicalisme : nos chroniques du mois d’avril 2025.
☰ La nuit sera longue, de Zerocalcare (trad. Brune Seban)
Le mercredi 9 avril, à 13 heures 50, une vague de soulagement a parcouru la salle de la cour d’appel de Paris. Les juges venaient d’annoncer leur décision de ne pas extrader Gino, militant antifasciste poursuivi par l’État hongrois, et de le libérer sous contrôle judiciaire. Le régime autoritaire et ultra-conservateur de Viktor Orbán a en effet lancé des mandats européens contre des dizaines d’antifascistes supposés avoir participé à une action contre le rassemblement néonazi dit du « Jour de l’honneur », le 11 février 2023 à Budapest. Accusés d’avoir attaqué des nazis en marge de l’événement, leur occasionnant entre cinq et huit jours d’ITT — quelques bleus en somme — ils encourent plus de dix ans de prison. Gino n’est pas le seul à avoir été arrêté. Ilaria, enseignante et militante antifasciste, a passé un an dans les geôles hongroises. Après avoir été placée en résidence surveillée, elle a pu finalement être libérée en étant élue députée européenne en juin 2024. C’est de son histoire et de celle de Gino que traite la dernière BD du dessinateur italien Zerocalcare. Alors qu’il se rend à l’une des audiences du procès d’Ilaria Salis, une parodie de justice lui saute aux yeux : elle comparaît enchaînée et maintenue en laisse — mise en scène sans équivoque du pouvoir hongrois ; à l’extérieur, les militants nazis filment jusqu’aux portes du tribunal les soutiens des antifascistes et les menacent alors que la police brille par son absence. Comme à son habitude, Zerocalcare partage les questionnements que lui suscitent l’affaire, en particulier celle de l’utilisation de la violence. Il n’a pas la prétention d’y répondre, mais rappelle quelques principes simples. D’abord, « ça mérite le respect, les doutes et l’intranquillité de toutes celles et ceux qui — face à l’injustice — cherchent leur façon d’être du bon côté de l’histoire ». Ensuite, « on ne lâche pas les gens qui finissent en taule ». Pour toutes celles et ceux qui sont encore poursuivis par le régime Orbán, la lutte continue. [L.]
Nada, 2025
☰ La Ville d’après. Detroit, une enquête narrative, de Raphaëlle Guidée
« De partout, les curieux affluent pour voir l’Amérique effondrée. » Detroit, autrefois capitale du fordisme et vitrine de la prospérité des États-Unis, a vu sa population être divisée par trois entre 1950 et 2020 et sa municipalité déclarer faillite en 2013. Désormais « symbole mondial de la postapocalypse », elle est tour à tour présentée comme une cité fantôme (malgré ses 630 000 habitant·es), un lieu rendu à la nature, une utopie do-it-yourself ou une ville-phénix symbolisant la renaissance du capitalisme. Ce sont ces récits, multiples et contradictoires, que Raphaëlle Guidée s’attache à explorer, dans une enquête sur les manières de raconter ce qui n’est pas « la fin du monde » mais une « expérience historique de précarisation collective » due à l’effondrement des services publics. Quand les photographes Yves Marchand et Romain Meffre affirment, à propos du Lee Plaza, hôtel de luxe construit en 1929, transformé dans les années 1970 en foyer pour des personnes âgées démunies et aujourd’hui abandonné, que « ses résidents semblent avoir disparu dans une catastrophe nucléaire », l’historienne de l’art Dora Apel répond que « la catastrophe nucléaire, pour eux, a été l’événement prosaïque de coupes budgétaires dans le budget municipal ». Il s’agit alors de contrer autant « l’excitation apocalyptique », qui « assimile les causes politiques du désastre à un mécanisme naturel obscur et inévitable », que la vision utopique de Detroit comme « une nouvelle Frontière » pour ceux qui viennent, dans les années 2010, y exercer leurs ambitions humanitaires. Entre les fermes urbaines qui visent à développer une souveraineté alimentaire pour les habitant·es précarisé·es, les friches aux sols pollués par les effluents chimiques et la spéculation immobilière sur les écoquartiers, Raphaëlle Guidée collecte des récits qui permettraient de mettre au jour « l’ambivalence entre la réalité vécue de la perte d’un monde et la formidable profusion de ce qui reste, continue, reprend ». [A.B.]
Flammarion, 2024
☰ 1525 + (42x16) = 2197. Errance à vélo dans les cendres des embrasements de 1525, anonyme
Récit d’un périple à vélo, de Magdebourg jusqu’à Rome, sur les lieux de ce que l’Histoire a retenu sous le nom de « Guerre des paysans ». L’auteur, roulant sur les traces du fameux Thomas Müntzer, mais aussi des nettement moins connus Michael Gaismair et Peter Paßler, fait alterner rappels historiques, anecdotes vélocipédiques et souvenirs de lectures. À Bad Frankenhausen, où il contemple la fresque commémorant la bataille qui scella la défaite des paysans, le 15 mai 1525, il prévient : « Le voyage comme moyen d’aller vérifier sur place si ce que l’on a vu ou lu correspond bien à la réalité ! Très peu pour nous ! » Bien d’autres considérations sur le tourisme seront émises par la suite, glissées entre deux exposés ou deux averses : « Paradoxe des velléités de mobilité de notre époque : les touristes veulent découvrir des pays, des régions que les autochtones n’aspirent qu’à quitter. Ce qui induit quelquefois incompréhensions et malentendus. » La description de la naissance de la société capitaliste devient aussi souvent prétexte à commentaires sur la société actuelle, avant ou après une baignade. « Il ne fait aucun doute à mes yeux que la géographie des lieux a souvent, (voire toujours) conditionné l’Histoire et que les figures de celle-ci ont cherché à profiter ou à s’affranchir des contraintes de celle-là. Il suffit de penser, par exemple, à la résistance profitant de la géographie du plateau du Vercors, à la cavalerie makhnoviste parcourant les grandes plaines d’Ukraine ou encore aux habitants de la Zomia sud-est asiatique utilisant les hautes terres comme un rempart à une intégration dans un État. » Aller, physiquement, à la rencontre d’autres histoires, voilà un procédé original mériterait d’être décliné. [E.L.]
Auto-édition, 2025
☰ Tous passaient sans effroi, de Jean Rolin
Jean Rolin continue son écriture de marcheur. Dans Tous passaient sans effroi, on retrouve sa passion pour la nature et l’ornithologie, quand, par exemple, il observe un cincle plongeur faire ce que son nom suggère dans une rivière aux eaux écumantes. Cette fois, ses pas l’ont entraîné dans les histoires de celles et ceux qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont tenté de franchir les Pyrénées pour rejoindre l’Espagne afin d’échapper au régime de Vichy et à l’occupation nazie. L’auteur a été éprouver lui-même la difficulté des sentiers parcourus par les quelques personnes dont il raconte les trajectoires, comme autant de fils tirés d’un côté à l’autre de la frontière. On retrouve Walter Benjamin, qui se suicidera à peine arrivé du côté espagnol. Le récit de sa traversée comme de celle d’Alma Mahler font écho au témoignage plus complet de Justus Rosenberg dans l’Art de la résistance. Pour des personnes souvent insuffisamment préparées ou trop mal équipées pour une telle épreuve physique, la montagne était périlleuse : aux difficultés de l’ascension s’ajoutaient des conditions météorologiques rudes, en hiver comme en été. L’auteur en fait lui même l’expérience : « le versant espagnol n’a rien d’une partie de plaisir, ne serait-ce que parce que ce versant est inévitablement beaucoup plus ensoleillé, donc aussi beaucoup plus chaud ». Mais la nature n’est pas le seul obstacle. Il faut encore se méfier des humains. Jean Rolin a dû plonger dans les archives pour retracer l’histoire des frères Grumbach. L’un d’eux rejoindra la Résistance sous le nom de Jean-Pierre Melville, travailleur de « l’industrie cinématographique ». L’autre disparaîtra dans des circonstances obscures. Sur les chemins où nous entraîne Jean Rolin, on croise également celles et ceux qui travaillent à maintenir vivante la mémoire du passage à travers les Pyrénées et des helpers qui l’ont rendu possible. Une mémoire loin d’être cantonnée à un passé révolu, alors qu’aujourd’hui les mêmes chemins sont parcourus par les exilé·es qui cherchent à entrer dans l’Europe-forteresse. [L.]
P.O.L., 2025
☰ Faire bientôt éclater la terre, de Karl Marlantes (trad. Suzy Borello)
Il y a des romans gigantesques qui se lisent comme un récit très court, vif et nerveux. Faire bientôt éclater la terre est de ceux-là. Ses plus de mille pages n’étaient pas de trop pour embrasser tout à la fois le travail bien fait et celui qui détruit, l’exploitation des travailleurs et leur lutte pour s’en défaire, l’émigration contrainte et la vie d’exil qui suit toujours, la nature déchirante de beauté et déchirée par l’extractivisme, l’amour qu’on s’échine à conserver ou qui se perd, à jamais. Cette histoire est celle d’une sœur, Aino, et de ses deux frères, Matti et Ilmari. Tous les trois ont commencé leur vie dans la famille Koski, en Finlande, à la fin du XIXe siècle, alors que le pays est sous domination russe et s’éveille aussi bien au nationalisme qu’au socialisme. Ils la finiront de l’autre côté de l’Atlantique, près de la Deep River, au nord-ouest des États-Unis. Les trois frères et sœurs sont contraints, à cause de la faim, de l’insubordination ou d’activités politiques, de quitter leur terre natale. Ils intègrent, entre l’État de Washington et l’Oregon, une vaste communauté nordique dont les membres s’échinent à gagner leur vie en coupant, en traînant ou en sciant des arbres énormes pour un salaire misérable. Tandis qu’Ilmari défriche patiemment un terrain pour y installer une ferme assez accueillante pour ne pas y vivre seul, Matti effectue la plupart des métiers du bois, espérant un jour avoir sa propre entreprise d’exploitation forestière. Aino, elle, quand elle ne travaille pas au campement de bûcherons ou en tant que sage-femme, trouve dans le syndicalisme révolutionnaire la voie qui lui semble la plus juste, collectivement et individuellement. Comme les bals qui égayent les samedis soirs de cette communauté d’émigrants, les grèves s’enchaînent, à la différence près que ces dernières sont durement réprimées. Bientôt, les luttes sociales, les rencontres et la subsistance quotidienne de la « tribu » Koski, élargie aux compagnons, aux compagnes, aux enfants, entreront en concurrence, pour le salut de tous ou seulement de quelques uns. [R.B.]
Le livre de poche, 2024
☰ Le Livre des morts, de Muriel Rukeyser (trad. Emmanuelle Pingault)
En 1937, Muriel Rukeyser, jeune poétesse de vingt-quatre ans, se rend à Gauley Bridge, en Virginie-Occidentale, pour mener une enquête sur l’un des plus importants désastres industriels de l’histoire des États-Unis. Elle en tirera Le Livre des morts, œuvre pionnière de la poésie documentaire états-unienne publiée l’année suivante. Au tout début des années 1930, plus de deux mille hommes, majoritairement noirs, ont travaillé pendant deux ans à creuser un tunnel de six kilomètres dans le cadre d’un projet de centrale hydroélectrique. Soudain, « trésor dans la roche, le verre blanc est apparu » : découvrant que le tunnel passe à travers des dépôts de silice à l’état presque pur, l’entreprise décide d’élargir le diamètre du tunnel afin d’exploiter ce sous-produit, sans fournir le moindre matériel de protection aux ouvriers. Ceux-ci, inhalant la poussière de silice douze heures par jour, tombent malades : « satanée roche, maudite centrale, / par centaines, ils ont inspiré la richesse, empli leurs poumons de verre ». La silicose en tue un grand nombre — le bilan exact ne sera jamais établi. Des travailleurs sociaux fondent un comité de défense pour obtenir l’indemnisation des ouvriers ou de leurs familles et, en 1933, trois cent malades attaquent les entrepreneurs en justice : « Ces hommes ont le souffle court / mais le comité a une voix de fer. » L’ouvrage adopte une forme hybride, que cette belle édition alimente de photographies d’archives et d’un extrait des États-Désunis de Vladimir Pozner, publié la même année. Ainsi, à la voix lyrique se mêlent chroniques historiques, dépositions devant la Chambre des députés, extraits du Livre des morts égyptien, entretiens menés avec des ouvriers. Parmi eux, Mearl Blankenship, « calme malgré le fracas », confie : « je suis dans le rêve que je fais tout le temps : / le tunnel étranglé, / le mur sombre tousse de la poussière ». Et la poétesse d’affirmer, en guise de mot d’ordre : « Les trois choses qui n’auront jamais lieu ? / Oublier. Se taire. Rester seul. » [A.B.]
Éditions isabelle sauvage, 2017
☰ La manif, de Nelly Alard
Au printemps 2016, les manifestations contre la loi Travail, énième trahison d’un gouvernement usurpant le qualificatif de socialiste, battent leur plein. Pour toutes les personnes qui y ont participé, ce mouvement sera marqué par un tournant dans les méthodes de maintien de l’ordre lors des mouvements sociaux de masse. L’utilisation de grenades désencerclantes, explosives et de flashball, courante dans les quartiers populaires ou contre les ZAD, se généralise dans les manifestations. Débordant les organisations syndicales, le cortège de tête fait son apparition avec des pratiques plus offensives. Les nasses policières deviennent systématiques, tout comme l’emploi de groupes de policiers peu formés, mobiles et violents, ayant pour ordre d’interpeller des protestataires. Si la doctrine du maintien de l’ordre « à la française » reposait sur la distance et la minimisation des blessé·es, il s’agit à présent d’aller au contact. C’est dans ce contexte que se déroule La manif, de Nelly Alard. Romain, jeune homme venu tourner quelques images pour essayer sa caméra, est touché par le plot d’une grenade désencerclante lancée à la volée. Grièvement blessé à la tête, il tombe dans le coma. Son cas devient une affaire d’État. Même si on peut regretter une certaine distanciation dans l’insistance à préciser que Romain n’était pas un manifestant ni un black bloc, l’autrice décrit avec finesse les conséquences que vont avoir la blessure du jeune homme. Contre les pronostics peu optimistes des médecins, il se rétablit et, appuyé par sa famille, cherche à obtenir justice. Tous se heurtent rapidement à la raison d’État : il faut étouffer l’affaire. Ce que finira par faire une juge après de longues années de procédures. Le témoignage de Romain ne pèsera pas lourd face à celui des forces de l’ordre, qui prétendront, malgré de nombreuses vidéos attestant des mensonges des policiers, s’être défendues contre des jets nourris de projectile. Une injustice qui abîmera autant le jeune homme que son entourage — et c’est sans doute dans la description de ces relations qui se tordent, se renforcent ou se brisent que tient la plus grande force du livre. [L.]
Gallimard, 2024
☰ Itinéraires du refus, de Jorge Valadas
« Enfants de la fin de ce système autoritaire inique, la plus longue dictature du XXe siècle en Europe, nous avons été ses derniers sujets avant sa chute. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons aussi été les enfants du dernier système colonial européen, nous avons assisté et participé à son effondrement. C’est beaucoup. » Voilà ce qui arrive quand on naît au Portugal à la fin de la Seconde Guerre mondiale comme ça a été le cas de Jorge Valadas — autrement connu sous le pseudonyme de Charles Reeve. Si le régime de Salazar craque déjà par certains aspects, difficile d’imaginer, lorsqu’on grandi sous son joug dans les années 1950, que celui-ci s’effondrera sous les coups d’un soulèvement une vingtaine d’années plus tard. Aussi, le plus sûr chemin pour se défaire de ses contraintes est-il de partir. Mais encore faut-il comprendre ce que l’on quitte. C’est ce que raconte l’auteur, reprenant le labyrinthe qu’il a exploré depuis qu’il a déserté de l’armée portugaise en 1967, rompant d’un même élan avec un catholicisme étouffant, un régime autoritaire, une société coloniale. « Pour moi, l’exil est un chemin choisi. Et c’est dans les raisons de ce choix que je puise mon éthique et ma force de vie. » Il n’aura de cesse, dès lors, de refuser les évidences confortables qu’assurent les dogmes. Pour cela, il peut compter sur un dense réseau de camarades rencontrés pour beaucoup à Paris lors de l’insurrection de 1968, certains fuyant l’Espagne franquiste, d’autres le Vietnam d’Hồ Chí Minh, tous se retrouvant dans une solide conviction socialiste anti-autoritaire. Ensemble, ils ont appris à « s’exiler de l’exil », animant des revues et des maisons d’édition, partant à la rencontre de complices aux États-Unis, au Brésil, en Chine ou au Cambodge. Itinéraires d’un refus rend compte d’une trajectoire rien moins que linéaire, dont les différents ports d’attache sont autant de regards modestes, malicieux et révoltés portés sur le monde. [R.B.]
Chandeigne & Lima, 2025
☰ « Les lieux du syndicalisme », Les Utopiques, n° 28
Le numéro de printemps de la revue de réflexion de l’union syndicale Solidaires, Les Utopiques, propose un dossier sur « les lieux du syndicalisme ». Le sujet est crucial, dans un contexte où l’extrême droite s’organise avec l’appui de milliardaires tels que Bolloré et Stérin. Les Bourses du Travail, fondées à la fin du XIXe siècle et rapidement organisées en fédération sous l’impulsion notamment de Fernand Pelloutier, sont l’une des bases d’appui historique du syndicalisme. Pensées initialement comme lieux ouverts, abritant des organisations de solidarité proposant aux travailleuses et travailleurs nombre de services, elles ont parfois, au fil du temps, évolué vers de simples locaux syndicaux. Aujourd’hui, comme le racontent des militantes et militants de l’union département Solidaires du 93, « confrontées à un ensemble de problèmes, à la fois bousculées de l’intérieur par de nouvelles forces syndicales qui souhaitent les dynamiser et de l’extérieur par les politiques, les associations mais aussi les artistes qui souhaitent en récupérer des usages ». Ainsi par exemple, à Aubervilliers, CGT et Solidaires luttent main dans la main pour défendre l’existence de la Bourse du Travail contre les attaques de la maire de droite qui voudrait les en évincer. Le dossier élargit toutefois la question des lieux au-delà de celle des locaux. La question de celles et ceux qui n’ont pas de lieu de travail est ainsi abordée via celle des retraités. Mais aussi les liens entre culture et syndicalisme, avec l’exemple de Lorraine cœur d’acier, radio pirate fondée par la CGT en 1979 pour accompagner les luttes contre les fermetures d’usine. La chanteuse Mylène Colombani interroge aussi la place de l’art dans le syndicalisme tout en insistant sur l’importance des syndicats comme acteurs de la production artistique. Car, écrit-elle, « les dynamiques politiques et économiques n’ont pas disparu […] dans les enjeux de production de l’art ». Et de conclure : « Où est-ce que nous pourrions appuyer et agir en tant que syndicats, dotés de lieux syndicaux, et peut-être s’agissant de culture, en tant que syndicalistes ? » [L.]
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