Salaire à vie et revenu de base en débat : Bernard Friot et Baptiste Mylondo


Vidéo inédite pour le site de Ballast

C’est le phi­lo­sophe, socio­logue, économiste belge Philippe Van Parijs qui, le pre­mier, concep­tua­li­sa dès les années 1980 le prin­cipe contem­po­rain du « reve­nu de base ». Rétif aux modèles de crois­sance en place, des­truc­teurs pour la planète et ne pou­vant résorber un chômage tou­jours plus élevé, il envi­sage un « reve­nu incon­di­tion­nel […] interprétable comme un che­min capi­ta­liste vers le com­mu­nisme enten­du comme une société qui peut écrire sur ses bannières : « de cha­cun (volon­tai­re­ment) selon ses capacités, à chacun (incon­di­tion­nel­le­ment) selon ses besoins ». Ce système d’allocation est pour­tant défendu par des personnalités poli­tiques situées sur tout le spectre poli­tique. Dernier exemple en date : le gou­ver­ne­ment fin­lan­dais, com­posé d’une coa­li­tion de par­tis de droite, a annoncé le 15 octobre 2015 l’expérimentation d’un reve­nu de base à échelle natio­nale (autre­ment dit, un droit pour tous les citoyens à un reve­nu inaliénable et incon­di­tion­nel de 800 euros par mois). Plus proche de nous, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron juge que « le reve­nu uni­ver­sel est une idée à creu­ser ». Une idée qui fait son che­min et qui s’expérimente : de l’Alaska à l’essai (avorté, faute de moyens) en Namibie, en pas­sant par le sou­tien étatique à la « bourse fami­liale » au Brésil, il n’y a pas un essai qui res­semble à un autre. Mais ce reve­nu ne doit pas être confon­du avec le « salaire à vie », concep­tua­lisé depuis quelques années par le socio­logue et économiste français Bernard Friot (et acti­ve­ment défendu par le Réseau sala­riat). L’ambition de ces deux systèmes – que l’on amal­game trop volon­tiers – est de mettre un terme à la sou­mis­sion au marché du tra­vail et au lien qui unit, de façon systématique, le fait de tou­cher un reve­nu et d’avoir un emploi. Ces deux pro­po­si­tions peuvent elles résoudre de façon équi­va­lente les pro­blèmes aux­quels notre socié­té est confron­tée ? Un échange entre Baptiste Mylondo et Bernard Friot a eu lieu dans le cadre de la sor­tie du numé­ro 4 de la revue Ballast, accueilli par le café/restaurant le Lieu-Dit, le 28 juin dernier.


Débat inté­gral :


Extraits :

★ Bernard Friot : « Un projet révolutionnaire ne peut jamais passer par un simple soutien aux pauvres ! »


★ Baptiste Mylondo : « Un revenu inconditionnel pour soulever la question des tâches pénibles »


La réa­li­sa­tion est de Xavier Cheung d’Osons Causer.


REBONDS

☰ Lire notre entre­tien avec Bernard Friot, « Nous n’a­vons besoin ni d’employeurs, ni d’ac­tion­naires pour pro­duire », sep­tembre 2015
☰ Lire notre entre­tien avec Franck Lepage, « L’école fabrique des tra­vailleurs adap­tables et non des esprits cri­tiques », juin 2015
☰ Lire notre entre­tien avec Alain Bihr, « Étatiste et liber­taire doivent créer un espace de coopé­ra­tion », mai 2015

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Au sommaire :
Joëlle, dos cassé, coeur révolté (Rémi Larue) ▽ Une papeterie en sursis (Roméo Bondon) ▽ Rencontre avec Pınar Selek ▽ Que faire de la police ? (avec Ugo Bernalicis et Elsa Dorlin) ▽ L’argent ne tombe pas des oliviers (Rosa Moussaoui) ▽ “Si personne ne m’écoute, je n’ai plus rien à dire” ▽ À donner, volcan en éruption, pneus neufs (Marion Jdanoff) ▽ Partout la mer est libre (Maya Mihindou) ▽ Casamance : résister au sel et attendre la pluie (Camille Marie et Prosper Champion) ▽ Quand la littérature justifie la domination (Kaoutar Harchi) ▽ Ernest Cœurderoy : souvenirs d’un proscrit (Tristan Bonnier) En la línea del frente : sur la ligne de front (Laurent Perpigna Iban) ▽ Tout ce qui vit (Élie Marek et Élias Boisjean) ▽ Les foyers ont brûlé (Paul Fer) ▽ Feu bleu (Zéphir)

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