BALLAST | Le voile — halte à l'hystérie nationale
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Le voile — halte à l’hystérie nationale

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Article inédit pour le site de Ballast

Faut-il interdire le voile à l’université ? Doit-on dévoiler les nounous ? Le député UMP Éric Ciotti, la secrétaire d’État chargée des droits des femmes, Pascale Boistard, ainsi que des membres du Parti radical de gauche relancent la polémique. Depuis plus de vingt-cinq ans, le foulard musulman suscite en France des controverses à répétition et génère des tensions pour le moins irrationnelles. Laïcistes fiers-à-bras et partisan.e.s étriqué.e.s d’un féminisme policier se donnent la main pour « émanciper » et « libérer », de force plus que de gré, les filles ou les femmes qui jurent pourtant agir en toute conscience. Chronique de l’égalité à coups de bâtons.


voile1On l’appelle voile, foulard, hijab, mais aussi tchador, jilbeb ou khimar. Nous ne parlerons pas, ici, de la burqa, du sitar ni du niqab, mais seulement du foulard musulman qui couvre les cheveux, et n’aborderons que le seul cas français.

Chasse à courre

On pourrait (et certains auteurs anti-impérialistes le font) remonter à l’Algérie coloniale et au rapport que les autorités entretenaient avec le foulard. C’est toutefois en 1989 – l’année, cela ne fut pas sans incidence, de la fatwa visant Rushdie – que le sujet, celui du « tchador à l’école », s’avance sur le devant de la scène médiatique et politique française. Avec notamment l’affaire dite « de Creil » : en septembre de la même année, trois jeunes musulmanes sont renvoyées d’un collège de cette commune de l’Oise du fait de leur habit. La laïcité est invoquée par la direction de l’établissement. Lionel Jospin tente de tempérer – l’école doit inclure et non exclure – et un accord est conclu : les trois élèves peuvent poursuivre leur scolarité à condition d’ôter leur foulard en arrivant le matin et de le remettre, les cours terminés, à l’extérieur du collège. Les années 1990 voient les incidents se multiplier et les associations s’emparer de ce sujet. Entre 1993 et 2004, on dénombre environ cent exclusions (chiffres tirés de l’ouvrage Des cultures et des Dieux, signé Attias & Benbassa) – parmi elles, en 2003, les médiatiques Alma et Lila Lévy.

Mais c’est en mars de l’année 2004, avec la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques, que l’interdiction du voile (bien que la loi évoque l’ensemble des attributs religieux, elle se focalise à l’évidence sur le vêtement musulman) s’officialise1. Elle fait suite à la commission Stasi souhaitée par Jacques Chirac peu auparavant. L’opinion, les mouvements associatifs et les partis se déchirent – républicains, socialistes plus ou moins radicaux, laïcs et féministes se divisent. La mesure fait polémique à l’international (on se souvient d’Obama tançant, en 2009, la France en matière de libertés individuelles) et les Indigènes de la République lancent à leur création un appel fracassant pour la dénoncer : « Discriminatoire, sexiste, raciste, la loi anti-foulard est une loi d’exception aux relents coloniaux. » Le film Un racisme à peine voilé, réalisé par Jérôme Host, fait alors face à de nombreuses pressions.

« La République n’en finit plus d’avoir bon dos : on se souvient pourtant de ses plus fervents bergers – mafia médiatico-intellectuelle et camarilla politicienne – épaulant comme un seul homme, en 2011, les pratiques assurément « égalitaires » d’un Dominique Strauss-Kahn. »

Loin d’apaiser les tensions, comme semblaient le souhaiter certains des partisans de la loi, les polémiques et accrochages autour du voile se multiplient à l’extérieur. En 2006, la propriétaire d’un gîte de montagne refuse l’entrée à deux femmes musulmanes (le voile, argue-t-elle, opprime les femmes et, du fait de l’immigration, conduit à l’anéantissement de la civilisation française) ; en 2010, la candidature d’Ilham Moussaïd au NPA suscite une controverse nationale ; en 2012, on refuse à des mères voilées de participer à des sorties scolaires ; en 2013, deux femmes voilées sont violemment agressées à Argenteuil (l’une d’elles, enceinte, perd son enfant) ; en 2014, deux femmes sont exclues de l’espace de loisirs Wissous Plage et une étudiante est vertement apostrophée par l’une de ses professeures à Paris-I Panthéon-Sorbonne ; en 2015, un enseignant de l’université Paris-13-Villetaneuse menace de cesser de faire cours en présence d’une étudiante voilée, un député UMP propose, nous l’avons dit, d’interdire le voile dans les universités, une femme voilée est violentée à Toulouse et le Parti radical de gauche entend empêcher les nounous voilées d’exercer à domicile ainsi que dans les crèches privées.

Les porte-paroles politiques ne sont pas en reste dans l’anathème et la confusion mentale. Marine Le Pen appelle, en 2012, à supprimer le voile (et la kippa) des espaces publics – rue comprise. Un an plus tard, Manuel Valls clame : « Le voile qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont doit rester pour la République un combat essentiel. » En 2014, Nadine Morano photographie une femme voilée à la plage et commente sur son Facebook, après l’y avoir postée : c’est là « une atteinte à notre culture qui heurte » (culture qu’elle juge, précise-t-elle, mieux représentée par Brigitte Bardot en bikini). En 2015, Nicolas Sarkozy croit bon de donner son sentiment (sans craindre de se contredire, mais il semble apporter un soin tout particulier à cultiver cet art, puisqu’il pensait exactement l’inverse en 20092) : « Il y a un certain nombre de pratiques sociétales que nous ne voulons pas. Nous considérons que les valeurs de la République, c’est l’égalité de l’homme et de la femme. Nous ne voulons pas de femmes voilées » (la République n’en finit plus d’avoir bon dos : on se souvient pourtant de ses plus fervents bergers – mafia médiatico-intellectuelle et camarilla politicienne – épaulant comme un seul homme, en 2011, les pratiques assurément « égalitaires » d’un Dominique Strauss-Kahn). Et nous ne parlons même pas des nombreuses discriminations à l’emploi qui affectent les femmes voilées.

Sur une ligne de crête

On ne devrait plus l’ignorer : le voile revêt différentes significations pour les femmes qui décident de le porter (un détail qui n’en est pas un : nous sommes en France et non en Iran ou en Arabie saoudite, où le voile est une obligation d’État – ce qui n’exclut pas, cela s’entend, que certaines soient contraintes, par pressions familiales, de s’en parer) : spiritualité, dogme, culture, tradition, recherche identitaire… Il peut également être affiché en signe de contestation politique, ainsi que le rappelle Hanane Karimi, porte-parole du collectif Les Femmes dans la Mosquée : « De simple aspiration spirituelle, il est devenu symbole de résistance à une politique sexiste et raciste, à la politique offensive contre nous les enfants d’ex-colonisés. » Et il est même parfois affiché (ce que d’aucuns ne manquent pas de déplorer) en accessoire de mode – songeons aux défilés du Muslim Fashion Show ou au mouvement Mipsterz (un néologisme contractant les termes musulman et hipster).

« Tout le monde parle des femmes voilées mais personne ne les écoute. Tout le monde croit pouvoir dire ce qui est bon pour elles mais personne ne songe à le leur demander. »

Tout le monde parle des femmes voilées mais personne ne les écoute. Tout le monde croit pouvoir dire ce qui est bon pour elles mais personne ne songe à le leur demander. À l’exception notable de deux ouvrages : Les filles voilées parlent (collectif paru en 2008 chez La Fabrique) et Des voix derrière le voile (de Faïza Zerouala, aux éditions Premier Parallèle, sorti en 2015). Les témoignages qu’ils proposent font état de cette pluralité. Dans les pages de ce dernier, Zerouala rapporte que l’on ignore en général tout de leurs intentions et de leurs motivations. Le voile qui couvre leurs cheveux focalise l’attention et nie leur individualité propre, leur qualité de citoyenne ou de sujet pensant. L’auteure est allée à la rencontre de dix femmes, de 18 à 58 ans, qui portent ou ont porté le foulard. Les raisons invoquées ? Pêle-mêle : pudeur, refus d’être considérée comme un objet sexuel, respect du Coran, regard des hommes, humilité, pureté, modestie, plaire à Dieu, vouloir être « une femme bien », sentiment de protection et de fierté, quête identitaire, désir d’invisibilité ou de ne pas se sentir isolée de ses amies, etc. « Je considère, déclara Ismahane Chouder dans Les filles voilées parlent, qu’on ne peut pas objectiver le voile et lui donner une signification unique, valable quel que soit le lieu, quel que soit le contexte social et quelles que soient les filles. »

Dans les colonnes du Monde, le philosophe Alain Badiou ironisa un jour : « Oui, la France a enfin trouvé un problème à sa mesure : le foulard sur la tête de quelques filles. On peut le dire, la décadence de ce pays est stoppée. » Comment un vêtement est-il parvenu à brouiller et à cliver à ce point la société tout entière ? Ce vêtement qu’André Glucksmann – qui, entre maoïsme et sarkozysme, fait profession de philosophe – a décrit non sans finesse : « Le voile est une opération terroriste. En France, les lycéennes zélées savent que leur voile est taché de sang3 ». La gauche radicale s’est elle aussi fracturée contre les plis dudit tissu. Au nom du caractère « réactionnaire » du monothéisme et de l’oppression que le voile représente, Lutte ouvrière a appuyé son interdiction dans les établissements scolaires. Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’il n’était pas pensable, en France, de porter le voile dans une école et que l’on « ne peut pas se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale ». Les militants du NPA ne savaient plus, en interne, sur quel pied militer (pour Daniel Bensaïd, il n’était pas tolérable de sanctionner les jeunes filles mais, dans le même temps, « la signification sexiste attachée au port du voile ne fait aucun doute4 »). Quant à l’organisation Alternative libertaire, elle s’opposa à la loi de 2004 tout « en dénonçant le caractère rétrograde et oppresseur du foulard islamique ».

« L’attention délirante dont le voile est l’objet s’avère inversement proportionnelle à celle que l’on porte d’ordinaire aux luttes féministes. »

La position morale et politique que nous défendons ici est celle de la ligne de crête. Tenir les deux bouts de la corde, en somme. C’est-à-dire : reconnaître, contrairement à certaines franges militantes radicales, que le voile n’est pas un objet neutre, anodin ou sacro-saint et qu’il constitue, au regard de la tradition féministe (on se souvient de la socialiste indépendantiste égyptienne Huda Sharawi ôtant publiquement son voile en 1923), l’un des multiples marqueurs de la domination masculine (puisque personne ne songe une seule seconde à le prescrire aux hommes et que cette singularité atteste à elle seule de son caractère sexiste) et de la prépotence des hommes (leurs lois, leurs imaginaires, leur désirs, leurs frustrations, leurs attentes et leur empire), tout en reconnaissant, d’un même élan, qu’il est attentatoire à la liberté de pensée et de conscience de forcer une femme à l’ôter (de la même façon qu’il l’est de la forcer à le porter) et que l’attention délirante dont il est l’objet – inversement proportionnelle à celle que l’on porte d’ordinaire aux luttes féministes – relève avant tout du racisme anti-musulman. Nous renvoyons dos à dos ceux qui font du voile un impératif éthique ou une exigence d’affranchissement (en ce qu’il résisterait à la modernité marchande occidentale – comme si l’alternative, volontiers mise en avant par ses partisans les plus zélés, ne reposait que sur cette ridicule opposition : industrie du porno et publicités de femmes nues sur les bus ou voile) et ceux qui, fort nombreux, versent des larmes républicaines de crocodile sur « l’oppression des femmes » dont ils n’ont pourtant rien à faire le reste du temps (c’est-à-dire lorsqu’elles ne sont pas musulmanes) – ces astreintes, tutelles et entraves qui font le quotidien de trop de femmes et s’avèrent tout aussi visibles, sinon bien plus (écarts salariaux, tâches domestiques et parentales, violences conjugales, viols, harcèlements, réseaux de prostitution, (auto-)objectivation du corps féminin, troubles du comportement alimentaire, etc.).

mipsterz

Mipsterz (DR)

Que disent, d’ailleurs, les textes religieux ?

Venons-en un instant aux sources scripturaires. Le Coran ne mentionne le voile, de façon claire, qu’à deux reprises. Dans la sourate 24, verset 31 : « Dis aux croyantes de baisser les yeux, d’être chastes, de ne montrer que le dehors de leur parure, de rabattre leur voile sur leur gorge ». Ainsi que dans la sourate 33, verset 59 : « Prophète, dis à tes femmes et à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leur voile. C’est le meilleur moyen pour elle d’être reconnues et de n’être pas offensées, car Dieu pardonne, et il a pitié ».

« Le Coran ne mentionne le voile, de façon claire, qu’à deux reprises. »

Nous citons ici l’édition Philippe Lebaud, traduite par Jean Grosjean et parue, en deux volumes, en 19725. Une autre édition, traduite par Kasimirski et publiée en 1970 chez Garnier-Flammarion, parle de « couvrir leurs seins de voile » et « d’abaisser un voile sur le visage6 ». La traduction de Mohamed Chiadmi aux éditions Tawhid écrit quant à elle qu’il convient de « rabattre leurs voiles sur leurs poitrines » et de « ramener un pan de leurs voiles sur elles ». La traduction française a le plus souvent retenu le terme voile pour ces deux versets (en arabe, il s’agit de khimar et jalabibihenna), mais il est possible de le remplacer par habit, robe, châle, mantille ou mante. Il est à noter que les mots shaar (cheveux) et raas (tête) ne sont pas présents. Un verset du Coran stipule (24:60) que les femmes ménopausées ont la possibilité d’abandonner « leurs vêtements » (entendus comme vêtements d’extérieur –  bien que certains traduisent parfois ce verset par « leurs voiles », ce qui ferait une troisième occurrence) : Dieu ne leur en fera « aucun grief », bien qu’il soit « préférable d’observer la pudeur ».

Rappelons, s’il en est besoin, que cette pratique est antérieure à l’Islam et qu’on la retrouve aussi bien chez les chrétiens que chez les juifs, dans les traditions bibliques et païennes. Saint Paul fit entendre, dans la première épître aux Corinthiens : « Si la femme ne porte pas de voile, qu’elle se fasse tondre ! », et l’on peut lire dans le Décret de Gratien : « La femme doit avoir la tête voilée parce qu’elle n’est pas à l’image de Dieu. ». Nombre de juives orthodoxes portent quant à elles des perruques, des voiles ou rasent leur chevelure (les commentaires et polémiques abondent ici aussi : notons seulement que la Gémara stipule que la femme « est coupable du fait de marcher tête nue au dehors » et que la Michna Broura assure : « C‘est le devoir pour une femme de se couvrir les cheveux, c’est une obligation de la Thora »).

Quelles interprétations ?

Comme de juste, les textes sacrés suscitent de multiples – et contradictoires – interprétations : les exégètes (savants, juristes, intellectuels) n’en finissent pas de se chercher chicane. Pour certains, le khimar serait une couverture, un rideau ou un châle et non un voile, et l’obligation de se couvrir ne concernerait que la poitrine et en rien la chevelure. La dissimulation des mains et du visage est également sujette à débats. On fera grâce au lecteur de l’examen de chacune des positions existantes (que le théologien Youssef Al-Qaradâwî expose sur plusieurs pages dans le très peu recommandable Le licite et l’illicite en islam) ; voyons seulement ce qu’en disent trois acteurs de la vie musulmane française (il n’existe, on le sait, pas de voix officielles en islam, contrairement au catholicisme).

« Les textes sacrés suscitent de multiples – et contradictoires – interprétations : les exégètes n’en finissent pas de se chercher chicane. »

Tariq Ramadan, penseur réformiste et professeur d’études islamiques contemporaines, estime qu’il est inacceptable et anti-islamique de contraindre une femme à le revêtir (chacune, en conscience, « est libre de choisir8 »), tout en précisant que le voile, de l’avis de tous les savants, « est une obligation de l’islam » (il s’agit là d’un propos tenu en français dans une conférence donnée en 1994 – propos récemment réitéré en anglais à Oxford (nous traduisons) : « Tel que je comprends les textes, et je pense 99,99999 % des savants [musulmans], c’est une obligation. »). Il estime cependant que la prière est plus importante que le voile et que l’on peut être une musulmane très sincère et pieuse sans le porter9. Dans l’ouvrage Peut-on vivre avec l’islam ?, il fait savoir que le terme foulard lui semble plus pertinent (Favre, 2004, p. 114). Le voile – qu’il tient à différencier de la burqa puisqu’il considère cette dernière comme une prescription non-islamique – est à ses yeux un acte de foi : Ramadan rappelle la centralité de la pudeur en islam et tient d’ailleurs à faire entendre qu’elle concerne les hommes autant que les femmes. Il prône du reste un féminisme islamique (lire, par exemple, Mon intime conviction, Presse du Châtelet, 2009, p. 144, ou son livre d’entretien Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L’Archipel, 2006, p. 211).

Tareq Oubrou (DR)

Pour l’imam bordelais Tareq Oubrou, le foulard (il estime également que ce terme est plus approprié) n’est pas un symbole de sacré mais un rapport à l’éthique : l’ériger en drapeau, consigne-t-il dans son ouvrage Profession imam, est une « dérive10 » pour le moins grave. Une majorité d’auteurs classiques atteste du fait qu’une femme doit se couvrir les cheveux mais il n’existe, pour lui, « aucun texte univoque et incontestable11 » permettant de l’obliger. « Le port du foulard ne fait pas partie des obligations strictement religieuses. […] Quant à ceux qui le considèrent comme obligatoire, je les mets au défi de me fournir un seul argument stipulant qu’une femme qui ne porte pas le voile commettrait une faute grave12. » Son port relève du libre choix de chacune mais il « ne fait pas partie de la foi et ne l’augmente pas13 ». Dans un autre livre, Un imam en colère, il écrit : « Quand à l’homme malade et obsédé, qu’il songe à se soigner plutôt que de contraindre la femme à se transformer en tente14 ». Oubrou persiste et signe dans une tribune au journal Le Monde, parue un an plus tard : « Se couvrir les cheveux, pour la musulmane, relève d’une « prescription équivoque et mineure ». Autrement dit, elle repose sur un ou deux passages coraniques amphibologiques et sur des hadiths (communication orale) du Prophète, dont l’authenticité n’est pas certaine. »

« Il y a le féminisme d’un côté et l’islam de l’autre. On ne peut pas revendiquer le féminisme et croire à une vision du monde qui met les femmes de côté. »

Malek Chebel, anthropologue et auteur de L’islam expliqué, a déclaré à la presse québécoise : « [Le voile] est une arme politique qui crée une coupure entre les bons et les mauvais croyants et fait de celles qui ne les portent pas des mécréantes. […] Il y a le féminisme d’un côté et l’islam de l’autre. On ne peut pas revendiquer le féminisme et croire à une vision du monde qui met les femmes de côté15. » En 2014, il affirmait aux micros de l’émission Un monde d’idées, sur France Info : « C’est une obligation si on lit les textes coraniques de manière littéraliste. Mais dans le Coran, seuls deux versets évoquent cette question du voile, c’est mineur » (un littéralisme dont se réclame violemment l’imam brestois Rachid Abou Houdeyfa7, dont les prêches rencontrent un certain succès sur Internet, lorsqu’il déclare : « Le hijab, c’est la pudeur de la femme, et sans pudeur, la femme n’a pas d’honneur. Et si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les gens, que les frères, que les hommes musulmans ou non musulmans, abusent de cette femme-là, et la négligent, et l’utilisent comme un objet »).

Un féminisme islamique ?

Ces dissonances et cette diversité des opinions se retrouvent bien sûr chez les femmes, musulmanes ou issues de cette tradition culturelle et/ou spirituelle, qui appréhendent et théorisent ces questions. Un courant est même né – formalisé dans les années 1990 – pour penser l’émancipation des femmes à la lumière de leurs textes saints : le féminisme islamique. L’énoncé en déroute parfois plus d’un.e : on ne sache pas – du moins le passé n’en fut guère témoin – que les religions, notamment abrahamiques, aient pu être d’un quelconque appui en matière de lutte contre la domination masculine (Emma Goldman, militante communiste-libertaire féministe, nota, dans son livre Anarchism and Other Essays, que la religion « a condamné la femme à une vie inférieure, à une vie d’esclave », et Simone de Beauvoir consigna dans les pages du Deuxième sexe : « Les religions forgées par les hommes reflètent cette volonté de domination : dans les légendes d’Ève, de Pandore, ils ont puisé des armes. »). Mais le féminisme islamique existe, à l’instar du féminisme chrétien (catholique et protestant) et juif. Trois exemples. Asma Lamrabet, intellectuelle marocaine réformiste, assure dans son ouvrage Femmes et hommes dans le Coran : quelle égalité ? que « le foulard, fait partie de l’éthique et [qu’]il est avant tout un droit des femmes ». Elle s’oppose à une lecture littéraliste du Coran, qui le rendrait obligatoire, et regrette qu’il puisse parfois prendre le pas sur la dimension spirituelle de la foi : le voile relève du « domaine des muamalates, autrement dit du champ social ou actions sociales, et non du domaine des ibadates ou du dogme ». Et Lamrabet, qui porte le foulard, de rappeler l’un des fondements de l’Islam : « Nulle contrainte en religion. »

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Emma Goldman, sans date (Library of Congress)

Zahra Ali est une sociologue française, féministe et voilée, auteure de Féminismes islamiques aux éditions La Fabrique. « Souvent, c’est un marqueur de religiosité, mais pas uniquement. Le voile est tout sauf le signe d’une oppression ou d’une soumission à une injonction masculine16. » Son livre assure que le Coran a été récupéré par les hommes et que le féminisme islamique permet de penser la libération des femmes en rupture avec un féminisme de domination, qu’elle nomme hégémonique, celui du « modèle occidental colonial et néocolonial qui s’est imposé comme étant l’unique voie de libération et d’émancipation » (Angela Davis, qui n’est pas musulmane, affirma pour sa part qu’il lui était impossible, dans les années 1970, de s’identifier au féminisme de la bourgeoisie blanche occidentale – en 2013, elle signa un manifeste expliquant que les lois antivoile « vise[nt] d’abord les femmes, et devrai[en]t aboutir à exclure les plus vulnérables d’entre elles du monde du travail et de l’éducation17 »).

«  Pour moi, ce foulard est aussi un gain de pouvoir. Il est une manière de gagner en autonomie, de construire mon discours dans mon rapport à mon propre corps. »

Malika Hamidi est doctorante en sociologie à l’EHESS et directrice générale de l’European Muslim Network. Que représente à ses yeux le voile qu’elle arbore ? « Une quête spirituelle. Un élan vers le divin, par amour pour Dieu. Nous le portons non pas par soumission au père ou au frère, comme certains voudraient nous le faire croire. Et pour moi, ce foulard est aussi un gain de pouvoir. Il est une manière de gagner en autonomie, de construire mon discours dans mon rapport à mon propre corps. Il ne m’enferme pas. Au contraire, il est une libération dans la société civile18. » 

Ces propositions suscitent à l’évidence des controverses. Pour la sociologue des religions Leïla Babès, le voile « n’est ni un pilier de la foi ni un pilier de la pratique19 ». Elle a publié en 2004 l’essai Le voile démystifié afin de mettre en évidence l’imposture qu’il y a, pour elle, à faire de ce vêtement une prescription et une pratique religieuse. « Cette supercherie est le fait des hommes, et elle touche le corps de la femme. Le voile a toujours été depuis son apparition il y a près de deux millénaires, un moyen de soumettre la femme à la tutelle de l’homme20. » Pour Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran et militante au Parti québécois, le voile est un symbole sexiste taché de sang ; pour Fatima Benomar, active au sein du Front de gauche et du collectif Les Effrontées, également auteure de l’essai Féminisme : la révolution inachevée !, le foulard est « sexiste, lourd de sens patriarcal, culpabilisant, humiliant pour toutes les femmes, niant leur libération sexuelle21 » et, face à Edwy Plenel, Benomar l’a comparé, en novembre 2014, aux pieds bandés et à l’excision ; pour Wassyla Tamzali, féministe algérienne qui publia en 2009 Une femme en colère, le voile est un outil politique ayant vocation à dominer les femmes : « Porter le voile ne peut être revendiqué comme un acte de liberté. Même si, en Occident, des femmes voilées étudient, gagnent bien leur vie, vont au cinéma, ont un mari qui fait la vaisselle. Même si ça résulte d’un choix personnel. On peut très bien s’aliéner soi-même22 ! » ; pour Chahdortt Djavann, enfin, écrivaine d’origine iranienne, il est semblable à « l’étoile jaune de la condition féminine » (Bas les voiles !, Gallimard, 2003, p.17).

Interdire au nom de la laïcité républicaine

Tout le monde est laïc, cela s’entend.
Tout le monde sait de quoi il en retourne, pareillement.
Mais qui donc a pris la peine de lire cette fameuse loi de 1905 ? Si l’Article 1 « assure la liberté de conscience », il n’en existe aucun pour interdire aux citoyens la manifestation publique de leur foi. Il est d’usage aujourd’hui d’affirmer que la religion est une affaire strictement personnelle, intime ou privée. On peut le penser mais ladite loi ne le dit pas. L’État chez lui et l’Église chez elle, lançait Victor Hugo – il ne s’agit donc pas de confondre puissance publique et espaces publics, institutions et individus, agents et usagers.

laicite

(© Haley / Sipa)

Jean Baubérot, historien et auteur de La laïcité falsifiée, le précise : « On hypertrophie désormais la neutralité de l’espace public et qu’on interprète autrement la loi de 1905 en limitant la liberté de conscience. […] La laïcité, et ce jusqu’à aujourd’hui, est censée permettre de vivre, dans la paix sociale, des rapports différents à la sécularisation selon qu’on soit proche ou distancié de la religion dans son cœur doctrinal, rituel etc. La laïcité n’a donc pas à imposer aux gens de se séculariser car cela devient une atteinte à leur liberté de conscience. » Le juriste Jean-Pierre Dubois entérine : « Bien loin de « la religion dans la sphère privée », la loi de 1905 assure la liberté de conscience mais aussi garantit – sous la seule réserve de l’ordre public – la liberté des cultes23. »

« Les nouveaux douaniers de la laïcité manœuvrent donc à la hâte. »

Les nouveaux douaniers de la laïcité manœuvrent donc à la hâte. Et si nous refusons d’assimiler au racisme certains des promoteurs de la loi de 2004 (nous distinguons les décisions d’État de leurs éventuels soutiens : il serait pour le moins expéditif, comme le suggèrent d’aucuns, d’en accuser Régis Debray ou Henri Peña-Ruiz, fussions-nous en désaccord, ainsi que nombre de féministes arabes farouchement hostiles à son port), nous continuons de penser que la laïcité est un bien fort précieux – raison pour laquelle il importe de ne pas la laisser aux seules mains de qui la griment en instrument de combat contre une partie de la population française.

Interdire au nom du féminisme

L’autre argument en vigueur pour exhorter – escorté, au besoin, par les services de sécurité ou de police – au dévoilement des musulmanes est la cause des femmes. Leur liberté, leur émancipation, leurs luttes passées. Un discours avancé des rangs de Ni putes ni soumises (Fadela Amara en tête) aux féministes Liliane Kandel et Yvette Roudy, en passant par Élisabeth Badinter et Caroline Fourest – pour qui le voile n’a pas sa place dans les écoles car il est « un marquage à la fois religieux et sexiste » et qu’il s’oppose aux valeurs de l’enseignement républicain (Libres de le dire, Flammarion, 2010, p. 175). Même son de cloche chez un « républicain de gauche » comme Laurent Bouvet, qui s’étouffe à la lecture d’une tribune cosignée par Christine Delphy et décerne, après avoir applaudi à l’expulsion de Rokhaya Diallo d’un débat sur les violences faites aux femmes, ses brevets de spécialiste en la matière : « Quel est ce « féminisme » qui refuse de considérer le problème de l’égalité entre hommes et femmes ? Et qui n’est capable de se mobiliser que contre la laïcité aux côtés d’islamistes ? Jusqu’à quand acceptera-t-on un tel discours à gauche24 ? »

« Sugier ne compose pas dans la dentelle : le voile est le « porte drapeau de l’islamisme politique » et il est légitime de le comparer au port d’une croix gammée. »

A paru dans Libération la semaine passée un texte intitulé « Lutter contre le voile à l’université, un combat pour les femmes », cosigné par Annie Sugier. Présidente de la Ligue du droit international des femmes, Sugier se dit féministe et socialiste. Soit. Il ne nous revient pas de contester la profondeur de ses engagements mais on nous permettra, en revanche, de nous étonner du fait qu’une militante pour l’émancipation (car qu’est-ce, sinon, que le féminisme et le socialisme ?) ait pu, jusqu’en 2010, abondamment écrire pour Riposte laïque (organe dont la porte-parole, l’inénarrable Christine Tasin, a appelé trois ans plus tard à écraser par la force militaire certains Français de confession musulmane : « L’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas »). Sugier ne compose pas dans la dentelle : le voile est le « porte drapeau de l’islamisme politique25 » et il est légitime de le comparer au port d’une croix gammée (on a les luttes antifascistes que l’on peut). Un autre texte, rédigé par les militantes féministes Anne Vigerie et Anne Zelensky, déclarait il y a plusieurs années de cela que le voile n’est que la partie émergée de l’iceberg : « la politique de mainmise des « réseaux d’Allah26 » » sur la jeunesse issue de l’immigration. Elles appelaient à l’interdire dans les écoles, universités, entreprises et administrations (avec possibilité d’y ajouter la rue). Ancienne figure du MLF, Zelensky fait à présent partie des plumes de Riposte laïque et tonne à tout va, aux côtés des identitaires, contre le « gauchisme » et « l’islamisation » de la France.

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Clémentine Autain (© La Marseillaise / Redouane Anfoussi)

Mais il est d’autres voix féministes, certes minoritaires, qui se firent et continuent de se faire entendre. Du moins, essaient. Préférant la main tendue à la matraque, l’articulation à la pénalisation. Assurant qu’il est pour le moins étonnant de vouloir arracher les femmes à leur réclusion religieuse (ou supposée telle) tout en provoquant leur renvoi du lieu – école ou université – qui a vocation à les en sortir par le savoir. Assurant que l’on prétend les sauver d’une vie aux fourneaux du foyer tout en leur interdisant l’accès aux diplômes (quand il ne s’agit pas de la Cité même) qui devraient les en éloigner. Assurant que l’on n’a jamais « libéré » quiconque contre son gré – sauf à croire que l’indépendance, comme la Démocratie, se gagne sous la contrainte ou les bombes. Et posant deux ou trois questions : si ces femmes sont des victimes, pourquoi chercher à les accabler plus encore (il est d’usage, logiquement, de punir les bourreaux et non celles ou ceux qu’ils font souffrir…) ? Si le féminisme défend les femmes, pourquoi en montrer certaines du doigt et les rejeter au prétexte qu’elles ne correspondent pas aux attendus de la défense ? Faut-il encore qu’une majorité d’hommes – l’Assemblée des députés – décide de ce qui serait bon, ou non, pour les femmes ?

« Si le féminisme défend les femmes, pourquoi en montrer certaines du doigt et les rejeter au prétexte qu’elles ne correspondent pas aux attendus de la défense ? »

Citons, parmi ces voix obliques, intersectionnalistes et inclusives, le Collectif des féministes pour l’Égalité (Corinne Angelini, Alima Boumediene-Thiery, Monique Chemillier-Gendreau, Mireille Ferry, Françoise Gaspard, Madeleine Rebérioux, etc.), ou encore Sylvie Tissot, Sonia Dayan-Herzbrun, Clémentine Autain et Christine Delphy. « Ne me libérez pas, je m’en charge ! », clamait naguère le féminisme radical.

Clémentine Autain, porte-parle d’Ensemble et codirectrice de la revue Regards, confiait à la présente revue, en février 2015 : « Le voile est extrêmement visible quand on ne voit rien de ce qui façonne la domination masculine ailleurs. Prenez mes talons hauts et mon rimmel : ils ne sont pas du tout associés à des choses sexistes, alors qu’ils pourraient, et on se focalise de façon obsessionnelle sur le foulard. Comme si le sexisme n’était, dès lors, plus qu’un problème lié aux banlieues et à l’islam ! Cette position ne me convient pas du tout. Et cela se retourne contre les femmes voilées qui, du coup, se sentent exclues : en tant que féministe, je ne peux accepter qu’elles soient mises à distance de nos combats. Je suis pour l’auto-émancipation, profondément (on revient à ma culture marxiste). Ce n’est donc pas : « Tu retires ton foulard et tu fermes ta gueule.«  Ma question est : « Comment faire pour que celle qui le porte n’ait plus le désir de le porter ?«  Par ailleurs, le degré de domination et d’aliénation d’une femme ne se mesure pas au simple port d’un foulard, qui peut, du reste, avoir des significations multiples ! […] Lorsque je suis à côté d’une femme voilée, je ne peux pas dire que je ne porte aucun signe d’oppression et qu’elle est le symbole absolu de la soumission. »

Christine Delphy, sociologue marxienne, féministe matérialiste et ancienne militante du MLF (elle portait la gerbe de fleurs lors de la célèbre action autour de la tombe du Soldat inconnu), est l’une des voix les plus dissonantes du féminisme contemporain français sur le sujet : elle juge la loi de 2004 à la fois raciste (en ce qu’elle cible avant tout des populations non blanches) et sexiste (en ce qu’elle s’en prend de façon spécifique aux femmes et à leur autonomie) et, si elle convient, dans son essai Classer, dominer, que le voile est un signe de domination genré, elle refuse avec force son instrumentalisation (Delphy fut l’une des premières, sinon la première, à mettre en garde contre la prise en otage du féminisme à des fins néocoloniales et impérialistes lors de la guerre en Afghanistan) et n’entend pas que l’on puisse en faire l’unique symbole de l’oppression des femmes – sans compter que cela relègue, par la puissance des projecteurs, le sexisme, la misogynie et le patriarcat, pour le moins vivaces aux quatre coins de la France, aux seuls Arabo-afro-musulmans (de la même façon que la focalisation sur les « tournantes » dans les banlieues occulta les « viols collectifs » des villes, des Blancs et de la bourgeoisie).

« Faut-il encore qu’une majorité d’hommes – l’Assemblée des députés – décide de ce qui serait bon, ou non, pour les femmes ? »

D’autres, et nous revenons aux propositions de convergences entre foi et féminisme abordées précédemment, vont plus loin en refusant de considérer le voile comme un marqueur discriminatoire et en le présentant comme un moyen de s’émanciper, voire, même, de lutter contre la domination masculine en mettant à mal les projections, les désirs et le regard des hommes. Ainsi de l’écrivaine lyonnaise Nargesse Bibimoune ou de Ndella Paye, déclarant récemment dans les colonnes de Mediapart : « Si le féministe signifie lutter pour l’égalité hommes-femmes et l’amélioration des droits et de la situation des femmes, comment comprendre qu’autant de violences sur d’autres femmes, quelle que soit la justification avancée, soit « féministe » ? Comment cela peut-il être fait au « nom du féminisme » ? Comment des femmes arrivent-elles à reproduire sur d’autres femmes ces mêmes mécanismes qu’elles dénoncent, sans que cela ne les ébranle le moins du monde ? La seule réponse qui me vient à l’esprit est qu’elles sont tellement ethnocentrées qu’elles sont aveugles à la contradiction, pourtant flagrante. Elles sont tellement « la norme » qu’elles ne se rendent pas compte de leurs dérives. Quand ces femmes s’adressent à moi, c’est avec une telle condescendance qu’on croirait que je suis leur sujet. » 

*

On gagnerait, en ces temps pour le moins incertains et troublés (socialement, économiquement, politiquement et culturellement), à ne pas défaire les liens plus qu’ils ne le sont déjà — l’urgence ? Articuler le commun.


NOTES

1494 voix pour (330 groupe UMP, 140 groupe PS, 13 groupe UDF, 7 groupe PCF, 4 non-inscrits), 36 contre (12 UMP, 2 PS dont Christiane Taubira, 4 UDF, 14 PCF, 4 NI dont les 2 Verts et Philippe de Villiers), 31 abstentions (17 UMP, 12 UDF, 2 NI).
2« En France une jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C’est sa liberté », Nicolas Sarkozy.

3« Foulard. Le complot. Comment les islamistes nous infiltrent »; L’Express, 17 novembre 1994.
4. « Quand la raison s’affole », Libération, 21 mars 2005.
5. Pages 42 et 99. 6. Pages 275 et 330 de l’édition 2007.
7. Quant à Hassan Iquioussen, membre éminent de l’UOIF et fondateur des Jeunes musulmans de France, il explique : « Les hommes sont des prédateurs. A fortiori dans notre société dite « moderne ». Vous avez vu ce qu’ils ont fait de la femme ? Un objet de séduction. […] Pour protéger la femme, et l’homme aussi, Dieu nous dit : « Cachez votre beauté ». Parce qu’il y a des loups affamés et que ça va vous coûter très cher, vous les femmes, si jamais vous exposez votre beauté en public. Ils sont sans pitié, les hommes. Tout ce qu’ils veulent, c’est profiter. […] Ainsi, la tenue vestimentaire de la femme musulmane, c’est un bouclier, c’est une protection ».
8. Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L’Archipel, 2006, p. 207.
9. France Inter, 23 janvier 2015.
10T. Oubrou, Profession imam, Albin Michel, 2009.
11. T. Oubrou, Un imam en colère, Bayard, 2012, p. 92. 12Ibid. pp. 93-94. 13. Profession imâm, op. cit. 14Un imam en colère, ibid., p. 152.
15. Denise Bombardier, « Les grandes entrevues du samedi », Le journal de Montréal, samedi 30 novembre 2013, p. 46.
16. « Journée de la femme : peut-on être féministe et voilée ? », Le Point, 8 mars 2013.
17« Nous sommes toutes des femmes voilées ! », rédigé par Sonia Dayan-Herzbrun et Ismahane Chouder, 24 Avril 2013.
18. « Le voile est un épouvantail politique. Le problème est ailleurs », La Libre, 18 mars 2010.
19. Article « Un voile sur les yeux », Juin 2000.
20. « Pour se protéger de la femme, objet de désirs », La Libre Belgique, 23 novembre 2004.
21. Statut Facebook, 23 décembre 2013.
22. « Laïcité : non au voile », Châtelaine, 2 décembre 2013.
23. « Pluralisme, laïcité, sphères publiques et sphère privée », Hommes & Libertés N° 158, juin 2012.
24. Statut Facebook du 25 mars 2015.
25. « Le voile d’une religieuse est-il moins choquant que celui d’une islamiste ? », Riposte laïque, 17 octobre 2007.
26. « Laïcardes », puisque féministes », Anne Vigerie et Anne Zelensky, Le Monde, 30 mai 2003.

Émile Carme
Émile Carme
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